LIV. III, CIIAP. XXII, SILICATES DE PLOMB
plomb, par suite du dégagement de gaz sulfhvdrique qui s’opère dans la fermentation du fumier; mais, pour cette raison, elle est plus opaque et couvre mieux.
Borates de plomb
1474. Lorsqu’on précipite une solution bouillante d’azotate de plomb par un excès de borax, on obtient un précipité blanc de sesquiborate 2Pb0,H0,3Bo03-b3II0 ; ce sel mis en digestion avec l’ammoniaque concentrée, se transforme en une poudre cristalline pesante, soluble dans l’acide azotique et l’acide acétique étendu de borate neutre hydraté PbO,Bo03-|-Aq. Au contact d’une dissolution d’acide borique, les sels précédents se transforment en biborate PbO,110,2Bo03-}-Aq.
L’eau froide et surtout l’eau bouillante décomposent ces sels en leur enlevant de l’acide borique ; II. Rose a décrit un grand nombre de borates basiques, qui ne sont probablement que des mélanges analogues à ceux que fournit l’azotate de bismuth dans les memes circonstances, quand on n’atteint pas le ferme de la décomposition finale.
Tous ces borates perdent leur eau d’hydratation quand on les chauffe, et fondent à une température plus ou moins élevée. Faraday, qui a étudié avec soin ces borates anhydres, a constaté que le borate neutre (Pb0,Bo03) constitue un verre jaune, très-dense (D = 6,4), qui se ramollit dans l’huile bouillante. Il peut fondre dans un tube de verre. Le biborate est plus dur et moins coloré ; le triborate a la dureté du flinî et une réfringence plus considérable.
Hérapath a fait connaître un nitro et un chloroborate de plomb (analogues au nitro et au chlorophosphate de plomb). On obtient le nitrophosphate en dissolvant dans l’acide nitrique un borate de plomb ; par une concentration convenable , il se dépose des cristaux brillants qui perdent leur eau de cristallisation à 120° en devenant opaques. Leur composition est représentée par la formule Pb0,Az034- PbO, Bo03-bH0. Le chloroborate (PbCl -f-Pb0,BoO3 -+-HO) s’obtient en mélangeant des solutions bouillantes et concentrées de borax et de chlorure de plomb, en aiguilles microscopiques que l’eau bouillante décompose.
Silicates de plomb
1475. La silice se combine facilement à l’oxyde de plomb, en donnant des verres colorés et très-fusibles quand ils contiennent beaucoup de
litharge; incolores et durs quand ils contiennent un excès de silice. Ces silicates entrent dans la composition du cristal, du strass, du flintglass; ils constituent la couverte des faïences et des poteries communes. Nous étudierons ces produits ainsi que les borosilicates, dans le chapitre consacré aux verres et aux poteries.
Chromâtes de plomb
1476. On trouve dans la nature du cliromate basique de plomb 2Pb0,Cr03 (plomb rouge) en cristaux rouge-orangé. C’est en étudiant ce minéral que Vauquelin découvrit le chrome; le chromate neutre artificiel obtenu en précipitant le chromate neutre de potasse par l’acétate de plomb est une poudre orangée. C’est la belle couleur jaune employée en peinture (jaune de chrome). On emploie aussi dans la peinture à l’huile et dans la fabrication des toiles et des papiers peints un chromate bibasique de plomb d’une couleur qui se rapproche de celle du cinabre. On l’obtient en faisant bouillir dans l’eau 15 parties de chromate jaune de plomb avec deux parties de chaux caustique, préalablement délitée. Il se forme du chromate de chaux soluble et du chromate bibasique de plomb, que l’on calcine dans un creuset jusqu’à ce qu’il ait pris une nuance écarlate.