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L 1 V. 111, CHAI». VI, PHOSPHATE DE CHAUX

cipitant le chlorure de calcium, additionné d’ammoniaque, par le phosphate de soude. C’est un précipité gélatineux.

L’eau en dissout jôôwô et ïômTïï seulement, s’il est calciné. Il est beaucoup plus soluble dans l’eau chargée de sels ammoniacaux, de sel marin ou d’azotate de soude. Les acides étendus le dissolvent facilement. l’eau chargée d’acide carbonique suffit pour produire cet effet. Il en est de même des acides de l’estomac des carnivores, qui peuvent dissoudre les fragments d’os ingérés par ces animaux.

Le fait de la dissolution du phosphate de chaux par l’acide carbonique se démontre en mettant un os en contact d’une eau chargée de cet acide (eau de Seltz); la matière minérale qu’il contient se dissout peu à peu, et il ne reste que la matière organique, dans les cellules de laquelle le phosphate et le carbonate de chaux avaient été sécrétés. On comprend alors comment les plantes, et notamment les céréales, peuvent prendre au sol contenant du phosphate de chaux l’acide phosphorique nécessaire à leur développement. C’est à raison de cette propriété que l’on emploie aujourd’hui dans l’agriculture des quantités énormes de phosphate de chaux naturel soit réduit en poudre, soit préalablement traité par l’acide sulfurique, afin de le rendre plus soluble.

976. État naturel. — Le phosphate de chaux est très-abondant dans la nature. 11 forme les 80 centièmes de la cendre d’os. On le trouve mélangé à des phosphates de fer et d’alumine, dans les terrains de craie, sous forme de nodules ou de rognons connus sous le nom de coprolites parce qu’ils sont formés par des ossements et des excréments fossiles. Les départements des Ardennes, de l’Aisne et du Pasde-Calais sont, depuis quelques années surtout, le lieu d’une exploitation rapidement croissante de ce produit qui s’est élevée à 70,000 tonnes environ pour l’année 1873.

Combiné au chlorure ou au lluorure de calcium, il constitue l’apatite, espèce minérale cristallisée en prismes hexagonaux réguliers, très-abondante en Espagne, dans l’Estramadure ; en France, dans le Lot, etc., et qui dopne aussi lieu à une exploitation considérable pour les besoins de l’agriculture et de F industrie. On peut en effet se servir de ce phosphate beaucoup plus pur que les coprolites comme de la cendre d’os, pour obtenir le phosphate acide de chaux, et les corps qui en dérivent.

L’apatite a pour formule 5(5Ca0,Ph03) -f-CaCl.

On la reproduit en fondant un mélange de phosphate de chaux et de

chlorure de calcium. Si le chlorure de calcium est en grand excès, il se forme des cristaux du composé

3CaO,PhOs + CaCl.

qui n’existe pas dans la nature, mais qui a son analogue dans la série magnésienne. La wagnerite (5Mg0,Ph03 q-CaCl), a, en effet, la même forme cristalline que ce chlorophosphate de chaux. (H* Sainte-Claire Deville et Caron.)

En chauffant en vase clos vers 230° le phosphate bibasique de chaux (2Ca0,H0,Ph05) avec du chlorure de calcium, on obtient aussi de l’apatite. (IP Debray.)

977. Phosphate hibasique de chaux ( 2CaO,HO,PhOs -f- 2110). — - Lorsqu’on précipite les sels de calcium par le phosphate de soude ordinaire, on obtient ce sel sous forme de précipité cristallin à peine soluble dans l’eau. On le rencontre souvent dans les concrétions urinaires. O11 l’obtient bien cristallisé en faisant digérer du carbonate de chaux avec de l’acide phosphorique étendu ou du phosphate de chaux soluble; à la température, de 100°, on obtiendrait le sel anhydre. (IP Debray.) C’est également ce sel qui se dépose d’une solution de phosphate dans l’acide carbonique.

978. Phosphate acide (CaO,2H0,Ph05). — S’obtient par l’action de l’acide sulfurique sur la poudre d’os. Il cristallise en lames nacrées trèssolubles dans l’eau.

Mais il ne faut pas croire que l’action de l’acide sulfurique sur le phosphate tribasique de chaux s’arrête quand le phosphate ne retient plus qu’un équivalent de chaux; en employant assez d’acide sulfurique, oii peut lui enlever toute sa cltaux et obtenir ainsi de l’acide phosphorique assez pur. En ajoutant au mélange de l’alcool dans lequel le sulfate de chaux est insoluble, on élimine absolument la chaux.

979. Essais des phosphates de chaux du commerce. — Oll peut facilement déterminer la teneur en acide phosphorique des phosphates qui contiennent peu de fer et d’alumine (cendres d’os, phosphates cristallisés, etc.) en dissolvant ces corps dans l’acide azotique étendu et saturant la liqueur filtrée par l’ammoniaque. 11 se forme un précipité de phosphate tribasique, qu’on recueille sur un filtre et dont le poids permet de calculer celui de l’acide phosphorique.

Mais ce procédé devient complètement inexact lorsque le phosphate contient du fer et de l’alumine, ce qui a lieu pour la plupart des

L1V. 111, CHAT* VI, CARBONATE DE CHAUX, phosphates minéraux. Il faut alors ajouter à la solution azotique du citrate ammoniacal de magnésie. L’alumine, le 1er et la chaux, restent en dissolution à la faveur de l’acide citrique, l’acide phosphorique se précipite à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien insoluble dans une eau ammoniacale. On dose directement ce sel après l’avoir calciné ou bien on le dissout dans l’acide azotique étendu, on sature par l’acétate d’ammoniaque et l’on précipite l’acide phosphorique par une liqueur titrée d’urane.

Arséaiates de chaux

980. Ils sont analogues des phosphates de chaux; l’arséniate tribasique 5CaO, AsO3, et l’arséniate bibasique (2CaO,HO, AsO5) H- 5HO ( Pliarmacolite) sont insolubles, l’arséniate acide (CaO, 2110, AsO5) est soluble. On peut aussi obtenir une combinaison d’arsèniate de chaux et de chlorure de calcium 5(3Ca0,As05) -H CaCl par les méthodes qui servent à préparer l’apatite. (H' Debray.)

Carbonate de chaux

On trouve ce carbonate sous des étals très-divers dans la nature, mais il est toujours facile à distinguer des autres substances minérales. Il fait effervescence quand on le traite par un acide, parce qu’il dégage de l’acide carbonique ; sa dissolution dans les acides possède les caractères des sels de chaux (798); calciné au rouge vif, il donne un résidu de chaux caustique ; si l’on opère dans un tube de fer bien clos, le carbonate de chaux fond et prend en se solidifiant par refroidissement la structure cristalline du marbre (voir dissociation, t. 1, p. 19 et 25).

981. Préparation. — Le plus souvent, on se contente d'employer le marbre, qui est une variété assez pure de carbonate de chaux; mais, dans le cas où l’on a besoin de carbonate chimiquement pur, on prépare cette matière en précipitant l’azotate de chaux, préparé connue il a été indiqué plus haut (956), par le carbonate d’ammoniaque. Le précipité, lavé avec soin, donne un produit d’une pureté absolue. Lorsqu’on précipite une solution froide de chlorure de calcium par du carbonate de soude également au-dessous de 0°, on obtient un précipité floconneux de carbonate de chaux, qui prend peu à peu une texture cristalline; Lavé à l’eau à 0°, et séché à cette température, il retient 6 équivalents d’eau; chauffé à 50°, il se transforme en une bouillie épaisse d’eau et de carbonate anhydre. (Pelouze.) On l’obtient aussi dans l’action de l’acide carbonique sur le sucrate de chaux.

98 2. Propriétés. — Le carbonate de chaux est insoluble dans l’eau, mais l’eau chargée d’acide carbonique en dissout une proportion notable. L’évaporation de cette eau laisse déposer du carbonate de chaux cristallisé. Les cristaux obtenus vers 100° sont identiques aux cristaux d’arragonite (920) ; ceux que l’on obtient au-dessous de 50° sont, au contraire, rhomboédriques comme les cristaux de spath d’Islande (920); à une température intermédiaire, on obtient un mélange de deux espèces de cristaux.

Les eaux des sources et des rivières contiennent toujours du carbonate de chaux dissous à la faveur d’un excès d’acide carbonique. Quand ces eaux contiennent une notable proportion d’acide carbonique, elles deviennent incrustantes, parce qu’elles le .perdent en arrivant au contact de l’air et laissent alors déposer une portion de leur carbonate de chaux. Telle est la source de Saint-Allyre, près de Clermont; il suffit d’exposer pendant quelques jours, à l’eau tombant de cette fontaine, des objets quelconques : ils se recouvrent d’une couche de matière calcaire. Les stalactites et les stalagmites calcaires qui prennent naissance dans certaines grottes n’ont pas d’autre origine. Les eaux qui traversent le sol tombent goutte à goutte de la voûte supérieure, mais après être restées suspendues un certain temps, pendant lequel elles ont déposé sur la voûte une portion de leur carbonate de chaux sous forme de petit mamelon; l’évaporation continuant sur ce mamelon constamment humecté, il se forme à la partie supérieure un cône renversé qui constitue la stalactite, tandis qu’au point du sol où les gouttes qui tombent s’évaporent, il se produit, pour la même raison, un autre cône ( stalagmite ), qui peut, avec le temps, rejoindre le premier et constituer avec lui une colonne continue, rétrécie vers son milieu.

Certaines eaux potables, telles que les eaux d’Arcueil, près Paris, laissent déposer dans leurs tuyaux de conduite, en les obstruant, un dépôt très-cohérent de carbonate de chaux. Dans ce cas, le dépôt de carbonate n’est pas seulement dû à ce fait que l’eau, ayant le contact de l’air, doit y dégager une portion de son acide carbonique dissous. Le mouvemenl du liquide, les chocs qu’il éprouve contre les coudes des tuyaux, facilitent le dégagement du gaz; mais- ce qui paraît surtout déterminer ce dépôt, ce sont les actions électriques qui se produisent dans le tuyau, soit à cause des soudures, soit à cause de l’hétérogénéité du métal. Les expériences de Davy sur la préservation du cuivre dans l’eau de mer nous montrent clairement toute l’influence de cette cause

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