L1V. I, CHAI». IV, BIOXYDE D’AZOTE
oxydations effectuée par le bioxyde d’azote dégagent 21cal,6 de plus que celles qui sont produites par l’oxygène libre, il faut remarquer que le gaz doit être porté à une température assez élevée pour qu’il soit réduit en ses éléments, et nous savons que le bioxyde d’azote est plus difficilement décomposé par la chaleur que le protoxyde. Aussi, le charbon ne brûle dans le bioxyde d’azote que si il est fortement incandescent. Le phosphore peut être fondu sans s’enflammer dans ce gaz; mais, s’il est enflammé, il continue à brûler avec un vif éclat. Quant au soufre, il ne brûle que s’il a été préalablement porté à l’ébullition.
i\l. Péligot a démontré que le bioxyde d’azote était absorbé en grande quantité par les^ dissolutions des sels de protoxyde de fer, qui se colorent alors en brun foncé. Cette réaction nous permettra de reconnaître facilement si du bioxyde d’azote est pur, puisqu’il sera totalement absorbable, et de le séparer du gaz protoxyde d’azote avec lequel il est souvent mélangé. Ce n’est pas un simple phénomène de dissolution qui se produit dans ces circonstances, la quantité de bioxyde d’azote absorbé dépend seulement de la quantité de protoxyde dissoute dans la liqueur : 2 équivalents de protoxyde de fer absorbent 1 équivalent de bioxyde d’azote. Toutefois cette combinaison est peu stable, une légère chaleur la détruit et en dégage le bioxyde d’azote très pur.
La limaille de fer ou de zinc humide et un grand nombre d’agents réducteurs le transforment lentement en protoxyde d’azote, en produisant en même temps de petites quantités d’ammoniaque. Le bioxyde d’azote est réduit par un mélange d’étain et d’acide chlorhydrique avec formation d’ammoniaque et d’oxyammoniaque (205).
170. Analyse du bioxyde d’azote. — Nous avons dit que l’étincelle électrique en traversant le bioxyde d’azote détermine sa décomposition partielle en azote et acide hypoazotique. Cette transformation a lieu même en présence de l’hydrogène. On peut bien par une série prolongée d’étincelles obtenir la décomposition de l’acide hypoazotique par l’hydrogène, mais comme il faut toujours, dans les analyses, opérer sur l’eau ou le mercure sur lesquels cet acide réagit, il est impossible de déterminer par la méthode eudiométrique la composition, même approchée, du bioxyde d'azote. On a recours au sulfure de baryum.
Le sulfure de baryum, chauffé comme précédemment (165) dans le bioxyde d’azote, en absorbe l’oxygène, et il reste de l’azote dont le volume est exactement la moitié de celui du bioxyde d’azote employé. Par conséquent, si de
CHIMIE INORGANIQUE
1,050 densité du bioxyde d’azote, on retranche 0,485 demi-densité de l’azote,
il reste 0,554 demi-densité de l’oxygène.
Le bioxyde d’azote résulte donc de la combinaison, à volumes égaux et sans condensation, de l’azote et de l’oxygène et la formule AzO2 correspond à 4 volumes.
ACIDE AZOTEUX AzO5 = 58 Az205 = 7G
L’acide azoteux anhydre et pur est inconnu.
171. Formation. — Si on fait passer dans un tube refroidi à — 40° de l’oxygène et un excès de bioxyde d’azote, on condense un liquide bleu qui est de l’acide azoteux mélangé d’un peu d’acide hypoazotique.
On obtient ce même liquide bleu en décomposant par l’eau refroidie aux environs de 0° de l’acide hypoazotique liquide que l’on ajoute goutte à goutte, de façon à éviter toute élévation de température. Il se forme deux couches liquides : l’inférieure est d’un bleu verdâtre, c’est de l’acide azoteux impur; la couche supérieure est verte ou jaune, elle est formée d’acide azotique chargé d’acide hypoazotique.
La réaction peut être formulée ainsi :
2Az04 + HO = AzO5, HO + AzO5
Le liquide inférieur peut être distillé à basse température et condensé en un liquide bleu, dans un mélange réfrigérant.
M. Peligot, en faisant arriver du bioxyde d’azote dans de l’acide hypoazotique liquide refroidi, a obtenu un liquide vert foncé qui, par distillation fractionnée, a fourni l’acide azoteux liquide.
Dans la réduction de l’acide azotique par l'amidon ou l’acide arsénieux, il se produit des vapeurs nitreuses de composition variable, suivant les circonstances de l’expérience. M. Lunge a constaté qu’on a de l’acide azoteux presque pur, lorsqu’on réduit un acide azotique de densité 1,50 à 1,55 pour l’amidon ou l’acide arsénieux; un acide plus faible donne du bioxyde d’azote, un acide plus concentré de l’acide hypoazotique.
Entre le bioxyde d’azote et l’oxygène, la première réaction qui se