CHAPITRE XVIII
VANADIUM
VANADIUM, V= 51,3.
Le vanadium 1 a été découvert, en 1850, par Sefstrôm, dans un fer suédois, remarquable par sa ductilité extraordinaire, qu’on avait extrait de lamine de fer de Taberg (en Smaland). Mais c’est surtout des scories d'affinage de la fonte de fer de Taberg, plus riche en vanadium que le fer lui-même, et qui le contiennent tà l’état d’acide vanadique, que l’on a extrait d’abord le vanadium. Plus tard, Wohler reconnut la présence de ce métal dans un minerai de plomb, découvert en 1801 par del P»io, à Zimapan, au Mexique, et que ce savant et, quelque temps après, Collet-Descotils, avaient pris pour un chromate. Ce minerai, assez rare, constitue la vanadinite, 5(5Pb0,V03) -f-PbCl, isomorphe de l’apatite (976) et du ehlorophosphate de plomb correspondant2. On l’a trouvé depuis dans quelques autres localités, ainsi que d’autres vanadates. On a également trouvé le vanadium dans les schistes cuivreux du Mansfeld, dans la pechblende (minerai noir d’urane), dans certains minerais de fer, et particulièrement dans la bauxite (1022), dans Pargile des environs de Paris. Récemment, M. Roscoë en a constaté la présence dans certains grès duCheshire. Mais il est toujours très-peu abondant dans les nombreuses matières qui le renferment.
11 a été principalement étudié par Berzelius, mais ce que cet illustre chimiste avait pris pour le métal n’est qu’un oxyde de vanadium VO2, qui se comporte, ainsi que l’uranyle, comme un véritable
1 Vanadis est le nom d’une divinité Scandinave.
M. Hautefeuille a reproduit la vanadinite, à l’aide du procédé général imaginé par
MM. 11. Sainte-Claire Deville et Caron (976).
radical. L’acide vanadique de Berzelius Y'O5 est, en réalité, un acide VO5 (V' = YO2), et le chlorure Y'Cl3 un oxychlorure Y02C15. C’est ce qui résulte d’un travail important deM. Roscoë sur les combinaisons du vanadium.
Il a été isolé, pour la première fois, par M. Roscoë.
1358. Préparation et propriétés. — On l’obtient en réduisant le chlorure YC14 (bien exempt d’oxygène) par l’hydrogène ou par le sodium et l’hydrogène. On opère la réduction dans une nacelle de platine, contenue dans un tube de porcelaine, que l’on, chauffe au rouge blanc, pour terminer la réduction qui est très-longue à s’achever. Le tétrachlorure, liquide volatil, se transforme d’abord en trichlorure, solide non volatil dans l’hydrogène et réductible finalement en métal à une température très-élevée. Quand le dégagement d’acide chlorhydrique a cessé, il reste, dans la nacelle, une poudre grisâtre, exempte de chlore, mais qui peut contenir des traces d’oxygène, à cause de la difficulté d’obtenir un chlorure exempt de ce gaz, et parce que, dans une opération de longue durée (plus de 40 heures), il est difficile d’empêcher l’introduction de l’air, par diffusion, dans les appareils.
Le métal, examiné au microscope, est une masse cristalline, ayant l’aspect de l’argent et doué d’un pouvoir réflecteur considérable. Il ne s’altère pas à l’air même à 100°, et ne décompose pas l’eau à cette température. 11 devient incandescent, quand on le chauffe à l’air, en se transformant d’abord en oxydes, brun, noir, bleu, et, finalement, eu acide vanadique. Il brûle très-vivement dans l’oxygène.
Sa densité est de 5,5 à 15°; insoluble dans l’acide chlorhydrique; même à chaud. L’acide sulfurique le dissout à chaud, en donnant, un liquide jaune. L’acide fluorhydrique le dissout lentement avec dégage J ment d’hydrogène. L’acide azotique, même étendu, l’attaque énergiquement, en donnant une solution bleue. Fondu avec les alcalis, il donne un vanadate avec dégagement d’hydrogène. Chauffé dans pu courant de chlore, il se transforme en chlorure YC l 4 ; dans un courant d’azoté, il donne fazolnre VAz.
OXYDES DE VANADIUM.
1 550. On admet l’existence de quatre oxydes de vanadium : le bioxyde YO2 (vanadyle, ancien vanadium); le trioxyde YO? (sous-oxyde de Berzelius); l’oxyde Y'O4 et l’acide vanadique YO5.
C’est probablement le bioxyde YO2 que Berzélius, en réduisant La-