LIY. III, CI1AP. XI, RÉSIDUS DE MANGANÈSE
fond sans décomposition s’il est chauffé à l’abri du contact de l’air ou mieux dans un courant d’acide chlorhydrique.
Comme le chlorure de magnésium, il forme avec le chlorure d’ammonium un sel double,
MnCl + AzII4Cl,
que l’ammoniaque ne précipite pas.
1151. Utilisation des résidus de manganèse. — Le chlorure de manganèse a peu d’usages, il sert dans la teinture pour produire la couleur solitaire ; les résidus de la préparation du chlore deviennent donc très-encombrants pour les usines de produits chimiques, qui ne peuvent pas s’en débarrasser en les jetant dans les rivières. Nous avons vu comment M. Kuhlmann les utilise pour la préparation des sels de baryte (940). A Dieuze, on décompose ces chlorures, saturés d’abord par la chaux, par le mélange de sulfures et d’hyposulfites que donne l’oxydation à l’air des marcs de soude. 11 se forme du sulfure de manganèse mélangé de soufre, que l’on grille comme les pyrites pour en obtenir de l’acide sulfureux. Il reste un résidu d’oxyde et de sulfate de manganèse, qu’on mélange avec de l’azotate de soude. En chauffant ce mélange on obtient des vapeurs nitreuses que l’on envoie dans les chambres de plomb, du sulfate de soude et de l’oxyde de manganèse, faciles à séparer par des lavages pour les livrer au commerce. L’oxyde de manganèse est livré aux verreries.
On a essayé divers procédés pour régénérer le bioxyde de manganèse des résidus de chlore, sans beaucoup de succès; cependant quelques usines d’Angleterre utilisent pour cette révivification deux procédés dont nous ferons connaître le principe.
1° Procédé de Dunlop. — Les résidus recueillis dans un grand réservoir, et convenablement clarifiés par ic repos, sont saturés par du carbonate de chaux qui précipite le peroxyde de fer, la silice et l’alumine.
Le mélange de chlorure de manganèse et de calcium, bien éclairci, est introduit dans de grandes chaudières avec de la craie, où on le soumet à l’action d’une température élevée (correspondant à 5 ou 4 atmosphères de pression). Des agitateurs spéciaux remuent constamment le mélange. Au bout de quelques heures, tout le manganèse est transformé en carbonate de manganèse, qu’on lave pour le séparer du chlorure de calcium, et qu’on calcine* ensuite vers 500°. Il se forme un oxyde de manganèse inférieur au bioxyde, qui ne correspond d’ordinaire qu’à 60 ou 70 p. 100 de ce dernier.
Ce procédé a E inconvénient d’exiger des appareils coûteux et une grande dépense de combustible.
2° Procédé de Walter Weldon. — On précipite le chlorure de manganèse par un excès de chaux, et l’on oxyde le mélange de protoxyde de manganèse et de chaux, maintenu à 50 ou 60°, par un courant d’air; il se forme alors, non plus du sesquioxyde, mais bien une combinaison de chaux et d’oxydes supérieurs du manganèse, correspondant à peu près à la formule Ca0,Mn02. Ce produit est une poudre noire, trèsdivisée, qui se dissout facilement dans l’acide chlorhydrique et le sature presque totalement, ce qui n’a pas lieu avec les oxydes naturels. 11 en résulte unevéritable économie dans l’emploi dans l’acide chlorhydrique.
Sesquiehlorure et bichlorure de manganèse.
1 152. En dissolvant le sesquioxyde de manganèse hydraté dans l’acide chlorhydrique, il se forme une liqueur brunâtre qui répand l’odeur du chlore et qu’une faible élévation de température transforme en chlorure manganeux. Il est probable qu’il se produit dans cette circonstance un sesquiehlorure peu stable.
Nicklès a même obtenu un bichlorure de manganèse en combinaison avec l’éther, en faisant arriver un courant de gaz chlorhydrique sec dans l’éther tenant en suspension du bioxyde de manganèse, et refroidi à zéro. C’est un produit vert, soluble dans l’éther, insoluble dans le sulfure de carbone, très-peu stable.