LIV.. IÏT, CHAP. YI, CHAUX
polie ainsi parce qu’en chargeant la pierre calcaire par l’ouverture supérieure on peut en retirer, d’une manière continue, l'a chaux cuite par la partie inférieure. Ces fours (fig. 158) ont une hauteur de 8 à 10 mètres; ils sont formés d’un double cône garni de briques réfrac-
Fig. 158.
taires, chauffés par un foyer latéral où l’on peut brûler de la houille, du bois ou de la tourbe. La flamme et les produits de la combustion arrivent dans le fourneau par trois ouvertures latérales O situées dans un même plan horizontal, à 2 mètres de la base du fourneau. Du côté opposé au foyer et à la partie inférieure se trouve une ouverture C qui sert au détournement de la chaux.
On forme, comme dans le four précédent, une voûte avec les gros morceaux de calcaire, et on le remplit ensuite de fragments concassés; on fait ensuite un feu de bois sous la voûte, et quand la masse est portée au rouge jusqu’à la hauteur des ouvertures latérales qui amènent la flamme du foyer latéral F, on cesse le feu à la partie inférieure et l’on active la combustion dans ce foyer. La pierre peut cuire alors dans les parties supérieures du fourneau. Toutes les douze heures on enlève la chaux qui se trouve au bas du cylindre, et l’on introduit de la pierre par la partie supérieure.
989. Diverses espèces tie chaux. — Les propriétés de la chaux diffèrent essentiellement avec la composition des calcaires qui ont servi à la préparer. On peut distinguer les diverses variétés en trois classes ; les chaux aériennes , les chaux hydrauliques et les ciments .
990. Chaux aériennes. — Les chaux aériennes sont celles que l’on emploie dans la construction des édifices ordinaires, parce qu’elles ont la propriété de donner, quand on les mélange avec du sable après les avoir éteintes, des mortiers qui durcissent à l’air; les chaux aériennes comprennent les chaux grasses et les chaux maigres.
1° Chaux grasses. — On donne ce nom à la chaux qui provient de la calcination du marbre et des calcaires purs. La chaux grasse est ordinairement blanche, elle s’éteint en dégageant beaucoup de chaleur et augmente considérablement de volume ou foisonne beaucoup (2 à 5 fois) ; elle forme, avec une quantité suffisante d’eau, une pâte liante et résistante.
2° Chaux maigres. — Elles proviennent des calcaires magnésiens et ferrugineux, elles ont une couleur grise ou fauve, s’échauffent peu quand on les éteint, et augmentent peu de volume en se délitant; avec l’eau elles donnent une pâte courte et peu liante. C’est surtout à la magnésie que cette chaux doit ses propriétés. Les mortiers qu’elle donne manquent de ténacité; aussi les emploie-t-on aussi rarement que possible,
991. chaux hyiirauiiques. — Les chaux hydrauliques se solidifient promptement sous l’caû, tandis que les précédentes s’y dissolvent; par contre, elles ne prennent à l’air qu’une médiocre consistance. Elles s’é-» chauffent peu au contact de l’eau, se délitent peu et foisonnent à peine en s’éteignant.
Les bonnes chaux hydrauliques font prise sous l’eau, c’est-à-dire se solidifient du second au quatrième jour d’immersion. Au bout d’un mois elles sont dures et complètement insolubles; après cinq ou six mois elles sont aussi dures que la pierre calcaire et se brisent, sous l’influence du choc, en éclats dont la cassure est écailleuse. On comprend toute l’importance d’une semblable propriété pour les constructions hydrauliques.
992. Ciments. — Le ciment est une chaux hydraulique particulière qui ne s’éteint pas; sa poussière mélangée à l’eau donne une pâte qui se solidifie presque instantanément au contact de l’air ou meme sous l’eau. C’est donc, au point de vue de cette propriété, un plâtre insoluble dans l’eau et aussi propre, par conséquenVaux constructions hydrauliques qu’aux constructions aériennes.