LIV. HT, CITA P. IX, CÉRIUM
taux d’un rose plus clair qui contiennent plus de lanthane. Il faut trier les premiers avec soin et les faire cristalliser de nouveau. On n’a d’ailleurs aucun moyen de s’assurer de la pureté absolue du produit obtenu,
La méthode précédente exige l’emploi d’une grande quantité de matière. M. Marignac, qui l’a employée, la simplifie en opérant une première séparation des deux terres. Il précipite successivement par l’acide oxalique, la solution des azotates; les premiers précipités sont colorés en rose et riches en didyme, les derniers, incolores contiennent surtout du lanthane ; la séparation des sulfates obtenus avec les terres ainsi préparées est beaucoup plus rapide.
MM. Damour et Henri Sainte-Glaire Deville effectuent une séparation très-approchée des deux oxydes même sur une petite quantité de matière, en calcinant à 4 ou 500° le mélange des azotates; la masse saline fond en dégageant des vapeurs nitreuses. On retire alors la capsule du feu et on reprend la masse refroidie par l’eau chaude. Une portion de la matière se dissout et il reste un résidu floconneux blanc rosé, d’azotate basique de didyme que l’on recueille sur un filtre. On évapore la liqueur et on la calcine de nouveau jusqu’à ce que la dissolution de l’azotate non décomposé ne soit plus rose, mais incolore. On vérifie d’ailleurs la pureté du lanthane par le spectroscope.
CÉRIUM Ce = 40 '
1084. Le cérium pur n’est pas connu. En réduisant par le potassium Je mélange des chlorures de la cérite .avec du chlorure de potassium, M. Wôliler a obtenu des grenailles pesant jusqu’à 60 milligrammes et une poussière d’aspect métallique. La couleur de ce$ grenailles était intermédiaire entre celle du plomb et du fer ; elles étaient malléables et tendres. Leur poids spécifique était égal à 5,5. Le métal ainsi obtenu était très-altérable à l’air, décomposant faiblement l’eau à 100°, facilement attaquable par les acides, brûlant vivement au rouge.
Oxydes. — Il existe deux oxydes bien connus du cérium, le protoxyde CeO et l’oxyde cérosocérique Ce50\ Ce sont deux bases salifiables, le protoxyde est une base puissante qui chasse l’ammoniaque de ses combinaisons, l’oxyde Ce504 se dissout facilement dans les acides concentrés quand il n’a pas été calciné; mais quand il a été fortement chauffé il ne se dissout bien que dans l’acide sulfurique étendu de son
volume d’eau (comme la thorine). En chauffant au four à porcelaine pendant 48 heures, du chlorure de cérium avec un peu de borax, on obtient une masse fondue qui traitée par l’acide chlorhydrique, laisse une poudre cristalline pesante d’oxyde cérosocérique (I) = 7,09) qui paraît cristallisé en octaèdres réguliers (Nordenskiôld). A cet état, l’oxyde de cérium est très-difficilement soluble dans l’acide sulfurique.
On obtient le protoxyde anhydre en calcinant l’azotate, le carbonate ou l’oxalate dans un courant d’hydrogène. Son hydrate s’obtient en précipitant ses sels par la potasse. C’est urr précipité gélatineux blanc, qui absorbe facilement l’oxygène et l’acide carbonique de l’air.
Les sels précédents chauffés au contact de l’air donnent l’oxyde Ce30\ jaune-citron, assez pâle. Sa couleur est rougeâtre quand il est souillé de didyme. Les acides étendus ne le dissolvent pas quand il est exempt des deux autres oxydes.
1085. Chlorure céreux. — CeCl. — S’obtient en faisant passer un courant de chlore sur du sulfure de cérium. Masse blanche, fusible, déliquescente. Le chlorure hydraté s’obtient en traitant le carbonate céreux par l’acide chlorhydrique. Difficilement cristallisable. Il forme des chlorures doubles avec les chlorures métalliques. (Chlorures d’or, de platine, de mercure.)
1086. Sulfure céreux. — Mosander l’a obtenu en chauffant au rouge du carbonate de cérium dans de la vapeur de sulfure de carbone. On obtient ainsi un corps léger, rouge comme du minium, inaltérable à l’air et à l’eau, mais facilement attaquable par les acides.
1087. Principaux *eis. — L 'azotate céreux, s’obtient en dissolvant le carbonate céreux dans l’acide azotique. 11 est soluble dans l’alcool et très-soluble dans l’eau. Il s’unit facilement avec les azotates alcalins, et les azotates de la série magnésienne, ce qui est peu fréquent pour les azotates qui ne donnent généralement pas de sels doubles.
La composition générale de composés de la série magnésienne est représentée par la formule CeO, Az05H-R0,Az05-f- 8110 ; ils cristallisent tous en tables hexagonales.
Le sulfate céreux CeO, S03 + 5II0 s’obtient en octaèdres rhomboïdaux droits par l’évaporation spontanée de sa dissolution. Il est à peu près insoluble à chaud. Il forme avec le sulfate de potasse un sel double. CeO, S05-t-KO,S03 totalement insoluble dans une solution concentrée de sulfate de potasse.
Le phosphate céreux 5CeO, PhO5, est un précipité blanc peu soluble