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LIY. 111, CHAP. Y, ALLIAGES DE LITHIUM

Phosphate de lithine.

904. On verse une solution de phosphate de soude dans une solution de sel de lithine, et on rend la liqueur légèrement alcaline avec une lessive de soude. En portant à l’ébullition, et laissant refroidir, on obtient une poudre blanche, cristalline et lourde, de phosphate tribasique de lithine, facilement soluble dans les acides étendus, peu soluble dans l’eau pure cl surtout dans l’eau ammoniacale. Il faut, en effet, 2 litres d’eau pure et 4 litres d’eau ammoniacale, pour dissoudre 1 gramme de ce phosphate.

Le phosphate de lithine est très-soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique, et dans les sels ammoniacaux avec lesquels il forme un phosphate amoniaco-lithique (850). C’est pour cela que dans la préparation du phosphate de lithine, on ne peut saturer le mélange du phosphate de soude (2NaO, KO, Ph05-h A q) et de sulfate de lithine 5 (LiO, SO5), qui prend nécessairement une réaction acide1, par de l’ammoniaque. Il faut nécessairement, faire réagir le phosphate tribasique de soude sur le le sel de lithine.

Carbonate de lithine.

905. Le carbonate de lithine est peu soluble dans l’eau. Un litre d’eau en dissout environ 12 grammes à toutes les températures. L’eau chargée d’acide carbonique en dissout quatre fois plus. Cette dissolution abandonnée à elle-même, perd peu à peu son gaz carbonique, et laisse déposer de petits critaux indéterminables de carbonate de lithine.

Le carbonate de lithine est d’ordinaire sous forme de poudre blanche, il fond au rouge et se décompose presque totalement par la chaleur.

On l’obtient en précipitant par le carbonate de soude, les sulfates obtenus dans le traitement du lépidolithe ; il faut bien le laver parce qu’il retient énergiquement les sels au milieu desquels il a été précipité. On le puritie en le dissolvant dans l’eau chargée d’acide carbonique et abandonnant la liqueur à elle-même. (Troost.)

Alliages de lithium.

90G. M. Troost a obtenu des alliages de lithium avec le potassium et le sodium, en faisant réagir le potassium et le sodium sur le chlorure de lithium fondu à une température peu élevée. Pour augmenter la proportion de lithium contenue dans ces alliages, on les plonge dans de l’eau

1 On a, en effet, 5Li0,S05-b (2IN'aO,HO) Ph05= 5LiO,IJliO* -j- 2(IN‘aO,SÛ5) -f S05HQ.

CHIMIE INORGANIQUE, recouverte d’huile de naplite ; le sodium ou le potassium décompose l’eau avant le lithium ; on obtient bientôt un globule riche en lithium cpii vient nagera la surface de l’huile. Cette réaction montre bien que le lithium s’éloigne des métaux alcalins pour se rapprocher du magnésium.

907. Caractères distinctifs des sels de litliine. — Les sels de lithine communiquent à la flamme du chalumeau une couleur rouge qui donne un spectre caractéristique.

Potasse, soude, ammoniaque. — Pas de précipité.

Carbonates cle potasse et de soude. — Précipité de carbonate de lithme ' dans des liqueurs qui ne sont pas trop étendues ou qui ne contiennent pas de sels ammoniacaux.

Sulfate d'alumine. — Pas de précipité.

Acide oxalique. — Pas de précipité.

Acide tartrique. — Pas de précipité.

THALLIUM, Tl =204.

En 18(31, M. W. Crookes, examinant au spectroscope un résidu silénifère du Harz, reconnut dans la flamme colorée par la matière de ce résidu, une raie verte qui n’appartenait à aucune des substances connues. Le nouveau corps ainsi révélé, qui se retrouva dans le soufre de Lipari et dans quelques pyrites, fut considéré par M. Crookes comme un métalloïde analogue au silicium ou au tellure.

M. Lamy reconnut le premier, en 1862, la nature métallique de cet élément. C’est à ce chimiste que nous devons l’étude de ses propriétés et celle de ses principales combinaisons.

État naturel et extraction. — Beaucoup de pyrites exploitées dans la fabrication de l’acide sulfurique contiennent un peu de thallium : on le trouve également dans quelques eaux minérales avec des traces de rubidium et de césium (eaux mères des salines de Nauheim). On le re* lire des dépôts des chambres de plomb, où il s’accumule en quantité considérable pendant la fabrication de l’acide sulfurique. 11 s’y introduit à l’état d’oxyde, entraîné par l’acide sulfureux; il s’y transforme partie en sulfate soluble, partie en chlorure, qui l’est peu.

On calcine d’abord des dépôts acides contenant beaucoup d’acide sulfurique, de manière à transformer les chlorures en sulfates solubles, puis on les lave à l’eau bouillante. Cette solution de sulfate de thallium est traitée par l’acide chlorhydrique qui précipite le métal à l’état de prolochlorure peu soluble. Ce chlorure esl décomposé par l’acide sut-

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