LIV. I, CIIAP. IV, ACIDE AZOTIQUE
troduit 100 parties de bioxyde d’azote et 120 d’oxygène dans un tube très étroit sur la cuve à eau. On abandonne l’expérience à elle-même. Au bout de quelques minutes, on constate une absorption de 175 parties. Les 45 parties qui restent sont de l’oxygène parfaitement pur1. L’eau est devenue fortement acide, et elle contient de l'acide azotique également pur. Il résulte, de cette expérience que l’acide azotique, indépendamment de l’eau qu’il renferme, est formé de 2 volumes d’azote et de 5 volumes d’oxygène; on en déduirait facilement la composition en poids, s’il n’était plus exact de l’obtenir en analysant l’azotate d’argent.
188. Détermination de la quantité d’eau. — On détermine la quantité d’eau contenue dans un acide azotique quelconque, en combinant cet acide avec un excès d’une base, comme l’oxyde de plomb, donnant un sel anhydre. On évapore doucement dans une capsule de porcelaine ou dans un ballon taré, en ayant soin de ne pas trop chauffer, afin de ne pas décomposer l’azotate de plomb. L’augmentation de poids de l'oxvde donne le poids de l’acide anhydre, l’eau est dosée par différence. Cette méthode peut également s’appliquer aux acides sulfurique et phosphorique; mais, pour ces derniers, l’emploi de la chaux est préférable et permet d’opérer dans des vases de platine.
189. Préparation industrielle de l’acide azotique. — On introduit, dans une chaudière en fonte (fig. 65), 250 kilogrammes d’azotate
Fig. 65.
de soude et 500 kilogrammes d’acide sulfurique à 60° de l’aréomètre de Baumé. On la ferme à l’aide d’un obturateur luté avec un mélange
1 Cette expérience ne réussit qu’à la condition que l’oxygène soit en excès ; on prouve qu’il ne s’est pas formé de vapeurs nitreuses, en montrant que l’acide obtenu ne décolore pas la dissolution rouge d’hypermanganate de potasse.
CHIMIE INORGANIQUE
d'argile et de plâtre, et, au moyen d’un large couvercle en fonte, on enferme la chaudière tout entière dans le fourneau. Elle porte une large tubulure en fonte, protégée intérieurement contre l’action des vapeurs acides par un tube en grès, à l’extrémité duquel on adapte une allonge en verre qui s’engage dans la tubulure d’une grande bouteille en grès de 200 à 250 litres de capacité. Cette boutçille est, d’ailleurs, mise en communication, par des tubes en grès, avec d’autres bouteilles semblables. Les jointures de cet appareil étant bien lutées, on chauffe la chaudière en faisant circuler tout autour les gaz de la combustion, qui se rendent ensuite dans une cheminée souterraine.
La formule de la réaction est la suivante :
S206,II202 -h NaO,Az05 = Na0,H0,S206 + AzOs,HO.
L’azotate de soude est préféré industriellement à l’azotate de potasse, à raison de son prix moins élevé et de son équivalent plus léger. Il faut en effet 101 kilogrammes d’azotate de potasse et 100 kilogrammes environ d’acide sulfurique concentré pour donner une quantité d’acide contenant 54 kilogrammes d’acide anhydre ; 81 kilogrammes d’azotate de soude et 100 kilogrammes d’acide sulfurique donnent la même quantité d’acide azotique.
190. Purification de l’acide azotique du commerce. — L’acide azotique du commerce contient toujours un peu d’acide chlorhydrique provenant des chlorures qui accompagnent l’azotate employé. Il renferme également un peu d’acide sulfurique entraîné pendant la distillation, et enfin des vapeurs nitreuses qui lui donnent son odeur et sa couleur jaunâtre. On le purifie en le distillant après y avoir ajouté assez d’azotate d’argent pour précipiter le chlore à l’état de chlorure d’argent, et d’azotate de baryte pour précipiter l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte. Il ne contient plus alors que des vapeurs nitreuses, qui ne nuisent jamais quand l’acide doit être employé à produire un phénomène d’oxydation, mais que l’on pourrait enlever en ajoutant à l’acide un peu de bichromate de potasse, qui oxyde les vapeurs nitreuses. Il ne reste plus qu’à distiller pour obtenir un produit parfaitement pur.
191. Circonstances dans lesquelles se produit l’acide azotique.
— Nous avons cité (187) l’expérience de Cavendish, relative à la synthèse de l’acide azotique sous l’influence de l’étincelle électrique. On peut obtenir la combinaison de l’azote et de 1 oxygène par le pas-