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LIV. 1, C1IAP. IV, ACIDE HYPOAZOTIQUE

est formée d’acide azotique contenant en dissolution une certaine quantité d’acide hypoazotique. L’acide hypoazotique, sous l’influence de l’eau, qu’on peut considérer comme une base faible, s’est dédoublé en acide azoteux et acide azotique :

2Az04 = AzO3 -f AzOs.

Si la quantité d’eau est plus considérable, la couche bleue qui s’était formée d’abord disparaît, il se dégage du bioxyde d’azote, et il ne reste plus dans le liquide que de l’acide azotique et une petite quantité d’acide azoteux (172). L’acide azoteux s’est décomposé en acide azotique et bioxyde d’azote :

5Az03 = AzOs -j- 2Az02,

de telle sorte que la réaction finale qui se produit, quand l’acide hypoazotique est en présence d’une grande quantité d’eau, est représentée par l’équation:

3Az04 = 2Âz03 -j- AzO2.

Toutefois, si l’eau est à 0°, elle ne décompose plus l’acide azoteux en quelque quantité qu’on l’emploie.

178. Analyse de l’acide hypoazotique. ■ — On détermine la composition de ce corps en faisant passer un poids déterminé de sa vapeur sur de la tournure de cuivre contenue dans un tube de verre peu fusible que l’on chauffe au rouge. L’acide hypoazotique est décomposé en oxygène, absorbé par le cuivre, et en azote qui se dégage. On recueille cet azote, on mesure son volume, on en déduit son poids : on a le poids de l'oxygène par différence.

On trouve ainsi que l’acide hypoazotique contient :

Azote 50,43

Oxygène 69,57

La composition en volumes de l’acide hypoazotique peut facilement se déduire de la considération des densités. On trouve en effet que la densité de l’acide hypoazotique (D =* 1,58) est égale à la densité de l’oxygène augmentée de la demi-densité de l’azote; par conséquent, 1 volume d’acide hypoazotique contient 1 volume d’oxygène et 1/2 volume d’azote.

La formule AzO4 correspond par conséquent à 4 volumes.

CHIMIE INORGANIQUE

ACIDE AZOTIQUE ANHYDRE AzO5 = 54, Az205 == 108

Le produit qui est ordinairement désigné sous le nom d’acide azotique est une combinaison de l’acide azotique AzO:i avec de l’eau. On a vainement essayé pendant longtemps d’enlever l’eau de ce composé par l’action des corps avides d’eau ; on le décomposait toujours en oxygène et en acide hypoazotique parce que l’on n’évitait pas réchauffement qui accompagne d’ordinaire les déshydratations. Aussi, a-t-on douté pendant longtemps de la possibilité d’obtenir l’acide anhydre, que II. Sainte- Claire Deville est cependant parvenu à isoler en 1849 par une méthode détournée.

179. Préparation de l’acide azotique anhydre. — H. Saillte-Claire Deville faisait passer un courant de chlore sec sur de l’azotate d’argent parfaitement desséché, contenu dans un tube en U chauffé dans un bain-marie à 50° ou 60°; il se produit du chlorure d’argent, de l'oxygène et de l’acide azotique anhydre qui se condense dans une partie refroidie de l’appareil sous forme de cristaux incolores et assez volumineux, qui rappellent par leur forme extérieure les cristaux de sucre candi.

La réaction s’exprime par la formule

AgO,AzOs + Cl = AgCl + AzO5 + 0.

L’opération marche assez nettement pour que l’on puisse constater, comme l’indique la théorie, que le volume du chlore employé est juste double du volume de l’oxygène dégagé.

Depuis, M. Weber a pu préparer de l’acide azotique anhydre en déshydratant l’acide monohydraté par l’acide phosphorique anhydre. M. Berthelot a rendu pratique et simple cette méthode en opérant de la façon suivante :

L’acide monohydraté est refroidi par lin mélange de glace et de sel, et on y ajoute, par petites portions, de l’acide phosphorique anhydre, en remuant avec une petite baguette de verre, et évitant, autant que possible, l’élévation de la température qui ne doit pas dépasser 0°. La masse s’épaissit, se durcit lorsqu’on a employé environ parties égales d’acide phosphorique et d’acide azotique. On introduit alors rapidement la matière dans une grande cornue tubulée et on distille lentement.

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