LIV. J, CHAP. IV, BIOXYDE D’AZOTE
bioxyde d'azote, et la liqueur devient bleue, parce que l’azotate de cuivre se dissout à mesure qu'il se forme. Aussitôt que le bioxyde d’azote se dégage, on voit se produire dans le flacon une vapeur rougeâtre d’acide hypoazotique qui résulte de l’union du bioxyde d’azote avec l'oxygène de l’air contenu dans le flacon, vapeur qui se dissout facilement dans l’acide azotique employé pour la préparation. Il en résulte une diminution de volume du gaz contenu dans le Bacon; aussi voit-on l’eau de la cuve s’élever dans le tube abducteur et s’abaisser dans le tube droit. Souvent même il rentre par ce tube une petite quantité d’air. Mais bientôt tout l’oxygène est absorbé, le bioxyde d’azote qui continue à se dégager remplit le flacon avec l’azote restant. A partir de ce moment, le gaz commence à se dégager. Il faut laisser perdre les premières portions, qui contiendront naturellement de l’azote. On obtient ainsi 10 litres de gaz environ.
Il faut éviter d’opérer avec de l’acide trop concentré, car, dans ce cas, la température s’élève et la désoxydation de l’acide azotique est plus complète : le bioxyde d’azote est alors accompagné de protoxyde d’azote et même d’azote. Aussi sera-t-il toujours convenable de refroidir le flacon en le mettant dans l’eau, pour éviter toute élévation de température.
On évite tous ces inconvénients en remplaçant le cuivre par le mercure, qui ne donne jamais que du bioxyde d’azote, même avec de l’acide concentré.
On peut encore , d’après Pelouze, préparer le bioxyde d’azote en dissolvant o parties de fer dans un excès d’acide chlorhydrique, et faisant bouillir la dissolution avec l partie d’azotate de potasse.
La formule de la réaction est la suivante :
6FeCl + KO,AzOs + 4HC1 = 4IIO + 3Fe2Cl5 + KC1 -f AzO2.
Mais un procédé plus simple, permettant d’obtenir le gaz parfaitement pur, consiste à verser peu à peu, par un tube à entonnoir, de l’acide azotique dans une solution de sulfate de protoxyde de fer contenue dans un ballon et chauffée très légèrement. L’acide azotique est réduit, le sulfate de protoxyde est transformé en sulfate de sesquioxyde, le bioxyde d’azote se dissout dans l’excès de sel de protoxyde et le liquide brunit; puis une décoloration rapide se produit, le gaz est mis en liberté, et de nouvelles additions d’acide déterminent un déga-
168 CHIMIE INORGANIQUE
gement régulier de bioxyde d’azote parfaitement pur. La réation peut se formuler ainsi :
AzO5, HO + 5 (2 FeO,S-0R) = 3(Fe203,S206) -f AzO2 + HO.
1G8. Propriétés physiques. — Le bioxyde d’azote est incolore; mais on ne connaît ni son odeur ni sa saveur. En effet, lorsqu’on le met au contact de l’air, il se transforme en une vapeur rouge d’acide hypoazolique. Il est. peu soluble dans l’eau, qui n’en dissout que 1/20 de son volume. 11 a été liquéfié par M. Cailletet à — 11° et sous la pression de 104atm. Comprimé à 270 atmosphères à la température de -h 8°, il a conservé l’état gazeux. Son point critique est donc compris entre -f-80 et — 11°. Sa densité est 1,059. Un litre de ce gaz à 0° et sous la pression de 760mm pèse donc 1,059 x 1,293 = l«r, 545.
La chaleur le décompose bien plus difficilement que le protoxyde d’azote en azote et oxygène, mais une série d’étincelles, électriques le transforme nettement en acides hypoazotique et azote :
2Az02 = AzO4 4- Az.
Le bioxyde d’azote, dont la décomposition est accompagnée d’un dégagement de chaleur de | 21cal,6, détone sous l’infiuence de l’explosion d’une capsule de fulminate de mercure (Berthelot).
169. Propriétés chimiques. — La tendance que possède le bioxyde d’azote à s’unir à l’oxygène est le caractère le plus saillant de ce gaz. La combinaison s’effectue entre 4 volumes de bioxyde d’azote et 2 volumes d’oxygène pour donner 4 volumes de vapeur d’acide hypoazotique. C’est ce qu’indique la formule
AzO2 -j- O2 = AzO4.
Cette réaction permettra toujours de reconnaître l’oxygène dans les mélanges gazeux qui en contiennent; elle donne également un moyen commode de distinguer le protoxyde d’azote de l’oxygène. Quelques bulles de bioxyde d’azote introduites dans une éprouvette contenant de l’oxygène y détermineront une coloration rougeâtre intense. Il ne se produira rien dans le protoxyde d’azote.
On peut reproduire avec le bioxyde d’azote les expériences de combustion faites dans l’oxygène et le protoxyde d'azole. Mais, bien que les