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OXYDES D’ÉTAIN

On connaît deux oxydes d'étain : le protoxyde, SnÜ, base faible et peu importante, et le bioxyde, SnO2, (acide stannique et mélastannique.)

Proloxyde, SnO.

1279. Préparation et propriétés. — On traite la dissolution de protochlorure d’étain par un carbonate alcalin ; il se dégage de l’acide carbonique et il se précipite de l’hydrate de protoxyde d’étain blanc, que l’on calcine à l’abri du contact de l’air. On obtient ainsi l’oxyde anhydre sous forme de poudre lourde (D = 6,7), d’un violet noir, aussi combustible que l’amadou et qui donne, en brûlant, de l’acide stannique blanc. C’est une base faible ; c’est ce qui résulte, d’ailleurs, du mode de préparation de l’hydrate au moyen des carbonates alcalins.

L’hydrate d’oxyde d’étain joue également le rôle d’acide, il se dissout dans la potasse et dans la soude; mais, si l’on évapore cette dissolution à un certain point de concentration, elle laisse précipiter du protoxyde anhydre en cristaux noirs assez volumineux. Toutefois, si la potasse est en grand excès, le protoxyde peut être décomposé en acide stannique, qui se combine à la potasse, et en étain métallique, qui se précipite sous forme de poudre noire.

Le protoxyde d’étain anhydre présente des propriétés physiques différentes, suivant son mode de préparation. Celui qui se dépose de la dissolution de l’hydrate dans la potasse est en cristaux noirs; on obtient la même variété en faisant bouillir l’hydrate de protoxyde avec une eau légèrement alcaline , en quantité insuffisante pour le dissoudre. Ce même hydrate, bouilli avec l’ammoniaque, donne des cristaux anhydres de couleur olive; mais, si, après avoir fait bouillir l’hydrate obtenu par la précipitation du chlorure par l’ammoniaque, avec un excès de réactif, on le dessèche à une douce chaleur avec le sel ammoniac formé dans la réaction, on voit cet hydrate blanc se transformer en un corps d’une belle couleur rouge. Cet oxyde, frotté avec un corps dur, se transforme en oxyde olive, identique à celui qu’on obtient par l’ébullition avec l’ammon.aque. C’est, d’ailleurs, la modification la plus stable du protoxyde, car 1 oxyde noir, chauffé à 250°, éprouve une espèce de décrépitation, et chaque cristal se transforme en une infinité de lamelles de couleur olive.

Bioxyde d’étain.

1280. Oxyde hydraté. — On admet ordinairement l’existence de deux acides stanniques hydratés de propriétés physiques semblables, mais doués de propriétés chimiques différentes. J/un, l’acide stannique, s’obtient en décomposant le bichlorure d’étain par l’ammoniaque ou le carbonate de chaux ; l’autre, l’acide métastannique, résulte de l’action de l’acide azotique concentré sur l’étain.

1281. Acide stannique. — L’acide stannique est une masse gélatineuse blanche, soluble, quand elle est récemment précipitée, dans les acides concentrés, dans la potasse étendue et dans l’ammoniaque. La dessiccation le transforme en acide métastannique, cette transformation s’effectue même à la longue au contact de l’eau ; à 140° elle est immédiatement complète.

1282. Acide métastannique. — L’acide métastannique est insoluble dans l’acide azotique et dans les autres acides étendus. Gependan l’acide sulfurique le dissout et le laisse précipiter à l’ébullition. L’ammoniaque et les alcalis étendus sont sans action sur lui. Il diffère surtout du précédent en ce qu’il donne des sels dont la formule est MO,4HO,Sn5Ol°, tandis que les sels formés par l’acide stannique ont pour formule M0,Sn02. Ces deux acides diffèrent donc entre eux autant que l’acide hyposulfureux et l’acide pentathionique, quoiqu’ils aient comme ceux-ci la même composition centésimale.

On passe d’ailleurs facilement d’une modification à l’autre; ainsi les métastannates bouillis avec un excès de potasse se transforment en stannates. Un stannate neutre fortement chauffé se transforme en métastannate plus stable et en alcali.

L’action de l’acide azotique à 52° sur l’étain, donne à froid un bioxyde, soluble comme l’acide stannique dans l’acide azotique et dans une eau légèrement ammoniacale; il est donc probable que les propriétés différentes des deux modifications du bioxyde d’étain tiennent à la température différente à laquelle ils sont obtenus.

1283. Acide stannique colloïdal. — Lorsqu’on soumet à la dialyse une solution de chlorure stannique, additionnée de potasse* on obtient une gelée incolore d’acide stannique coagulée par la petite quantité d’alcali qui a traversé le dialyseur. Cette gelée, dialysée de nouveau avec quelques gouttes de teinture d’iode qui agit sur la potasse pour former un iodure et un iodate, donne une dissolution pure d’acide

LIY. 111, CHAP. XVI, STANNATE DE POTASSE, stannique colloïdal, qui se prend en gelée sous l’influence de petites quantités d’acide ou d’alcali.

1284. Oxyde d’étain anhydre. — Les hydrates d’oxyde d’étain desséchés à la température ordinaire retiennent 2 équivalents d’eau et un seul à 100°. La calcination leur enlève complètement cette eau. On obtient encore l’oxyde anhydre par l’oxydation directe de l’étain ou de son protoxyde. Lorsqu’on fait passer un courant d’acide chlorhydrique sur du bioxyde d’étain porté au rouge, celui ci se transforme en cristaux identiques à ceux de la cassitérite (oxyde d’étain naturel cristallisé en prismes à base carrée) (H. Sainte-Claire Deville). La décomposition du bichlorure d’étain par la vapeur d’eau au rouge a donné à M. Daubrée une autre forme cristalline de l’oxyde d’étain (Prisme rhomboïdal droit). Dans ces deux formes, l’oxyde d'étain est isodimorphe de l’oxyde de titane. La cassitérite est isomorphe du rutile ; la seconde forme correspond à la broockite (1519).

1285. Usages. — L’oxyde d’étain calciné s’emploie pour donner de l’opalescence aux verres, il entre dans la composition des émaux et du vernis de faïence. La potée d'étain , que l’on emploie pour polir les objets fabriqués avec des corps durs, s’obtient en calcinant à l’air de l’étain jusqu’à ce qu’il soit devenu presque blanc, le pulvérisant et le lavant par décantation pour obtenir les parties les plus tenues et le séparer des particules métalliques. Le plus souvent on calcine un alliage d’étain et de plomb, plus facile à oxyder.

STANNATES.

1286. stannate de potasse K0,Sn02,5H0. — - On l’obtient en dissolvant. l’acide stannique dans la potasse ou bien en ajoutant peu à peu 50 grammes d’acide métastannique dans 80 grammes de potasse fondue dans un creuset d’argent. On reconnaît que le métastannate qui se forme d’abord s’est transformé en stannate, lorsque le sel dissous dans l’eau et décomposé par l’acide azotique, donne un précipité qui se redissout dans im excès d’acide. On reprend alors la masse par une petite quantité d’eau et on l’évapore dans le vide, elle donne alors au bout de quelques jours de beaux cristaux rhomboédriques de stannate de potasse, à facettes courbes, et souvent maclés. Il retient 5 équivalents d’eau ; 100 parties’ à 20° ën dissolvent 110 parties environ, il est insoluble dans l’alcool. C’est un sel très-caustique et très-alcalin qui paraît se transformer à la longue en métastannate.

1287. stannate de soude Na0,Sn02,5H0. — On l’obtient comme lo précédent, avec lequel il est isomorphe d’après M. Marignac ; il cristallise à chaud en lames hexagonales, un peu plus solubles à froid qu’à chaud ; 100 parties d’eau à0° en dissolvent 67 p. 4, et 61,5 à 20° ; il est insoluble dans l’alcool. La dissolution de ce sel évaporée à froid, donne un sel à 8 équivalents d'eau, qui se transforme à la longue en un métastannate. Ce sel est employé dans l’impression des toiles peintes comme mordant pour les couleurs-vapeur ; on le prépare à cet effet en traitant l’étain par une lessive bouillante de soude, à laquelle on ajoute un peu d’azotite de soude (Robert et Dale).

On obtient la plupart des autres stannates qui sont insolubles, par double décomposition au moyen des précédents.

1288. Pinek-coiour. — C’est un stannate de chrome et de chaux, de couleur rose, employé dans la peinture de la faïence et donnant après la cuisson une couleur rouge de sang. On l’obtient en calcinânt au rouge un mélange de 100 parties d’acide métastannique, de 50 parties de craie, de 5 à 4 parties de chromate de potasse, que l’on peut remplacer par 1 à 1 partie 1/2 d’oxyde de chrome. On ajoute au mélange 5 parties de silice et 1 partie d’alumine, et on chauffe le tout au rouge, durant plusieurs heures. La masse refroidie est d’une couleur rouge sale, elle devient d’un beau rose, lorsqu’on la lave avec de l’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique.

Un mélange intime de 100 parlies d’acide stannique et de 2 parties de sesquioxyde de chrome, calciné à une très-haute température, donne une laque minérale d’une belle couleur lilas, qui peut être employée à la coloration des papiers peints et de la faïence et même dans la peinture à l’huile, car elle a l’avantage de résister complètement à l’action des agents atmosphériques et de la lumière (Malagulti).

MÉTASTANNATES.

1 280. Mctastannate «le potasse K0,4H0,Sn5010. — On 1 obtient en dissolvant à froid de l’acide métastannique dans la potasse; comme il est insoluble dans une solution concentrée de potasse, on le précipite de sa dissolution en y ajoutant quelques morceaux de potasse solide; on obtient ainsi une masse gommeuse que l’on dessèche sur une plaque de porcelaine dégourdie.

1290. Méiastannate de soude Na0,4H0,Sn°0l(L — Sel blanc, cristallin, insoluble comme le premier dans un excès de soude. On le prépare

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