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ACIDE AZOTIQUE HYDRATÉ

Découvert par Raymond Lulle (1225), qui l’obtint en distillant un mélange d’argile et de nitre (azolate de potasse). En 1784, Cavendish fil connaître la nature des éléments qui le constituent.

Analysé depuis par Davy et par Gay-Lussac.

181. Préparation. — On l’obtient dans les laboratoires en décomposant, à l’aide de la chaleur, l’azotate de potasse par l’acide sulfurique. L’acide azotique hydraté, plus volatil que l’acide sulfurique, est chassé par lui; il reste dans la cornue du bisulfate de potasse :

S20'J,H202 -}- KO, AzO5 = AzO5, HO + K0,II0,S206.

On introduit dans une cornue de verre de 1 /2 litre de capacité 100 grammes d’azotate de potasse et 100 grammes d’acide sulfurique du commerce. On fait arriver ce dernier dans la panse de la cornue à l’aide d’un long tube à entonnoir (fig. 58); on évite ainsi de mouiller les parois du col de la cornue d’acide sulfurique qui se mêlerait à l’acide azotique distillé. On fait pénétrer ensuite le col de la cornue dans un ballon refroidi (fig. 59). On chauffe la cornue sur un fourneau à main.

CHIMIE INORGANIQUE

La matière fond, et l’on voit bientôt apparaître des vapeurs rutilantes qui disparaissent pendant la plus grande partie de l’opération; il se produit alors des vapeurs blanches d’acide azotique qui viennent se condenser dans le ballon; à la fin de l’opération, les vapeurs rouges remplissent de nouveau la cornue, et la matière liquide qui y est contenue se boursoufle. Il faut alors arrêter l’opération, qui est terminée.

Au commencement de l’expérience, la quantité d’azotate de potasse décomposée par l’acide sulfurique est petite par rapport au poids de cet acide, qui peut alors s’emparer de l’eau de l’acide azotique, et le décomposer en oxygène et acide hypoazotique. Mais bientôt le mélange devient plus intime, l’azotate et l’acide ne forment plus qu’une masse liquide dans laquelle presque tout l’acide se combine avec la potasse, en perdant une partie de son eau, qui se porte sur l’acide azotique mis

Fig. 58. Fig. 59.

en liberté. A partir de ce moment, il distille donc de l’acide azotique hydraté; à la fin de l’opération, la décomposition des dernières portions de l’azotate ne se fait plus qu’à une température suffisante pour maintenir à l’état de fusion le bisulfate de potasse formé; à cette température, l’acide azotique mis en liberté se décompose partiellement en eau, oxygène et acide hypoazotique. On comprend ainsi la production des vapeurs rutilantes au commencement ou à la fin de l’opération. Si cette explication est vraie, en employant de l’acide sulfurique étendu au lieu d’acide concentré, on n’obtiendra pas de vapeurs rutilantes. C’est ce que l’expérience démontre.

Si l’on n’employait que 2 équivalents d’acide sulfurique pour 2 équivalents d’azotate de potasse, on ne décomposerait d’abord que la moitié de ce sel, et il se produirait toujours du bisulfate de potasse. En chauffant le mélange à une température suffisamment élevée, le bisulfate se-

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