LIY. III, CHAP. VIII, SULFATE D’ALUMINE
qu’ils contenaient. On l’emploie aussi comme fondant dans la préparation de l’aluminium ; celle que l’on a aujourd'hui est tellement mélangée de phosphures et de sulfures, que l’on est forcé d’avoir recours à la cryolithe artificielle.
Sels d’alumine.
Les chlorate, bromate et iodate d’alumine sont des sels déliquescents peu étudiés.
Sulfate d’alumine.
1056. Propriétés. — Le sulfate d’alumine, AP03,5S03, a une réaction acide très-marquée ; on le considère néanmoins comme un sel neutre (665). On l’obtient difficilement cristallisé en lamelles minces et nacrées. L’eau en dissout à froid la moitié de son poids, à chaud une quantité quelconque, à peine soluble d’alcool. A la température ordinaire, il cristallise avec 18 équivalents d’eau et avec 27 lorsqu’on le fait cristalliser à une basse température. Quand on le chauffe, il fond dans son eau de cristallisation, et laisse une masse poreuse de sulfate d’alumine anhydre, difficile à redissoudre. A une température élevée il laisse un résidu d’alumine pure.
Le sulfate d’alumine en dissolution est décomposé par le carbonate de chaux et par le zinc. Avec le carbonate de chaux, il se forme du sulfate de chaux, un sous-sulfate insoluble , probablement identique avec celui que donne l’alun dans les mêmes circonstances (1041), et il se dégage de l’acide carbonique. Avec le zinc, il se forme à chaud, un sulfate basique 5A1203, 3S03-f-20II0 et à froid un sulfate 4AP03,5S03-|-36H0. Le premier ne diffère que par son eau d’hydratation d’un sous-sel naturel d’alumine trouvé à Hall et analysé par Marchand, 5AP03,5S03-H 56H0. (H. Debray.) En précipitant par l’ammoniaque caustique du sulfate d’alumine, on peut obtenir une poudre blanche d’un sous-sel (AP03,S03-{-9H0) qui a la composition d'un autre sulfate naturel trouvé à Hall et à New- Haven.
1057. Préparation. - — On emploie dans le commerce de grandes quantités de sulfate d’alumine pour le collage de la pâte de papier; on l’obtient en attaquant l’argile aussi exempte de fer que possible par l’acide sulfurique. On se sert du kaolin blanc ; cette matière, réduite en poudre et tamisée, est calcinée sur la sole d’un four à réverbère, pour peroxyder le fer qu’elle peut contenir, ce qui le rend insoluble, tandis que l’argile devient plus perméable et plus facilement attaquable par l’acide.
On l’introduit dans des chaudières en tôle plombée ou dans de grands bassins de pierre, avec de l’acide à 50 ou 52° de Baume où l’on maintient le mélange à 100° pendant plusieurs jours, en agitant de temps en temps. On fait ensuite couler le liquide dans le bassin en plomb, où le liquide se sépare de la silice et de l’argile non attaquée ; on l’évapore ensuite. Comme les argiles contiennent toujours de la potasse (de o à 5 p. 100), il se dépose d’abord de l’alun, absolument insoluble dans le sulfate d’alumine concentré, puis on achève l’évaporation jusqu’à ce que le liquide se prenne en masse ayant la consistance du suif par refroidissement. On la divise alors en blocs rectangulaires pour la livrer au commerce.
On emploie en Angleterre, pour le collage du papier commun, de grandes quantités de sulfate d’alumine mélangé avec toute la silice de l’argile qui a servi à le produire ; on obtient ce produit comme le précédent; seulement on évapore le résultat de l’attaque de l’argile par l’acide sulfurique sans décanter pour en séparer la silice, qui ne présente aucun inconvénient pour cette application spéciale.
Le sulfate d’alumine provenant des argiles retient toujours assez de fer pour qu’il soit difficile de le substituer à l’alun dans les opérations de teinture où l’alumine sert de mordant. On peut bien purifier ce sulfate en le traitant par un peu de cyanoferrure de potassium (cyanure jaune), qui donne du bleu de Prusse avec le fer et un peu d’alun. Mais il est préférable de se servir de sulfate d’alumine absolument exempt de fer, obtenu en traitant l’alumine de l’aluminate de soude par l’acide sulfurique.
ALUNS.
1058. Les aluns du commerce sont des sulfates doubles d’alumine et de potasse ou d’ammoniaque, dont les compositions sont exprimées par les formules
K0,S03 + Alâ05;3S0s + 24HO,
AzH5, IIO, SO3 +A1205,5S03 +24110.
Le premier, plus anciennement connu* est l’ alun de potasse, le sécond V alun ammoniacal. Mais les chimistes désignent sous ce nom d’alun des sels résultant de la combinaison de 1 équivalent de l’un des sulfates dés protoxydes de potassium, de sodium, d’ammoniaque, de rubidium ou de césium avec 1 équivalent de l’un des sulfates de sesquioxyde d’a-