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UV. III, CHAP. IX, MÉTAUX DE L’YTTRIA

ajoute à la dissolution qui ne doit pas être trop étendue, du sulfate de potasse pulvérisé. Il se forme un sel double peu soluble dans la dissolution saturée de sulfate de potasse, mais facilement soluble dans l’eau pure; c’est ce sel qui contient la terre jaune ( erbine ). Il reste une autre portion de la terre à l’état soluble, c’est la terbine que l’on précipite par la potasse caustique.

11 est difficile d’obtenir la terbine exempte d’ erbine qui lui donne une teinte jaune. Elle est cependant incolore lorsqu’elle est pure, elle se distingue des deux autres, suivant Mosander, par la propriété que possède son sulfate, qui peut être obtenu en gros cristaux, de s’effleurir vers 50°, tandis que les deux autres terres donnent des sulfates en cristaux plus petits qui sont efflorescents à 80°.

Les réactions de ces trois bases sont d’ailleurs les mêmes.

Le travail de Mosander remonte à 1845 ; depuis cette époque d’autres chimistes, Berlin et après lui MM. Bahr et Bunsen ont nié l’existence des trois terres de l’yttria; d’après ces chimistes il n’en existerait que deux, l’une incolore, l’yttria de Mosander, l’autre colorée et donnant des sels roses, dont les dissolutions présentent un spectre d’absorption particulier. La terre qui fournit un sulfate double, insoluble dans le sulfate de potasse, serait un mélange de didyme avec les deux terres de l’yttria. Cette insolubilité du sulfate double est, en effet, le caractère distinctif des métaux de la cérite. Ces chimistes donnent à la terre colorée le nom d’erbine, ce qui peut amener une confusion fâcheuse puisque la terre qu’ils désignent ainsi est en réalité la terbine de Mosander. Ces résultats, contestés par Delafontaine qui admet l’existence des trois terres, ont été confirmés récemment par MM. Clève etHœglund.

1077. Séparation de l’yttria et de i’erbisie. — MM. Balir et Bunsen séparent l’yttria de leur erbine ( supposées exemptes des oxydes de la cérite), en évaporant la solution des azotates jusqu’à l’apparition de vapeurs nitreuses ; on laisse refroidir et on reprend la masse solidifiée par une quantité d’eau juste suffisante pour qu’à l’ébullition la liqueur soit claire. Par refroidissement lent, il se sépare des aiguilles d’azotate basique d’erbine. On décante la liqueur et on lave les cristaux avec de l’eau acidulée par l’acide azotique qui en dissout peu. Une nouvelle évaporation fournit une nouvelle quantité de sel d’erbine

2(ErO),AzOs,3HO

d’où l’on retire une terre rose par calcination.

Les eaux mères qui ont fourni l’erbine par des cristallisations frac-

tionnées contionnenl l’yttria mélangée d’un peu d’erbine. On évapore et on calcine au bain de sable pour décomposer partiellement le sel ; l'erbine reste insoluble, l’yttria se dissout à l’état d’azotate basique. Si cette solution donne un spectre d’absorption on recommence l’opération précédente.

L’équivalent de l’yttrium déduit de la composition du sulfate 5(Yt0,S05) 4-8110 est égal à 50,85, celui de l’erbium déduit du sulfate correspondant est égal à 56,5.

1078. Caractères distinctifs de l’yttria. — Le mélange des deux terres particulières de la galodinite (y ttria eterbine) présente les caractères suivants :

Potasse et ammoniaque. — Précipité blanc, insoluble dans un excès de réactif.

Carbonates et bicarbonates alcalins. — Précipité blanc soluble dans un excès de réactif.

Acide oxalique. — Précipité blanc (ce qui permet de la séparer de l’alumine et de la glucine).

Sulfhydraté d' ammoniaque . — ^ Agit par son ammoniaque.

Acide sulfhydrique. — Pas de précipité.

Phosphate de soude. — Précipité blanc soluble dans l’acide chlorhydrique et que l’ébullition précipite de sa dissolution.

Sulfate de potasse. — Le sulfate double de potasse et d’yttria n’est pas insoluble dans la dissolution de sulfate de potasse concentré, ce qui permet de séparer l’yttria de la thorine, des terres de la cérite et de la zircone.

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