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LIV. III, CHAP. XIV, OXYDE DE ZINC

Il faut éviter avec soin l’usage de vases de zinc pour les préparations culinaires, à cause de la facilité avec laquelle les acides les plus faibles attaquent ce métal, en donnant des sels vénéneux et qui ont déjà été la cause de nombreux accidents.

Oxyde de zinc, ZnO = 41.

1229. Préparation. — On le prépare ordinairement en calcinant le carbonate basique de zinc obtenu en mélangeant à chaud deux dissolutions de sulfate de zinc pur et de carbonate de soude. Le carbonate de zinc peut contenir un peu de carbonate de soude que l’eau ne peut lui enlever; mais, en lavant l’oxyde provenant de sa calcination, on dissout facilement tout l’alcali retenu par le carbonate.

La calcination de l’azotate de zinc donne de l’oxyde de zinc beaucoup plus compacte. Enfin on obtient aujourd’hui des quantités considérables de cet oxyde, à l’état de flocons légers d’une grande blancheur, en distillant le zinc du commerce dans des cornues en terre et brûlant la vapeur dans un courant d’air qui transporte l’oxyde dans des chambres où il se dépose.

1250. Propriétés. — L’oxyde de zinc est blanc à la température ordinaire ; chauffé, il devient jaune, et perd cette couleur quand on le refroidit. Il est infusible et fixe. Le charbon le réduit au rouge; l’hydrogène peut également le réduire, mais beaucoup plus difficilement. Aussi, quand on fait passer sur de l’oxyde de zinc fortement chauffé dans un tube un courant lent d’hydrogène, on trouve dans la partie antérieure du tube de beaux cristaux d’oxyde qui semblent avoir été sublimés1; on ne trouve d’ailleurs aucune trace de zinc réduit ; mais, si le courant est rapide, la presque totalité du zinc est réduite, et l’on ne trouve plus que très-peu d’oxyde de zinc. Ce fait, constaté par M. II. Sainte-Claire Deville, tient à ce que le zinc provenant de la réduction de l’oxyde entraîné par le courant de vapeur d’eau décompose celle-ci à son tour un peu plus loin ; quand le courant est rapide, le métal se trouve entraîné presque totalement dans des parties du tube où la température n’est plus suffisante pour la décomposition de l’eau.

* L’oxyde de zinc est une base puissante, isomorphe de la magnésie;

1 L’oxyde de zinc et beaucoup d’autres oxydes, sont ■vraisemblablement volatils à des températures très-élevées. D’après les expériences de M. Sidot, l’oxyde de cadmium et de zinc chauffés au rouge blanc dans un tube de porcelaine traversé par un courant d’oxygène se transforment en matières cristallines qui sont transportées dans le tube.

toutefois, ce corps n’absorbe point l’acide carbonique de l’air quand il a été calciné ; mais son hydrate, qu’on peut obtenir en précipitant un sel de zinc par une quantité convenable de potasse, s’y combine avec facilité. 11 s’unit aux bases et même aux oxydes indifférents, tels que l’alumine. Aussi, quand on précipite un sel de zinc par un excès de potasse, de soude ou d’ammoniaque, on voit l’oxyde, un instant précipité, se redissoudre rapidement dans un excès de réactif. Si l’on ajoute à une dissolution d’oxyde de zinc dans l’ammoniaque une dissolution d’alumine dans la potasse, il se précipite une combinaison des deux oxydes, soluble dans un excès d’alcali. On trouve, d’ailleurs, dans la nature un composé d’alumine et d’oxyde de zinc, Zn0,AP03, analogue au rubis spinelle et cristallisé comme lui en octaèdres réguliers.

On obtient aussi l’hydrate de zinc (ZnO,HO) cristallisé, en fixant du zinc à un morceau de fer et laissant le tout pendant quelque temps dans l’ammoniaque caustique ; il se dégage de l’hydrogène par suite de la décomposition de l’eau, et il se produit des cristaux transparents d’oxyde appartenant au système du prisme rhomboïdal droit, qui se déposent sur le zinc et sur les parois du vase.

1251. Usager. — L’oxyde de zinc obtenu par la combustion du zinc s’emploie dans la peinture. Cet oxyde remplace la céruse avec avantage, parce qu’il ne noircit pas, comme cette substance, sous l’influence des émanations sulfureuses. Cette différence tient à la propriété du zinc de donner un sulfure blanc, tandis que le sulfure de plomb est noir.

Pour cet usage, l’oxyde de zinc est délayé dans de l’huile, qu’on rend siccative en la faisant chauffer avec le bioxyde de manganèse ou en la mélangeant avec des sels de manganèse dont le sulfure est peu coloré. La peinture au blanc de zinc peut remplacer la peinture à la céruse dans l’intérieur des bâtiments ou pour les travaux artistiques ; mais, si on l’expose au soleil ou à l’humidité, elle paraît inférieure à l’ancienne peinture.

Cette nouvelle industrie, récemment fondée par M. Leclaire, a pris une extension considérable; elle consomme annuellement plus de 6 millions de kilogrammes de blanc de zinc.

L’oxyde sert également à produire une nouvelle peinture sans huile, ni essence, dont la découverte est due à M. Sorel. On délaye du blanc de zinc, au moment de s’en servir, dans une solution de chlorure de zinc à «58° de Baumé, additionnée d’un peu de carbonate de soude, de manière à former une peinture de consistance ordinaire, que l’on peut appliquer sur le bois, le fer et la toile. On obtient ainsi un oxychlorure

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