LI Y. III, CHAP. X, PHOSPHATES DE FER
Le phosphate tribasique de fer est insoluble dans l’eau pure, mais il est un peu soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique et surtout d’acide acétique ; mais la présence de l’acétate d’ammoniaque le rend moins soluble.
1154. Autres phosphates. — On connaît aussi un phosphate 2FeO, IIO,Ph054-HO que l’on obtient en petites aiguilles blanches, quand on fait bouillir de l’acide phosphorique avec de la limaille de fer ou du sulfate ferreux avec le phosphate magnésien 2Mg0,H0,Ph05 H- 14H0. Ce sel bleuit également à l’air. On connaît aussi un phosphate double de protoxyde de fer et d’ammoniaque 2FeQ,AzlI40,Ph05-t- 2110, analogue au phosphate ammoniaco-magnésien, un chlorophosphate ferreux isomorphe avec la wagnerite 5Fe0,Ph03~f-FeCl. (H. Sainte-Claire Deville et Caron.)
• Phosphates de sesquioxyde de fer.
11 35. Le phosphate qui se précipite quand on mélange un phosphate alcalin à du sesquichlorure de fer a pour formule Fe203,Ph05-t-4H0. On obtient le même phosphate en mamelons cristallins blancs par l’action de l’air sur la dissolution du fer dans l’acide phosphorique en excès, (H. Debray.)
Ce phosphate précipité est blanc, insoluble dans l’eau, mais il se dissout dans le carbonate d’ammoniaque, et dans l’ammoniaque surtout quand il est mélangé de phosphate d’ammoniaque. Il est très-soluble dans les acides azotique, chlorhydrique, tartrique et citrique. C’est sur cette dernière propriété qu’est fondé le procédé de dosage de l’acide phosphorique des phosphates naturels (979).
Le phosphate Fe205,5PhÜ5 est peu connu. Winckler, en laissant digérer pendant longtemps un phosphate basique avec un excès d’acide phosphorique, a obtenu des cristaux cubiques, légèrement roses (Fe203,5Ph05 -f-8110), insolubles dans l’eau, mais solubles dans l’ammoniaque caustique avec une coloration jaune brun. C’est cette solution qui se produit quand l’ammoniaque et le phosphate d’ammoniaque se trouvent en présence d’un phosphate basique de fer. La précipitation du fer par l’acide phosphorique ne sera donc complète en présence de l’ammoniaque que si l’oxyde de fer est en grand excès. C’est un fait important à noter en analyse.
Il existe plusieurs phosphates ferriques basiques, mais ils ont peu d’intérêt.
Arséniates de fer.
1156. On rencontre dans la nature plusieurs arséniates de fer; les principaux sont le scorodite Fe203,As03 -+- 4HO que l’on trouve en cristaux verdâtres, transparents (prismes droits rhomboïdaux), etl ewürfelerz qui est un arséniate de protoxyde et de sesquioxyde hydraté, cristallisé en cubes opaques d’un vert foncé.
Les arséniates alcalins précipitent des sels ferreux, un arséniate blanc (2Fe0,II0,As03 -b Aq) qui s’altère rapidement à l’air en devenant vert et se transformant en arséniate ferrosoferrique. Il se dissout en petite quantité dans l’ammoniaque en donnant une liqueur colorée en vert.
On obtient l’arséniate de sesquioxyde de fer en précipitant une solution ferrique par un arséniate additionné d’ammoniaque. Il faut que l’oxyde soit en excès pour que F arséniate ne se dissolve p,as dans l’ammoniaque en donnant un liquide rouge. Ce phénomène, plus intense que pour le phosphate de fer, est dû à la même cause, c’est-à-dire à la solubilité du sel neutre dans F ammoniaque.
L’arséniate de fer Fe203,As03 -f- Aq, obtenu en dissolvant dans l’acide azotique Farséniate ferreux et précipitant par l’ammoniaque, n’éprouve pas d’altération de la part de ce corps.
On peut séparer le fer des acides phosphorique et arsénique en ajoutant une solution ammoniacale de citrate de magnésie dans la dissolution nitrique de ces composés. 11 se forme alors un précipité de phosphate ou d’arséniate ammoniaco magnésien. On peut aussi les faire digérer avec du sulfhydrate d’ammoniaque qui les transforme en sulfure de fer noir, insoluble dans un excès de sulfhydrate, l’acide phosphorique reste dans la liqueur, ainsi que l’acide arsénique qui s’y transforme en sulfacide AsS3.
Carbonates de fer.
1157. Le carbonate naturel, Fe0,C02, cristallise en rhomboèdres, comme le spath d’Islande; de là le nom de fer spathique qu’il parte communément. Il est ordinairement mélangé à des carbonates isomorphes de chaux, de magnésie. Ses cristaux sont souvent jaunes, mais parfois bruns et noirs. Il est fréquemment en dissolution dans les eaux minérales qui contiennent en dissolution de l’acide carbonique. Celui qu’on prépare en précipitant une dissolution de sel de protoxyde par le carbohoïiate de soude est une poudre blanche, qui se transforme rapidement au contact de l’air en sesquioxyde de fer hydraté.