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LIV. III, CIIAP. VI, CARBONATE DE CHAUX

(575). Aussi a-t-on employé avec succès des tuyaux recouverts intérieurement d’un enduit imperméable et mauvais conducteur, pour conduire des eaux calcaires.

Quelles que soient les circonstances qui déterminent la production de ces divers dépôts calcaires, on obtient toujours une matière offrant l’apparence cristalline ; les colonnes formées par la réunion des stalactites et des stalagmites sont même transparentes.

Les eaux des fleuves, chargées de carbonate de chaux, se rendent constamment à la mer et y apportent, comme nous l’avons déjà dit (449), le calcaire nécessaire à J a production des tests et des coquilles des innombrables animaux qui y vivent. La partie minérale des coquilles est formée de carbonate de chaux à peu près pur; eu s’accumulant et par suite de la décomposition de leur matière organique, elles forment des dépôts calcaires qui différent essentiellement de ceux que nous venons d’indiquer, parce que la matière qui les constitue, ayant été sécrétée au milieu de tissus organiques, est complètement amorphe.

La cbquille des œufs des oiseaux contient également du carbonate de chaux amorphe de même origine; les os des animaux en contiennent, mais mélangé avec une forte proportion de phosphate de cha ux .

983. État naturel. — 1° Carbonate de chaux cristallisé. — On l’a d’abord trouvé en Islande, sous forme de rhomboèdres transparents et souvent très-volumineux, qui portent le nom de spath d'Islande. Plus tard, on trouva ce carbonate dans plusieurs localités, et notamment en Arragon, sous une forme incompatible avec la première. Celte nouvelle forme, Yarragonite, cristallise, en effet, dans le système du prisme droit à base rectangle. Cette différence de cristallisation a donné une grande célébrité à l’arragonite, parce qu’elle a offert la première exception aux lois établies par Haüy entre la forme cristalline et la composition.

Le spath d’Islande a pour densité 2,7, l’arragonite 2,928. On peut facilement reproduire à volonté le carbonate de chaux cristallisé sous l’une ou sous l’autre forme. Lorsqu’on mélange le chlorure de calcium avec une dissolution de carbonate de soude, il se forme un précipité volumineux qui se transforme peu à peu en petits cristaux rliomboédriques. En faisant bouillir un sel de chaux avec une solution de carbonate d’ammoniaque, on obtient immédiatement des cristaux d’arragonite. Nous avons vu que l’évaporation du bicarbonate de chaux

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CHIMIE INORGANIQUE, donne les deux espèces de cristaux, suivant la température où elle a lieu. Ajoutons encore que les cristaux d’arragonite se transforment en une multitude de petits rhomboèdres, quand on les chauffe au-dessous du rouge.

984. Autres variétés. — - Les marbres sont des variétés de carbonate de chaux diversement colorées par des oxydes métalliques, ou colorées en noir par des matières organiques carbonées; leur texture est toujours cristalline, souvent saccharoïde ; les géologues ont été conduits à admettre que ces matières sont le résultat de la transformation des calcaires sous rinfïuence d’une température élevée. On sait par quelle expérience J. Hall a appuyé cette hypothèse.

L 'albâtre calcaire est une variété translucide de carbonate de chaux, de structure évidemment cristalline et assez analogue à celle des stalactites.

Le calcaire jurassique et le calcaire grossier des environs de Paris, ou pierre à bâtir, contiennent souvent des géodes remplies de cristaux de carbonate de chaux, qui se rapportent au système rhomboédrique ; ces calcaires ont été formés dans des mers contenant en dissolution du carbonate de chaux qui s’est déposé plus ou moins lenteftient, en emprisonnant dans son intérieur les coquilles d’animaux que l’on y trouve à l’état fossile.

La craie est, au contraire, formée de petits grains absolument anioi'^ plies, parce qu’elle résulté de l’agglomération de débris d’animaux à coquilles de grandeur microscopique; elle est donc analogue aux dépôts actuels qui constituent les îles madréporiques.

On sait tout le parti que l’on tire, dans l’art des constructions, de l’emploi de ces diverses variétés de carbonate de chaux; elles constituent, dans nos pays du moins, à peu près les seuls matériaux de nos maisons et de nos édifices. 11 est donc inutile d’insister sur leur importance.

Combinaisons du carbonate de chaux

98b. La Cay-Lussite (Ca0,G02+Na0,G02-t-5H0) est lin sel insotublé dans l’eau, que la chaleur décompose en carbonate de soude, en carbonate de chaux et en eau qui s’échappe. En reprenant par l’eau, on dissout alors le carbonate de soude. Fritzsche a obtenu la Gay-Lussilc en traitant 1 volume d’une solution concentrée de chlorure de calcium par 10 fois son volume d’une solution concentrée de carbonate de soude.

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