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LJV. III, C II AP. IX, MÉTAUX DE L’YTTRIA

plus ou moins de lenteur dans l’eau froide [caractère partagé avec les métaux de la côrite]. Toutefois les liqueurs qui contiennent un excès d’acide sulfurique ne troublent pas quand on les porte à l’ébullition. La volatilité de son chlorure permet de la séparer des métaux du cérium. Insoluble dans la potasse caustique, ce qui la distingue de l’alumine et de la glucine, elle forme, avec le sulfate de potasse, un sel double insoluble (comme ceux du cérium) dans une dissolution concentrée de sulfate de potasse, ce qui permet de la séparer de l’yttria qui est soluble dans ces circonstances.

L’oxalate de thorine est moins soluble dans l’eau ou dans les acides, que celui de zircone. On sépare la thorine de cette base, en précipitant à l’ébullition, la solution peu acide des deux terres, par une petite quantité de sulfate de potasse. La zircone se précipite en totalité, la thorine reste en grande partie dissoute ; ce qui s’est précipité se redissout dans l’eau chaude.

MÉTAUX DE L’YTTRIA.

YTTRIUM. ERBIUM TERBIUM.

L’yttria, découverte en 1794, par Gadolin, dans un minéral noir (gadolinite) trouvé dans une mine de feldspath d’Ytterby (Suède), était un mélange d’au moins six corps inconnus jusqu’alors. Elle contenait en effet de la glucine, des oxydes de cérium, de lanthane et de didyme ; et après la séparation de ces oxydes, il restait encore une terre colorée en jaune (yttria) qui, d’après Mosander, est elle-même un mélange de trois terres. Les noms de ces trois terres dérivent du nom de la localité où la gadolinite a été découverte.

1075. Préparation de l’yttria impure. — On prépare le mélange des trois terres que nous venons de nommer, en faisant bouillir la gadolinite pulvérisée avec de l’eau régale jusqu’à ce que la pariie non dissoute soit devenue incolore. La dissolution est évaporée à siccité au bain-marie ; on reprend par l’eau pour séparer la silice et on verse dans la solution, goutte à goutte, de l’oxalate d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Il reste en dissolution de la glucine et de l’oxyde

de fer ; le précipité est formé d’oxalates d’yttria, des métaux du cérium souillés d’oxalate de manganèse et de chaux. On calcine ces oxalates et l’on dissout le mélange des terres dans l’acide chlorhydrique. On mélange la liqueur avec une dissolution concentrée de sulfate de potasse, à laquelle on ajoute des cristaux de sulfate de potasse de manière à bien la saturer de ce sel; on précipite- ainsi les métaux de la cérite dont les sulfates sont complètement insolubles dans le sulfate de potasse, On fdtre et on précipite par l’ammoniaque, ou mieux par un oxalate alcalin qui donne un précipité plus facile à laver, contenant l’yttria avec de l’oxyde de manganèse et de chaux.

Pour purifier l’yttria on la transforme en azotate que l’on calcine légèrement, le manganèse passe à l’état de bioxyde de manganèse insoluble, l’eau dissout les nitrates d’yttria et de chaux ; en traitant la solution par de l’ammoniaque caustique bien exempte de carbonate, l’yttria se précipite seule, on la sèche et on la calcine.

On a ainsi une terre jaune plus lourde que la baryte (D = 4,842), assez soluble dans les acides étendus, qui absorbe même un peu l’acide carbonique de l’air. L’hydrate obtenu en précipitant par l’ammoniaque est gélatineux, difficile à laver; il se carbonise facilement à l’air, il est très-soluble dans le carbonate d’ammoniaque et forme un carbonate double qui se dépose en petits cristaux peu solubles. La même chose a lieu pour le carbonate de soude. Par l’ébullition l’yttria se précipite de sa solution dans le carbonate d’ammoniaque, quand la réaction n’a pas lieu en présence d’une trop grande quantité de sels ammoniacaux, car cette base, qui est assez puissante, peut chasser l’ammoniaque de ses combinaisons et entrer ainsi en dissolution.

1076. Composition de l’yttria brute. — D’après Mosander l’yttria se compose de trois terres dont deux sont incolores et l’autre colorée en jaune. En versant successivement de petites quantités d’oxalate de potasse dans une liqueur acidulée par l’acide sulfurique, on obtient des précipités cristallins tirant sur le rouge, mais dont la nuance diminue de plus en plus jusqu’à devenir incolores. Les premiers donnent par la calcination une terre jaune , le dernier une terre blanche qui est l’yttria proprement dite. Inversement si l’on fait digérer ces oxalates avec un mélange de 49 parties d’eau et de 1 d’acide sulfurique, ce liquide dissout d’abord l’yttria qui est la base la plus forte, et le résidu donne, par la calcination, une terre de plus en plus jaune. Quand on a enlevé par l’un de ces traitements successifs, toute l’yttria qu’on peut séparer, on dissout la terre jaune dans l’acide nitrique et l’on

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