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LIV. 11, GH AP. II, OXYDES METALLIQUES

dans l’eau que les précédentes, et forment des hydratés que la chaleur peut décomposer, l’hydrate de baryte excepté; leur réaction alcaline sur le papier de tournesol est également prononcée. Ce groupe comprend la baryte, la strontiane, la chaux.

o° Les bases terreuses. — La solubilité de ces composés dans l’eau est à peu près nulle; ils tirent leurs noms de l’apparence qu’ils présentent lorsqu’ils sont isolés; ils ressemblent alors à une argile blanche et happent comme elle à la langue quand ils sont desséchés. Ce groupe comprend la magnésie, la glucine, et beaucoup d’autres oxydes de métaux rares et peu connus.

4° Les bases métalliques. — On désigne sous ce nom les oxydes salifia— blés des métaux proprement dits, fer, cuivre, mercure, plomb, etc.

592. Oxydes indifférents. — On appelle oxydes indifférents des oxydes qui, tantôt s’unissent aux acides, tantôt s’unissent aux bases, pour former dès sels.

L’alumine, l’oxyde de zinc, le sesquioxyde de chrome sont dans ce cas. On sait que l’alumine forme avec l’acide sulfurique un sel connu sous le nom de sulfate d’alumine ; elle peut également former des combinaisons bien définies avec la potasse, la soude, la baryte, la magnésie, dans lesquelles elle joue évidemment le rôle d’acide.

595. Oxydes acides. — Ce sont des composés doués de la réaction acide au papier de tournesol, quand ils sont solubles, et, dans tous les cas, pouvant toujours s’unir aux bases pour former des sels.

Ce groupe comprend un grand nombre de corps, nous en citerons quelques-uns seulement :

Acide chromique, acide stannique (bioxyde d’étain), acide osmique, acide plombique (bioxyde de plomb).

594. Oxydes singuliers. — Ces composés ne se combinent jamais avec les acides ni avec les bases ; ordinairement ils se transforment en bases quand on leur enlève de l’oxygène, et en acides quand on leur en ajoute.

Exemple : bioxyde de manganèse, bioxyde de baryum. Ces deux oxydes, traités par l’acide sulfurique, dégagent de F oxygène et donnent alors des sulfates de baryte et de manganèse. Le bioxyde de manganèse, chauffé avec de la potasse et de l’azotate de potasse (qui peut fournir de l’oxygène), se transforme en acide manganique (MnO5). C’est de cette manière que l’on obtient le manganate vert dépotasse.

595. Oxydes salins. — On peut les considérer comme des sels dans lesquels un oxyde métallique joue le rôle d’acide, et un autre oxyde

joue le rôle de base. Ce dernier appartient toujours à la classe des bases salifiables.

L’oxyde rouge de manganèse, l’oyde magnétique de fer, le rubis spinclle, le minium appartiennent à cette classe.

Le rubis spinelle a pour formule Mg0,Al205 ; il ne peut évidemment y avoir de doute sur sa composition, puisque la magnésie et F alumine sont les seuls Oxydes du magnésium. et de F aluminium. L’oxyde magnétique de fer, dont la composition est représentée par la formule Fe30\ devra alors être envisagé comme résultant de l’union du sesquioxyde de fer avec le protoxyde, et l’on devra écrire sa formule FeO,Fe203 ; l’isomorphisme complet de l’alumine et du sesquioxyde de fer, d’une part, du protoxyde de fer et de la magnésie de l’autre, l’identité des formes cristallines du rubis spinelle et du fer magnétique, rendent cette hypothèse incontestable.

Des raisons du même genre ont fait attribuer à l’oxyde rouge de manganèse (Mn304) la formule MnO,Mn*03, au minium (Pb304) la formule 2Pb0,Pb02.

590. Préparation «les oxydes. — On peut préparer les oxydes par un grand nombre de procédés; nous nous bornerons à énoncer les plus généraux ou ceux qui se présentent Le plus naturellement à l’esprit.

1° Oxydation du métal au contact de l'air. — Ce procédé si direct d’obtenir les oxydes ne s’emploie néanmoins que pour quelques métaux. On prépare ainsi l’oxyde noir de cuivre, utilisé dans l’analyse organique, et les oxydes de plomb (massicot, minium), l’oxyde de zinc ou blanc de zinci

2° Calcination des sels. — • Ordinairement, on prépare les oxydes par la calcination de leurs sels ; on peut employer dans ce but les carbonates, les sulfates et les azotates, décomposables par la chaleur* Les carbonates donneront en général un oxyde léger, mais qui peut retenir un peu du carbonate alcalin employé à précipiter le carbonate métallique ; les sulfates ont l’inconvénient de donner des oxydes qui retiennent généralement un peu de soufre; les azotates donnent' un oxyde dense, compacte et parfaitement pur, quand le sel est bien préparé. On emploiera donc de préférence les azotates pour la préparation des oxydes, d’autant plus que ce procédé s’applique à tous les oxydes, les alcalis excep lés.

5° Par précipitation. — Si l’on veut préparer un oxyde insoluble dans l’eau, du sesquioxyde de 1er par exemple, il suffira de verser dans une dissolution d’un sel de cet oxyde une dissolution d’ammoniaque ; le pré-

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cipité, convenablement lavé, donnera du sesquioxyde de 1er hydraté. On le calcine, si on veut l’avoir anhydre. Ce procédé est applicable à la préparation de la plupart des oxydes métalliques et des terres.

État naturel. — On trouve mi grand nombre d’oxydes cristallisés dans la nature ; nous nous contenterons d’indiquer ici les principaux, en renvoyant le lecteur, pour plus de détails, aux traités de minéralogie ; ce sont les oxydes de fer (fer oligiste, Fe2û3, le fer aimant, Fe304, la limonite ou sesquioxyde de fer hydraté) ; les oxydes de manganèse (pyrolusite ou bioxyde de manganèse, MnO2), l’acerdèse (sesquioxyde hydraté, etc.); le corindon ou alumine cristallisée, A1203, la cassitérite ou bioxyde d’étain, SnO2.

597. Reproduction artificielle des oxydes cristallisés. — Oll est

parvenu à reproduire la plupart des oxydes naturels, avec leur forme cristalline, en employant divers procédés.

1° Action de la vapeur d'eau sur les chlorures. — Gay-Lussac, en décqmposant le chlorure de fer par la vapeur d’eau, a obtenu le fer oligiste, Fe203. Ce procédé a été généralisé par divers expérimentateurs ; il a permis d’obtenir l’oxyde rouge de manganèse (Mn30v), l’oxyde d’étain (SnO2).

2° Méthode d’Ebelmen. — Nous avons déjà vu (8) qu’elle consiste à dissoudre les oxydes simples ou composés qu’on veut obtenir en cristaux, dans de l’acide borique fondu contenu dans un vase de platine ; en faisant évapprer cet acide dans un four à porcelaine, on obtient l’alumine cristallisée (corindon), le rubis spinelle (Al203,Mg0), le cymophane (Al203,G10), etc.

Ge procédé peut également s’appliquer avec succès à la reproduction des silicates et de toutes combinaisons de matières Fixes.

o° Méthode de MM. IL Sainte-Claire Deville et Caron. — En chauffant des fluorures métalliques dans un creuset de charbon à la partie supérieure duquel se trouve une petite capsule de platine contenant de l’acide borique, on reproduit un certain nombre d’oxydes cristallisés. A une température élevée, les vapeurs d’acide borique et de fluorure réagissent et donnent du fluorure de bore volatil et de l’oxyde bien cristallisé. On a reproduit de cette manière les corindons diversement colorés, la glucine, etc.

Cette méthode remarquable peut également s’appliquer à la reproduction des silicates, en remplaçant l’acide borique par l’acide silicique.

A côté de ces méthodes, il en est de plus particulières qui permettent

également d’obtenir des oxydes cristallisés. Ainsi, M. Gaudin a obtenu du corindon en cristaux assez volumineux, en calcinant fortement un mélange d’alun et de charbon. J’ai fait voir que la décomposition des sulfates, retardée par la présence des sulfates alcalins, donnait des oxydes cristallisés (glucine, magnésie, oxyde rouge de manganèse, oxyde de nickel), et que la calcination des phosphates d’alumine, de fer et d’urane, en présence du sulfate du soude en excès, donne également le corindon, AP0% le fer aimant, Fe50\ et l’oxyde d’urane, U504, cristallisés.

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