LIN . J, CHAR. IV, PROTOXYDE D’AZOTE
Si Ton chauffait trop, il y aurait production d’azote, et d’oxygène ou de bioxyde d’azote et d’acide hypoazotique, et, de plus, la décomposition de l’azotate d’ammoniaque pourrait devenir tellement vive, qu’elle déterminerait l’explosion de l’appareil. A basse température (vers 190°), il se condense sur les parties froides de l'appareil de l’azotate d’ammoniaque sublimé. On recueille le gaz sur l’eau, mais il y est notablement soluble ; il faut donc bouclier les flacons où on le reçoit
Fig. 51.
à mesure qu’ils sont pleins, pour éviter sa dissolution. On peut en obtenir de 7 à 8 litres avec le poids indiqué plus haut.
On peut encore le préparer en faisant agir le zinc sur un mélange à volumes égaux d’acides azotique et sulfurique concentrés que l’on étend ensuite de 50 fois son volume d’eau. On laisse le gaz humide en digestion avec de la limaille de fer ou de zinc; le bioxyde d’azote, s’il y en a, est ramené à l’état de protoxyde.
161. Propriétés physiques. — Gaz incolore, inodore, d’une saveur légèrement sucrée. Son poids spécifique est 1,527, par conséquent 1 litre de ce gaz à 0° et sous la pression de 76° pèse ls‘,975. L’eau en dissout son volume à la température de 5° (15) ; l’alcool, 4 fois son volume à 0Ü (Carius). Faraday, le premier, a liquéfié le protoxyde d’azote en décomposant l’azotate d’ammoniaque dans un tube à deux branches, comme celui qui sert à liquéfier l’ammoniaque liquide. Aujourd’hui on arrive à ce résultat en soumettant le gaz à une pression suffisante dans lin appareil très résistant.
162. Liquéfaction du protoxyde d’azote. — La liquéfaction du protoxyde d’azote peut être obtenue aisément dans les cours avec l’appareil Cailletet. Mais l’appareil qui sert à liquéfier de grandes quantité de protoxyde d'azote, se compose d'un réservoir R en fer forgé auquel
CHIMIE INORGANIQUE
on peut visser un corps de pompe C dans lequel on fait mouvoir un piston p au moyen d’une manivelle (fig. 52). Le gaz pénètre dans le corps de pompe par la tubulure soulève la soupape conique Z qui ferme l’extrémité inférieure du réservoir où il se liquéfie. On facilite l’opération en entourant de glace ou même d’un mélange réfrigérant M le réservoir R; il faut de plus refroidir le corps de pompe que le mouvement rapide du piston échauffe considérablement, en faisant circuler de l’eau froide dans le manchon M' qui l’entoure.
Quand on a liquéfié assez de gaz, on dévisse la pompe C, on retourne
l’appareil, et Ton tourne la vis qui ferme par sa pointe conique l’extrémité supérieure du réservoir (fig, 55). Le liquide, poussé par le gaz comprimé qui reste dans l’appareil, s’échappe par la tubulure latérale t . On le reçoit dans un tube de verre fixé dans le bouchon d’un flacon à large ouverture qui contient des matières desséchantes, de l’acide sulfurique, par exemple. On évite ainsi le dépôt de givre qui se produirait sur le tube de verre refroidi par l’évaporation du protoxyde d’azote, si l’on opérait dans l’air ordinaire toujours humide. Cette dis-