ALLIAGES DE L* ÉTAIN
Ces alliages sont nombreux. Les plus importants sont ceux qu’il forme avec le cuivre ; nous les étudierons plus tard ; nous ne nous occuperons ici que du fer-blanc.
1314. Fer-blanc. — Le fer-blanc est de la tôle de fer revêtue d’une
1 Nous reviendrons sur ce composé au chapitre de l’or.
couche d’étain, que l’on prépare de la manière suivante : les feuilles de tôle, passées au laminoir, sont décapées et séchées dans des caisses où l’on vaporise du sel ammoniac, destiné à préserver le métal chauffé de l’oxydation. On plonge ensuite ces lames dans un bain de suif fondu, puis dans un bain d’étain ; il se fait alors à la surface du fer un alliage superficiel de fer et d’étain, recouvert d’une couche irrégulière d’étain. On enlève une portion de ce métal en les plongeant de nouveau dans un bain d’étain très-pur, où la surface perd ses aspérités, puis dans un bain de suif ; il ne reste plus qu’à les nettoyer avec du son.
Le fer-blanc a l’aspect de l’étain ; il conserve mieux son éclat à l’air que l’élain lui-même, à moins que certaines portions du fer ne se trouvent à nu, car alors le fer en présence de l’étain se rouille plus facilement que le fer pur. Quand on décape sa surface par les acides1, on dissout les cristaux très-fins de la couche superficielle, et l’on fait apparaître ceux qui sont dans la profondeur. Ces cristaux produisent des dessins chatoyants d’un effet agréable. C’est ainsi que l’on prépare le moiré , qui a été, vers 1820, l’objet d’une industrie assez considérable, disparue de nos jours, où l’on ne fait plus guère de moiré que dans les cours de chimie, pour mettre en évidence la cristallisation de l’étain.