LIV. II, ClIAP. II, ACTION DÈ L’OXYGÈNE ET DE L’AIR
Enfin, le fer se transforme complètement en rouille, parce que ce produit est poreux et laisse circuler dans ses pores l’air humide qui a toujours le contact du fer métallique. Il n’en est pas de meme du zinc; l’hydro-carbonate formé à la surface du métal constitue une couche imperméable à l’air et le préserve de toute oxydation ultérieure.
572. Altération ilia enivre dans l’eau de mer. — Le Cuivre 's’altère rapidement dans l’eau de mer ordinaire, parce qu’elle est aérée ; tandis qu’il n’éprouve aucun changement dans l’eau de mer privée d’air par l’ ébullition ou par le contact du vide. Dans le premier cas, il se forme d’abord un liydro-carbonate de cuivre, qui réagit sur les substances
contenues dans l’eau de mer et notamment sur les chlorures de sodium
et de magnésium. C’est de cette action que naissent le carbonate de soude que l’on trouve dans la dissolution, l’hydro-carbonate de magnésie et le sous-chlorure de cuivre vert, qui se précipitent au fond du vase où l’on fait l’expérience.
575. Moyens de préserver les métaux de l’oxydation. — Doublage des navires. — Le cuivre dont on recouvre les navires doit donc s’altérer rapidement ; il est de la plus haute importance de chercher les moyens de le préserver de l’action corrosive de l’eau de mer. C’est ce qu’a fait H. Davy. Si l’on met en présence du cuivre un autre métal qui puisse former avec lui, dans l’eau de la mer, une pile dont le cuivre est le pôle positif, ce métal ne s’altère plus, parce que l’oxygène se porte sur l’autre métal, qui subit seul une altération plus ou moins profonde. Le zinc, le fer, la fonte de fer remplissent cette condition. Il suffit d’appliquer sur une feuille de cuivre une lame de fer ou de zinc, d’une surface supérieure à 1/150 de celle du cuivre, pour que ce métal soit absolument préservé, quelle que soit d’ailleurs la portion de la surface recouverte ; avec des quantités plus petites de métal protecteur, le cuivre s’altère, mais d’autant moins qu’on se rapproche davantage de la proportion indiquée ci-dessus. On a néanmoins renoncé à l’emploi des métaux protecteurs pour le doublage d,es navires, parce que le courant électrique qui se produit dans l’eau de mer détermine sur la surface du cuivre la production de dépôts de carbonates de chaux et de magnésie, sur lesquels se fixent des multitudes de coquilles. La marche du navire se trouve considérablement ralentie par suite du frottement plus considérable qu’elles lui font éprouver contre le liquide. On se sert aujourd’hui de plaques d’un bronze contenant 96 pour 100 de cuivre et 4 pour 100 d’étain, que l’eau de mer altère fort peu d’ordinaire ; mais les observations de 11. Davy n’en sont pas moins impor-
tantes puisqu’elles nous donnent une méthode générale de préservation des métaux.
574. GaivîiBiisation du fer. — Si l’on recouvre le fer d’une couche de zinc très-mince, ce métal devient le pôle négatif du couple formé par les deux métaux, et le fer ne subit aucune altération, tandis que le zinc s’oxyde; seulement, ce dernier phénomène est de courte durée, parce que l’hydro-carbonate de zinc produit forme une pellicule imperméable qui protège le reste (570).
575. Peinture ou vernissage des métaux. — Il est bien évidcnl qu’une couche imperméable d’une substance autre que le carbonate de zinc produirait le même effet ; aussi préserve-t-on les armes d’acier de la rouille en les recouvrant d’une légère couche de suif; les ferrements des maisons et les grilles de fer des monuments en déposant sur leur surface une couche de peinture à l’huile. On recouvre souvent d’une couche de vernis les pièces en cuivre des instruments de physique, pour les préserver de toute altération.