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CARBONATES DE SOUDE. SOUDES

882. Préparation des soudes. — On désigne sous le nom de soudes, dans le commerce, des carbonates de soude plus ou moins purs que l’on extrayait autrefois exclusivement de plusieurs plantes qui croissent sur

le bord de la mer. Ces plantes contiennent une notable quantité d’oxalate de soude, que la calcination transforme en carbonate.

Les plantes sont brûlées sur le sol après avoir été séchées ; on trouve après l’incinération une masse très-dure, de couleur ardoisée (parce qu’elle contient encore un peu de charbon), ordinairement riche en alcali, mais qui renferme du sel marin, du sulfate de soude, etc. : c’est la soude du commerce. Les soudes d’Espagne sont de beaucoup les plus riches. Ainsi, les soudes d’Alicante, de Carthagône et de Malaga contiennent 25 à 50 pour 100 de carbonate de soude sec.

La soude de Narbonne, qui est la meilleure des soudes françaises, contient seulement 14 pour 100 de soude. Ajoutons que les soudes de Normandie, extraites presque toutes des varechs, sonttrès-pauvres en soude, mais riches en sulfate de potasse et en chlorure de potassium ; elles contiennent en outre de l’iodure et du bromure de potassium. C’est dans les eaux mères de ces soudes que l’iode fut découvert, et nous avons vu (359) comment on en extrait aujourd’hui presque tout le brome et l’iode employés dans le commerce.

885. Préparation de la sonde artificielle. — Pendant la Révolution,

la France, attaquée de tous côtés par l’Europe coalisée, se trouva privée des produits qu’elle achetait à l’étranger pour les besoins de son industrie et, de sa défense. Les chimistes de l’époque improvisèrent alors, avec des éléments tirés du sol, des procédés qui changèrent la face des arts chimiques et préparèrent les immenses progrès qu’ils ont faits de nos jours. Le soufre, extrait jusqu’alors des solfatares de la Sicile, fut retiré des pyrites ; l’alun de Rome, remplacé par celui qu’on retira des schistes pyriteux; le salpêtre, qui nous venait de l’Inde, fut préparé au moyen des azotates produits dans les vieilles murailles et dans le sol des écuries; enfin la soude, presque exclusivement empruntée à l’Espagne, fut retirée du sel marin par un procédé resté intact jusqu’ici, au milieu des transformations qu’a subies depuis l’industrie, sous l’influence des progrès scientifiques.

C’est au médecin français Leblanc qu’est due cette importante découverte; c'est par son procédé que la France prépare annuellement 90 millions de kilogrammes de soude brute, et l’Angleterre plus de 150 millions de kilogrammes.

Ce procédé consiste à transformer d’abord le chlorure de sodium en sulfate de soude par l’acide sulfurique (298), puis à décomposer le sulfate de soude, à une température élevée, par un mélange de carbonate de chaux et de charbon. ])e faction mutuelle de ces corps résultent de

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