LIV. I, CIIAP. I, ACIDE AZOTIQUE
Il sera facile maintenant de prévoir à l’avance ce qui arriverait dans des cas intermédiaires entre ceux que nous avons examinés. Il est évident que les divers phénomènes qui se produisent séparément dans l'un et dans l’autre cas pourront avoir lieu simultanément.
L’acide azotique mélangé d’acide sulfurique étendu se comporte comme s'il était seul vis-à-vis du zinc et du fer. Ainsi, lorsqu’on verse dans un appareil à hydrogène en activité quelques gouttes d’acide azotique, le dégagement est ralenti et l’acide azotique transformé en ammoniaque, en protoxyde d’azote et même en azote ; l’ammoniaque reste combinée à l’acide sulfurique, le prptoxyde d’azote se dissout en partie dans le liquide, l’autre partie se dégage avec l’azote et l’hydrogène. Ce dernier corps continuant à se former, déplace peu à peu le protoxyde d’azote dissous et finalement il ne reste plus que l’ammoniaque à l’état de sulfate.
186. Action du bioxyde d’azote sur l’acide azotique. — Si l’oil fait passer du bioxyde d’azote dans un appareil de Woolf dont les flacons contiennent de l’acide azotique à divers degrés de concenl ration, le premier de l’acide de densité 1,15, le second de l’acide à 1,32, le troisième de l’acide à 1,42, et le quatrième de l’acide monohydraté, on verra que le premier en absorbe à peine et reste blanc, le second en absorbera davantage et deviendra vert, le troisième encore plus, et prendra une couleur jaune; enfin, le quatrième en absorbera une très grande quantité et deviendra brun foncé (fig. 61). Si l’on chauffe chacun de ces acides, on constatera, qu’à l’exception du premier, tous laissent dégager d’autant plus d’acide hypoazotique qu’ils ont absorbé davantage de bioxyde d’azote, et donnent comme résidu un acide azotique plus dilué. On peut donc admettre que l’action réciproque du bioxyde d’azote et de l’acide azotique suffisamment concentré donne de l’acide hypoazotique qui reste en dissolution dans l’acide restant, et lui donne la couleur brune ou jaune que possèdent le quatrième et le troisième flacon. On a en effet :
2Az03 -f- AzO2 = 5Az04.
Seulement, si la quantité d’eau contenue dans l’acide est suffisante pour décomposer une partie de l’acide hypoazotique, il se produira de l’acide azoteux dont la teinte bleue, mélangée avec plus ou moins de jaune, donnera la coloration verte du deuxième flaçon : en ajoutant dans ce fiacon un peu d’eau, on aurait une coloration bleue assez pure, qui
CHIMIE INORGANIQUE
disparaîtrait par une nouvelle addition d’eau, en même temps qu’il se dégagerait du bioxyde d’azote, parce que l’acide azoteux lui- même
Fig. 61.
serait décomposé en acide azotique el bioxyde d’azote (177) : c’est ce qui explique pourquoi le premier flacon reste incolore.
187. Composition de l’acide azotique. — Cavendish fit connaître le premier la composition de cet acide (1784). Il fit passer une série d’étincelles électriques à travers un mélange de 5 volumes d’azote et. de 7 d oxygène en contact avec de l’eau de chaux (fig. 62). Chaque^étincelle diminuait le volume du mélange, qui disparut presque totalement.
Fig. 62.
On obtint alors de l’azotate de chaux. La potasse donnait un résultat analogue, mais d une manière plus rapide. Cette expérience capitale donne la composition de l’acide azolique d’une manière assez approchée ; mais cette composition ne fut connue d’une manière définitive qu en 1816, à la suite de l’expérience suivante de Gay-Lussac. On in-