LIV. III, CHAP. IV, GISEMENTS DE STASSFIJRT
Le sel gemme constitue une couche puissante très-inclinée, à laquelle on arrive par deux puits; l’un y conduit à une profondeur de 256 mètres, l’autre à 150 mètres seulement. On arrive au sel, par le puits le plus profond, « en traversant un banc très-puissant de grès bigarré a, puis une couche de gypse et d’anhvdrite b, et enfin une couche
Fig. 151.
de marne c, qui constitue l’enveloppe du gisement salin. A partir de là, le puits pénètre dans une série de couches alternativement jaunâtres, grises et rouges d , qui constituent ce qu’on appelle les sels de déblais , et qui se trouvent directement au-dessus de la couche e de sel gemme proprement dite. Comme leur composition varie avec la profondeur, on a été amené à diviser la couche totale en trois régions, qui ne sont pas d’ailleurs délimitées d’une manière parfaitement nette.
« 1° Région supérieure, dite de la carnallite1. Cette région, dont l’épaisseur est de 21 mètres, renferme du chlorure de potassium, du chlorure de magnésium et des nodules de boracite (MgO, BoO"’ -j-MgCl, HO) parfois gros comme la tête.
« 2° Région moyenne, dite de la kilsérite, où dominent les sels sulfatés; puissance, 28 mètres environ.
« 5° Région inférieure, dite de la polyhalite, qui contient, outre le chlorure de sodium, d’autres chlorures déliquescents. »
« Au-dessous dé ces couches, le puits pénètre dans le sel gemme pro- « prement dit, dont la puissance totale est inconnue, mais est dans « tous les cas, supérieure à 107 mètres, limite à laquelle on s’est arrêté
1 La carnallite est un chlorure double de potassium et de magnésium hydraté, la kilsérite un sulfate naturel de magnésie (MgO,SO*), la polyhalite un sulfate triple de potasse, de magnésie et de cliauv,
« jusqu'ici dans l’exploitation. La masse saline est assez uniformément « composé de couches de 5 à 16 centimètres d’épaisseur séparés par « des lits d’anhydrite (Ca0,S03) d’un centimètre seulement, auxquels « on a donné le nom de Jahrringe (anneaux annuels), en partant de « cette hypothèse que chaque couche de sel, comprise entre deux lits (( d’anhydrite représente le dépôt d’une année l. »
Les principaux sels contenus dans les 5 couches supérieures, sulfate de magnésie et de potasse, sulfate de magnésie, chlorure double de potassium et de sodium et le chlorure de magnésium sont précisément dans l’ordre où ils se produisent dans l’évaporation continue d’une masse déterminée d’eau de mer.
On a principalement utilisé, dans le traitement des sels de déblais , les réactions indiquées par M. Balard, pour l’extraction des sels de potasse des dépôts des eaux mères des marais salants. On dissout ces sels à chaud, dans une quantité d’eau limitée, de manière à obtenir une dissolution marquant 52°, 5 B., qui contient tout le chlorure de magnésium et de potassium, avec du sulfate de magnésie et du sel gemme. Par refroidissement, elle laisse déposer du chlorure double de magnésium et de potassium, mélangé de chlorure de sodium. On l’évapore de nouveau jusqu’à ce qu’elle marque 52°, 5, et on la laisse refroidir, ce qui fournit une nouvelle quantité de chlorure de potassium.
On concentre encore jusqu’à 55° de Beaumé ; pendant cette concentration, il se dépose du sulfate de magnésie et du sulfate de magnésie et de potasse. Par refroidissement il se produit une abondante cristallisation de carnallite. L’eau mère ne retient plus alors assez de chlorure de potassium pour être utilisée avec avantage à l’extraction de ce sel.
Nous avons dit plus haut comment on séparait le chlorure de potassium du chlorure de magnésium.
1 Traité de chimie technologique et industrielle par Knapp., p. 55.