TITANE
L’oxyde de titane constitue plusieurs minéraux, dont le plus important est le rutile, qui est de l’acide titanique presque pur; le fer titane est un titanate ferreux mélangé de sesquioxyde de fer, ou peut être même, un mélange de sesquioxydes de fer et de titane isomorphes.
C’est en analysant un sable noir de Ménachan, principalement formé de fer titané, qu’un chimiste anglais, W. Gregor, découvrit le titane en 1791. Il donna au minerai le nom de ménachanite, et au métal le nom de Ménachin. En 1794, Klaproth, en examinant le rutile, le reconnut comme un oxyde nouveau dont il appela le métal titane. Plus tard, Gregor reconnut l’identité des deux substances.
En 1822, on trouva dans une usine à fer de Merthyr-Tydwill, en An-
1 L’acide dont on se sert pour le moiré est une eau régale composée de 2 parties d'acide azotique, 3 d’acide chlorhydrique et 8 d’eau. On chauffe légèrement la feuille, et, avec une éponge, on étale également l’acide sur sa surface. On voit alors la cristallisation apparaître ; dès qu’on la juge convenable, on plonge la feuille dans l’eau, et on l’essuie doucement, pour ne pas rayer les cristaux.
Ll V. III, CHAP. XVI, OXYDES DE TITANE.
gleterre, au milieu de scories ferrugineuses rassemblées dans le cendrier d’un haut-fourneau, de petits cristaux cubiques, rouges et brillants que l’on prit d'abord pour du sulfure de fer, et que Wollaston crut être du titane pur. Mais Wôhler a fait voir que cette matière, retrouvée depuis dans la cuve de plusieurs hauts-fourneaux, en quantité parfois assez considérable, puisqu’un seul haut-fourneau de Hartz en a fourni une masse de 40 kilogrammes, est en réalité une combinaison de cyanure et d’azoture de titane TiC2Az -+- 3(Ti3Az).
1315. Préparation et propriétés. — Berzelius l’a obtenu en décomposant le fluorure de titane et de potassium (KFl-f-TiFl2) par le potassium. La réaction est accompagnée d’un vif dégagement de chaleur et de lumière. En reprenant par l’eau la masse refroidie, le fluorure de potassium se dissout et laisse une poudre grise, composée de globules microscopiques de métal.
Le titane brûle vivement à l’air, sa combustion dans l’oxygène est accompagnée d’une lumière éblouissante ; il décompose faiblement l’eau à 100°, très-rapidement au rouge. Il s’unit directement à l’azote de l’air, c’est pour cela qu’il est difficile d’obtenir du titane parfaitement exempt d’azote et dépouillé de la couleur rouge de ses azotures que beaucoup de chimistes ont confondu, comme les cristaux des hautsfourneaux avec le métal pur. (Wôhler et H. Sainte-Claire Deville.)
L’acide chlorhydrique dissout le titane en produisant une solution de protochlorure de titane, le chlore attaque facilement le titane à chaud et donne le bichlorure TiCl2.