LIV. I, CHAP. 111, EAU
se trouve réuni à un deuxième ballon destiné à recueillir la majeure partie de l’eau formée dans l’expérience. Ce ballon est suivi d’une série de tubes en U contenant de l’acide phosphorique, destinés à dessécher complètement l’hydrogène en excès qui doit sortir de l’appareil; l’un de ces tubes est plongé dans de la glace pour mieux arrêter la vapeur d’eau. Un tube témoin qui le termine permet de s’assurer que cette condition a été remplie.
Comme l’oxyde de cuivre est très hygrométrique, on le chauffe en même temps qu’on fait le vide dans le ballon qui le contient. On pèse le ballon à cet état quand il est refroidi ; les autres parties de l’appareil sont pesées remplies d’air. Cela fait, on ajuste les diverses pièces et l’on fait passer un courant d’hydrogène, jusqu’à ce que tout l’air soit chassé. On chauffe alors l’oxyde de cuivre avec une forte lampe à alcool, et l’on continue assez longtemps l’opération pour recueillir plusiëurs centaines de grammes d’eau. On laisse alors refroidir le ballon en continuant à faire passer le courant d’hydrogène et l’on démonte l’appareil pour procéder aux pesées. Le ballon contenant l’oxyde partiellement réduit est de nouveau pesé vide; le ballon et les tubes où l’eau s’est condensée sont pesés après qu’on en a chassé l’hydrogène au moyen d’un courant d’air sec ; leur augmentation de poids donne la quantité d’eau formée; la diminution de poids du ballon à oxyde de cuivre donne la quantité d’oxygène employé. On a donc tous les éléments de la composition de l’eau. M. Dumas a trouvé ainsi l’eau formée de
Hydrogène. . . 11,112 Hydrogène. . 1
Oxygène. . . . 88,888 ou très sensiblement. Oxygène. . . 8
146. De l’eau à la surface de la terre. — L’eau que nous trouvons à la surface de la terre n’est jamais pure : nous ne l’obtenons à cet état que par la distillation. La pluie elle-même, formée par la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère, n’arrive à terre que chargée des gaz (oxygène, azote, acide carbonique) contenus dans l’air. Elle peut même contenir parfois des traces d’acide azotique et d’azotate d’ammoniaque; telles sont les eaux recueillies dans les pluies d’orage.
L’eau des fleuves, des rivières, des sources ou des puits est nécessairement moins pure que l’eau de pluie. Elle renferme tous les principes qu’elle a pu dissoudre dans son contact plus ou moins prolongé
avec le sol; sa composition est donc variable avec la nature des terrains qu’elle a traversés.
147. CJaz dissous dans l’eau ordinaire. — On remplit d’une eau quelconque un ballon de 1 à 2 litres de capacité [fig. 49), fermé par un bouchon traversé par un tube qui doit être également rempli d’eau. On engage l’extrémité du tube sous une éprouvette placée sur une cuve à mercure, et l’on chauffe le ballon jusqu’à l’ébullition ; on voit, à mesure que la température s’élève, du gaz se dégager de l’eau et se réunir dans l’éprouvette. On absorbe l’acide carbonique par la potasse; le résidu est analysé dans l’eudiomètre.
Si l’on fait l’expérience sur de l’eau de pluie qui a séjourné à l’air,
Fig. 49.
on trouve que l’air extrait de cette eau contient de l’acide carbonique, de l’oxygène et de l’azote dans la proportion que l’on peut calculer d’après les lois de Ualton et de Henry (15 et 14). Un litre d'eau laisse dégager 24 centimètres cubes de gaz environ, contenant 2,4 pour 100 d’acide carbonique. L’eau ordinaire donne un volume de gaz plus considérable; il est, en moyenne, pour les eaux potables, de 50 centimètres cubes par litre d’eau; le mélange gazeux contient environ la moitié de son volume d’acide carbonique; le reste est de l’air plus riche en oxygène que l’air ordinaire et contenant en moyenne 52 pour 100 d’oxygène pour 68 d’azote. Mais cette proportion d’oxygène peut diminuer dans les eaux souterraines qui ont traversé des terrains contenant des matières oxydables (sulfures de fer, etc.). M. Péligot en a fait connaître un exemple frappant: l’eau du puits de Grenelle, à sa sortie du