‹ Eléments de chimieChapitre 123 sur 462 · LTV. III, CH AIL V, CHLORURE RE LITHIUM · texte numérisé non relu

LTV. III, CH AIL V, CHLORURE RE LITHIUM

jl n’attaque pas le platine même au rouge blanc, et, quand ce métal est attaqué, c’est que la lithine contient de l’oxyde de rubidium.

Au contact de l’eau, l’oxyde de lithium dégage une faible quantité de chaleur; il se produit de l’hydrate (LiO, HO) soluble dans l’eau et fortement caustique. Cet hydrate est indécomposable par la chaleur ; il fond au rouge, et donne par refroidissement une masse onctueuse, à cassure cristalline qui attire lentement l'humidité de l’air.

Le chlore, le soufre, et le phosphore agissent sur la lithine comme sur la potasse ; mais le fer et le charbon qui décomposent celle-ci sont sans action sur la lithine.

Chlorure de lithium. LiCl.

900. Préparation. — On l’obtient dans un grand état de pureté, en dissolvant le carbonate de lithine cristallisé , dans l’acide chlorhydrique.

Ordinairement, on traite les sulfates alcalins obtenus dans le traitement du lépidolithe par le chlorure de barium. Comme ces sulfates contiennent des traces de manganèse et de magnésie, il faut traiter les chlorures par de l’eau de chaux qui précipite le manganèse et la magnésie ; l’excès de chaux est enlevé par Uoxalate d’ammoniaque. On évapore à siccité, ce qui détruit l’excès d’oxalate d’ammoniaque, et l’on reprend par le mélange d’éther et d’alcool anhydre ; le chlorure de lithium se dissout avec des traces de chlorure de sodium. La liqueur éthérée distillée dans une cornue donne comme résidu le chlorure de lithium que l’on obtient moins pur que par le premier procédé.

901. Propriétés. — Le chlorure de lithium cristallise vers 15°, en octaèdres réguliers anhydres, quand on évapore sa solution sous une cloche au dessus d’un vase contenant de l’acide .sulfurique concentré. Ces cristaux sont aussi déliquescents que ceux de' chlorure de calcium.

A la température de 0°, le chlorure de lithium cristallise en prismes transparents qui paraissent rectangulaires, mais qui ne peuvent être mesurés. Si, en effet, on les touche avec les doigts, ou même avec un papier, ils deviennent, opaques et tombent bientôt en bouillie laiteuse. Ces prismes sont formés par un hydrate LiCl— 1- 4HO qui a la composition du sel marin hydraté, obtenu par Mitscherlich au dessous de — 10.

M. Rammelsberg a obtenu un hydrate LiCl-t-2HO, en abandonnant une solution alcoolique de chlorure, au-dessus d’un vase rempli d’acide sulfurique concentré.

La solution de chlorure de lithium évaporée à siccité laisse dégager un peu d’acide chlorhydrique; cette décomposition analogue à celle qui se produit avec le chlorure de magnésium, quoique moins complète, peut être évitée (comme pour ce dernier sel) en ajoutant à la liqueur un peu de chlorure d’ammonium. La même décomposition s’opère au contact de l’air humide, sur le chlorure fondu au rouge; elle est beaucoup plus sensible que pour les autres chlorures alcalins.

Le bromure et l’iodure de lithium sont analogues au chlorure. Il existe un fluorure neutre de lithine et un fluorhydrate de fluorure analogues aux composés correspondants des métaux alcalins.

902. Sulfures de lithium. — On peut obtenir avec le lithium des composés sulfurés correspondant à ceux du potassium, par des réactions toutes semblables; leurs propriétés sont les mêmes.

Sels de lithine.

905. Sulfate de lithine. — On l’obtient en dissolvant du carbonate de lithine dans l’acide sulfurique ; sa dissolution évaporée lentement donne de beaux cristaux qui dérivent du prisme rhomboïdal oblique. Il est moins soluble à chaud qu’à la température ordinaire, et présente un maximun de solubilité au-dessous de 0. Sa saveur est fraîchement salée.

Il n’existe pas de bisulfate de lithine; mais le sulfate de lithine se combine avec les sulfates de potasse et de soude. Le sulfate double de lithine et de potasse (Li0,S05-f- K0,S03) se forme dans l’évaporation des sulfates alcalins obtenus dans le traitement du lépidolithe de M. Troost. Il cristallise en prismes hexagonaux terminés par des pyramides comme le sulfate de potasse (prisme droit à hase rhombe).

Azotate de lithine.

On le prépare en saturant l’acide azotique avec du carbonate de lithine.

Propriétés. — L’azotate de lithine cristallise à la température de 15°, au-dessus de l’acide sulfurique, en cristaux rhomboèdriques qui sont isomorphes de ceux du nitrate de soude, anhydres comme eux. Au dessous de 10°, l’azotate de lithine cristallise avec 5 équivalents d’eau en aiguilles prismatiques. Dans les deux cas, c’est un sel très-déliquescent, très-soluble dans l’eau, et susceptible de fournir des dissolutions sursaturées. Il est également très-soluble dans l’alcool.

La chaleur le décompose à la longue en lithine anhydre, mais cette décomposition s’opère très-facilement en présence du cuivre.

Page 1