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LIV. I, CIIAP. IV, ACIDE AZOTIQUE

rait décomposé en sulfate neutre et en acide sulfurique. Celui-ci réagirait alors sur la moitié restante de l’azotate de potasse ; mais l’acide azotique mis en liberté serait décomposé à cette température en acide hypoazotique et en oxygène.

182. Acide azotique monohydraté. — L’acide ainsi obtenu est de l’acide monohydraté. C’est un liquide généralement coloré en jaune par les vapeurs d’acide hypoazotique qu’il contient, mais incolore lorsqu’il est pur. Il a d’ordinaire l’odeur des vapeurs nitreuses. Sa densité est 1,52 ; il bout à 86°, se solidifie à — 50°. Cet acide est très corrosif, il ronge vivement la peau en la colorant en jaune. Aussi est-ce un poison très violent.

On ne peut le conserver qu’à l’abri de la lumière, qui le décompose en acide hypoazotique, oxygène et eau. Une chaleur même modérée produit aussi cet effet. Ainsi, quand on distille l'acide azotique concentré, il commence à bouillir vers 86°; mais à cette température, il se produit déjà des vapeurs rutilantes, il se dégage alors de l’oxygène, tandis que l’eau provenant de l’acide décomposé se combine avec l’acide restant et en élève peu à peu le point d’ébullition. On peut, en recommençant plusieurs fois la distillation, reproduire les mêmes phénomènes jusqu’au moment où un thermomètre plongé dans l’acide bouillant marque 125°. A partir de ce point, l’ébullition n’altère plus le liquide, il distille sous la pression ordinaire avec une composition toujours constante1 * exprimée par la formule Az03,4H0.

Ce même hydrate prend encore naissance quand on distille de l’acide azotique très étendu ; le thermomètre, qui marque d’abord une température d’autant plus voisine de 100° que l’acide contient plus d’eau, monte peu à peu jusqu’à 125°, où il se fixe. C’est qu’en effet il distille d’abord de l’eau plus ou moins chargée d’acide azotique jusqu’à cette température où le liquide est devenu un hydrate acide à 4 équivalents d’eau ; sa densité est alors 1,42.

On doit donc admettre l’existence de deux hydrates bien définis de l’acide azotique; le premier, AzOs,IIO, contient 14 pour 100 d’eau; le second, Az03,4H0, en renferme 40 pour 100.

1 En réalité la composition de l’acide varie un peu avec la pression sous laquelle

on le distille. Cela tient à ce que cet hydrate se dissocie sensiblement à la température

d’ébullition. Sous de fortes pressions, au-dessus par conséquent de 123°, la dissocialion est notable, il distille un mélange contenant un peu plus de 4 équivalents d’eau, il se dégage en outre une quantité correspondante d’oxygène et d’acide hypoazotique.

CHIMIE INORGANIQUE

Les formules atomiques de ces deux hydrates sont :

AzôMI

2(Azô3II),3ll20.

185. Action de l’acide azotique suc les métalloïdes. — TOUS les

métalloïdes, l’oxygène, le chlore, le brome et l’azote exceptés, sont attaqués par l’acide azotique, qui les transforme en oxydes. Nous n’étudierons ici que son action sur l’hydrogène; pour les autres métalloïdes, elle sera indiquée dans l’histoire de chacun d’eux.

184. Action de l’hydrogène. — L’hydrogène décompose l’acide azotique à l’aide de la chaleur, comme tous les composés oxygénés de l’azote, en donnant naissance à de la vapeur d’eau et à de l’azote.

Mais ces mêmes corps, sous l’influence de la mousse de platine légèrement chauffée, produisent de l’eau et de l’ammoniaque. La formule de la réaction est la suivante :

Az05,H0 + 8H = AzH3 + 6110.

Gomme cette réaction se produit également avec l’acide hvpoazotique ou le bioxyde d’azote, nous décrirons l’appareil que l’on emploie pour ' faire l’expérience avec ce dernier gaz (fig. GO).

On produit de l’hvdrogène et du bioxyde d’azote dans deux flacons tubulés, munis chacun d’un tube abducteur qui se rend dans un t roi-

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