LIV. III, CHAP. XXII, PHOSPHATES DE PLOMB
plomb, 4Pb0,Az03,H0, de telle sorte que les 3 sels, jaune, jaune rouge et rose, peuvent se former simultanément, si l’on opère sans prendre les précautions indiquées plus haut.
L’acide carbonique transforme l’azotite quadribasique en carbonate de plomb et en azotite neutre, PbO,Az03, soluble dans l’eau, que l’on peut obtenir en cristaux par l’évaporation dans le vide (Chevreul, Péligot).
Phosphates de plomb
Le métaphosphate et le pyrophosphate de soude , traités par les sels de plomb, donnent un précipité blanc de métaphosphate ou de pyrophosphate de plomb. Le pyrophosphate desséché à 100° retient un équivalent d’eau ; bouilli avec un excès de pyrophosphate de soude, il donne un sel double (Pb0,Na0,Ph03), d’après Gerhardt.
1468. Phosphates ordinaires. — Le phosphate de soude ordinaire, versé dans une solution neutre d’acétate de plomb, donne un précipité blanc de phosphate tribasique. La liqueur devient acide. Mais si l’on fait bouillir le mélange des solutions de phosphate de soude ordinaire et de chlorure de plomb, il se forme un précipité blanc de phosphate (2Pb0,H0,Ph03)-+-Aq correspondant au phosphate de soude. Le phosphate de plomb est fusible et cristallise d’une manière très-nette quand il se solidifie. Ce caractère sert à caractériser le phosphate de plomb et partant l’acide phosphorique, dans les essais au chalumeau ; on fond sur un charbon et dans la flamme oxydante un peu de ce sel, on obtient ainsi un globule qui se solidifie en un polyèdre bien déterminé.
En chauffant le pyrophosphate de plomb avec de l’eau vers 200°, on obtient de petites aiguilles de phosphate ordinaire 2Pb0,II0,Ph05 (IP. Debray).
1469. €hiorogj>hosphates et Nitrophosphates. — Gerhardt a obtenu des combinaisons de phosphate de plomb ordinaire avec le chlorure et l’azotate de plomb, en faisant bouillir du phosphate de soude avec une dissolution de ces sels de plomb en grand excès. Ces composés ont pour formule :
PbCI-j- (2Pb0,H0)Ph05 et Pb0,Az0s+3Pb0,Ph05.
Le nitrophosphate de plomb se dissout dans l’acide azotique étendu et se dépose de sa dissolution en cristaux.
On obtient encore des nitrophosphates de plomb cristallisés, en mettant une lame de plomb dans une solution nitrique de phosphate de
plomb (Damour), ou en chauffant du pyrophosphate de plomb avec une solution de nitrate de plomb vers 200° (H1 Debray).
Le chlorophosphate de plomb de Gerhardt n’est pas le seul que l’on connaisse. Il en existe un dans la nature (pyromorphite), qui a pour composition PbCl -4-3(3Pb0,Ph05). Il correspond à l’apatite, dont il a la forme cristalline ; on peut d’ailleurs le reproduire par les mêmes procédés. Sa densité est 6,95.
D’après Heintz, le mélange de solutions bouillantes de chlorure de plomb et de phosphate de soude, donnerait naissance à deux chlorophosphates PbCl-f-3(3Pb0,Ph03)-i-H0 et PbCl -b 2 (5PbO,PhOs). Le premier se formant dans un excès de phosphate de soude, le second dans un excès de sel de plomb.
Arséniates de plomb
1470. Quand on verse une solution d’arséniate ordinaire de soude dans une autre solution d’acétate de plomb, on obtient un précipité blanc d’arséniate tribasique de plomb, il reste alors de l’acide acétique libre dans la liqueur. C’est un précipité blanc insoluble dans l’eau, soluble comme les phosphates dans les acides azotique et chlorhydrique ; fusible au rouge, sans décomposition en un vert jaunâtre.
L’arséniate de plomb, combiné au chlorure de plomb, existe dans la nature. C’est la mimétèse , qui cristallise en prismes hexagonaux comme la pyromorphite ou l’apatite dont elle a d’ailleurs la composition PbCl -+- 5 (3PbO, AsO5) .
Carbonate de Plomb
1471. Le carbonate de plomb Pb0,C02 existe dans la nature. On le trouve en cristaux transparents, incolores, très-réfringents, de môme forme que les cristaux d’arragonite (983); celui que l’on obtient en précipitant un sel de plomb par un carbonate alcalin a la même composition, mais il est pulvérulent et amorphe. Le carbonate de plomb du commerce, connu sous le nom de céruse, blanc de plomb, blanc d'argentr est un carbonate basique de plomb, de composition variable, mais ordinairement comprise entre les deux formules Pb0,II0-t-2(Pb0,C02), et PbO, 1IO H- 3(PbO,C02). Tous ces carbonates se décomposent facilement par la chaleur, en dégageant leur acide carbonique, il reste de l’oxyde jaune de plomb; ils sont insolubles dans l’eau, mais l’eau chargée d’acide carbonique en dissout une petite quantité. Bouillis avec delà soude.
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ils lui cèdent leur acide carbonique et donnent de l’oxyde de plomb en cristaux de couleur rouge.
1472. Usages de la ccruse. — La céruse est employée dans la peinture, parce qu’elle fournit une couleur d’un blanc très-pur et très-opaque. Il suffit d’une faible épaisseur de peinture à la céruse pour masquer complètement la couleur de l’objet recouvert ; c’est ce que l’on entend lorsqu’on dit que la céruse couvre beaucoup. Le blanc de zinc ne présente pas cette propriété au môme degré. La céruse enlève, en outre, à l’huile, sa couleur jaunâtre ; aussi la mélange-t-on à presque toutes les substances employées dans la peinture à l’huile. Mais elle a l’inconvénient de tous les sels de plomb, elle noircit sous l’influence de l’acide sulfhydrique ; sa préparation et son maniement nécessitent de grandes précautions, soigneusement prises dans les usines actuelles, car l’absorption des poussières plombifères produit des accidents graves, connus sous le nom de coliques de plomb.
1475. Préparation industrielle de la céruse. — On prépare actuellement la céruse par trois procédés bien différents par le mode d’opérer, quoique des réactions semblables se produisent dans tous les trois.
1° Procédé de Clichig. — On fait arriver un courant d’acide carbonique dans une dissolution d’acétate tribasique de plomb ; il se produit de la céruse qui se précipite dans une liqueur ne contenant plus que de l’acétate neutre de plomb; on lave le carbonate et on le sèche à basse température ; cette dissolution, mise en digestion avec de la litharge, reproduit de l’acétate tribasique de plomb, qui sert à une nouvelle opération.
L’acétate neutre de plomb n’est donc qu’un intermédiaire qui permet de transformer facilement la litharge en carbonate de plomb; aussi ne s’en perd-il dans l’opération que la petite quantité retenue par la céruse ou contenue dans les eaux de lavage. Ce remarquable procédé a été imaginé par Thénard et mis en œuvre par Roard à l’usine de Clichy; à l’origine, l’acide carbonique était produit par la combustion du charbon; mais aujourd’hui, d’après les indications de M. Dumas, on le prépare par la calcination de la craie, qui donne en même temps un résidu utilisable de chaux grasse.
2° Procédé anglais. — On mélange, dans des auges en schiste, de la litharge broyée avec 1 p. 100 d’acétate de plomb dissous; on y fait passer un courant d’acide carbonique provenant de la combustion du coke ou de la calcination de la craie, en agitant le mélange pour faciliter la réaction. Ce procédé ne diffère du précédent qu’en ce que, les
réactions qu’on produit séparément à Clichy pour transformer l’acétate neutre en acétate tribasique et celui-ci en céruse et acétate neutre par l’acide carbonique, se produisent ici simultanément.
3° Procédé hollandais. — On donne ce nom à un procédé qui nous est venu de la Hollande et qu’on suit aujourd’hui dans beaucoup de pays. On introduit des lames de plomb contournées en spirale ou des grilles de ce métal dans des pots présentant un rebord sur lequel repose le plomb ; le fond du vase est recouvert de vinaigre de mauvaise qualité (fig. 162).
Les pots ainsi disposés sont placés par étages dans une fosse (fig. 163), où on les fait reposer sur des couches alternatives de fumier de cheval, en ayant soin de ménager la circulation de l’air dans la masse. On opère ainsi sur 9 à 10,000 kilogrammes de plomb, à la fois. Au bout de trente à trente-cinq jours, le plomb se trouve en partie transformé en carbonate ; on le détache facilement du métal et on le réduit en poudre. Voici la théorie de cette opération. La fermentation du fumier développe de la chaleur, en môme temps qu’elle produit de l’acide carbonique; la chaleur a pour effet de volatiliser de l’acide acétique, de sorte que leslames de plomb, soumises à la double influence de l’air et de la vapeur acide, se recouvrent d’acétate neutre et d’acétate tribasique, que l’acide carbonique transforme progressivement en céruse.
La céruse obtenue par le procédé hollandais est moins blanche que la céruse de Clichy, parce qu’elle contient souvent une trace de sulfure de