CUIVRE
CUIVRE, C u=31, 75,
1482. Préparation du enivre pur. — Le cuivre du commerce est rarement pur; il contient le plus souvent des traces de fer, d’étain, d’antimoine, de plomb et même d’argent. On obtient du cuivre chimiquement pur en précipitant ce métal d’une dissolution de sulfate de cuivre bien pur par des lames de fer décapées. On décante ensuite la liqueur et l’on fait digérer le cuivre avec de l’acide chlorhydrique, pour enlever le fer; on lave et, après avoir séché le métal, on le fond avec du horax mélangé d’un peu d’oxyde de cuivre, qui sert à enlever la dernière trace de fer ou d’autre métal qui aurait pu rester dans le cuivre. On obtient au rouge vif un culot recouvert d’une scorie vitreuse, colorée en rouge foncé par du sous-oxyde de cuivre.
La réduction de l’oxyde par l’hydrogène donne aussi du cuivre divisé bien pur; le tube de verre dans lequel on effectue cette réduction se recouvre souvent d'une mince couche de cuivre transparente, qui laisse passer une lumière verte analogue à celle de l’or.
1483. Propriétés physiques. — Le cuivre possède une belle couleur rouge particulière ; il a une odeur et une saveur sensibles et désagréables ; son odeur s’exalte surtout par le frottement. C’est un des métaux les plus malléables (543) : il peut s’étirer en fils très-fins doués d’une grande ténacité (545). Sa densité varie entre 8,85 et 8,952, selon qu’il a été fondu ou travaillé. Il fond vers 1150°, et se vaporise trèslentement en colorant en vert la flamme du foyer. Toutefois, la quantité de matière ainsi volatilisée est assez minime pour qu’ on puisse admettr dans les applications que le cuivre est un métal fixe; en effet, en chauffant ce métal dans un four à porcelaine, pendant un temps très-
long, Berthier a constaté qu’il avait seulement perdu 1/2 pour 100 de son poids.
On obtient le cuivre cristallisé en cubes, en décomposant par un courant peu intense une solution étendue de sulfate de cuivre , ou même en y plongeant un morceau de bois ou un bâton de phosphore qui réduisent lentement l’oxvde de cuivre.
1484. Action des métalloïdes. — Exposé au contact de l’air humide, le cuivre se recouvre d’une couche superficielle d’hydrocarbonate de cuivre vert, qui le protège contre l’oxydation ultérieure ; cette matière, qu’on désigne sous le nom de vert-de-gris 1 , constitue la patine des statues anciennes et d’objets d’arts en cuivre ou en alliages riches en cuivre, qui ont subi l’action du temps.
Le cuivre, chauffé à l’air, brûle avec une extrême facilité et à une température assez basse, en donnant de l’oxyde noir de cuivre, si l’oxygène est en excès, et du sous-oxyde rouge dans le cas contraire ; on comprend alors que si l’on chauffe une barre de cuivre, elle se recouvre d’abord d’une couche rougeâtre de sous-oxyde, qui s’en détache par le choc sous forme d’écailles (battitures de cuivre), tandis que si l’on continue à chauffer, on obtient du protoxyde noir de cuivre.
La plupart des métalloïdes se combinent directement au cuivre, excepté l’azote, l’hydrogène et le carbone.
1485. Action des acides et de l’ammoniaque. — Le Cuivre ne décompose pas l’eau à froid, en présence des acides, ni à une température élevée. On connaît l’action de l’acide azotique sur ce métal (135); l’acide sulfurique l’attaque à chaud, en donnant de l’acide sulfureux et du sulfate de cuivre; l’acide chlorhydrique l’attaque à peine, même à chaud, à moins que l’on n’opère dans des vases de platine.
Sous l’influence des acides les plus faibles, le cuivre absorbe rapidement l’oxygène de l’air. On prépare le sulfate et l’acétate de cuivre en exposant à l’air des lames de cuivre recouvertes d’acide sulfurique ou de vinaigre. Les corps gras acides déterminent aussi une oxydation rapide du cuivre (bougeoirs, chandeliers en alliages riches en cuivre).
Comme tous les sels de cuivre sont vénéneux, on comprend le danger que présente la conservation dans des vases de cuivre, au contact de l’air, des aliments qu’on y a préparés1 2.
1 On donne aussi le nom de vert-de-gris à un acétate basique de cuivre.
2 L’absorption journalière des composés môme insolubles du cuivre finit par produire un empoisonnement. On emploie ordinairement comme contre-poison du cuivre le fer réduit par l’hydrogène, qui ramène le cuivre dissous à l’état de métal, non