ACTION DE L’OXYGÈNE ET DE L’AIR
568. Action de l'oxygène sec. — Le potassium GSt &V6C le rubidium le seul métal capable d’absorber l’oxygène sec à la température ordinaire; mais tous les autres métaux, excepté l’or, le platine et l’argent, s’oxydent à une température plus ou moins élevée. La combustion des métaux dans l’oxygène ou dans l’air sec est d’autant plus vive qu’ils sont plus divisés. Ainsi, le cuivre provenant de la réduction, par l’hydrogène, d’un oxyde divisé, brûle vivement quand on le chauffe au rouge sombre; s’il est en masse compacte, il noircit seulement à sa surface, en se recouvrant d’une pellicule d’oxyde qui protège l’intérieur contre l’oxydation ; il en est de même du fer ; mais si nous portons un morceau de fer rouge dans l’oxygène, il y brûle en dégageant une vive lumière ( A4), parce que la haute température développée dans cette rapide combustion suffît pour fondre l’oxyde de fer formé; celui-ci tombé alors en gouttes incandescentes, en mettant à nu la surface du métal.
L’antimoine fondu, projeté dans l’air, y brûle aussi avec beaucoup de vivacité, parce que l’oxyde qui résulte de sa combustion est volatil. Enfin, si le métal est volatil, il brûlera nécessairement avec flamme, s’il est porté à une température suffisante ; c’est le cas du zinc. La flamme ici est très-brillante, parce que l’oxyde de zinc, résultat de la combustion, est un produit fixe, dont les particules sont portées à Y incandescence par la chaleur delà flamme.
569. Action «le l’oxygène inimitié. — L’oxygène humide paraît sans action sur la plupart des métaux ordinaires; mais il agit sur les métaux alcalins et alcalino-terreux, parce que ces corps ont la propriété de décomposer l’eau aux températures ordinaires. Il 11’ en est plus de même en présence des acides même très-faibles ou très-dilués; dans ce
cas, le métal s’oxyde facilement "si l’oxyde qui tend à se former peut se combiner à l’acide. On utilise cette propriété, notamment dans la préparation de la céruse. (Carbonate de ploiïib.)
570. Action de l'air humide. — L’air humide agit comme l’oxygène humide en présence des acides faibles, à cause de l’acide carbonique qu’il contient. Le cuivre, le zinc s’y recouvrent à la longue d’une couche d’hydro-carbonate de cuivre et de zinc ; le fer s’y transforme peu à peu en rouille ou sesquioxyde de fer hydraté.
571. Production de la rouille. — On explique ordinairement ce dernier phénomène de la manière suivante : l’oxygène, dissous dans l’eau en présence de l’acide carbonique, s’unit au fer et tend à former du carbonate de protoxyde de fer; mais ce corps se transforme, au contact de l’oxygène de l’air, en sesquioxyde de fer hydraté, en dégageant son acide carbonique; de sorte qu’on n’obtient en définitive que ce dernier composé.
Pour montrer l’influence de l’acide carbonique dans l’oxydation du fer, on recouvre ce métal d’un lait de chaux, ou on le plonge dans une dissolution alcaline ; le métal se conserve alors sans altération, même dans une eau aérée, parce que l’acide carbonique est absorbé par l’alcali, à mesure qu’il se dissout dans le liquide. On sait, en effet, que les ustensiles en fer des savonniers, recouverts d’une couche de matière alcaline, ne se rouillent jamais.
On constate que la première tache de rouille met un temps très-long à se former, mais, une fois l’oxydation commencée, elle se propage avec rapidité, et le fer finit par s’oxyder en totalité ; c’est qu’il s’établit, entre la tache de rouille et le fer qui l’avoisine, un couple voltaïque dans lequel la rouille joue le rôle de pôle positif, et le métal celui de pôle négatif; l’eau est alors décomposée; son oxygène se porte sur le fer, avec lequel il se combine, et l’hydrogène se dégage et répand l’odeur infecte qu’il possède, quand on le prépare au moyen de la limaille de fer et de l’acide sulfurique étendu. Ordinairement, l’hydrogène est en trop petite quantité pour qu’on puisse constater sa présence; mais, si l’on humecte d’eau une quantité un peu considérable de limaille de fer, on pourra au bout de quelque temps, une fois l’oxydation commencée, sentir l’odeur de l’hydrogène, et même recueillir ce gaz, si l’on introduit le mélange dans un flacon muni d’un tube abducteur. Il se forme en même temps de l’ammoniaque, dont on peut constater la présence dans presque toutes les taches de rouille, mais dont l’origine n’est pas bien connue.