LIY. II, CH AP. Y, GÉNÉRALITÉS SUR LES SELS
ractérisées (potasse, soude, etc.), comme les acides sulfurique, pliosphorïque, azotique, etc.
Cette définition du sel, dans l’idée de Lavoisier, 11e s’appliquait qu’aux substances contenant un acide oxygéné et une base oxygénée. On ne savait pas à cette époque que l’arséniate, le tungstate, le molybdate de soude, traités par l’acide sulfliydrique, donnent naissance à des produits différant seulement du sel primitif par le remplacement de l’oxygène par un nombre égal d’équivalents de soufre. Ces nouveaux corps contiennent un sulfure d’arsenic, de tungstène ou de molybdène à réaction acide (sulfacide), qui se trouve combiné au sulfure alcalin de sodium (sulfobase) ; on peut donc leur appliquer la définition de Lavoisier. O11 leur donne le nom de sels ; mais, pour éviter toute confusion, les sels ordinaires sont appelés oxysels , les nouveaux, sulfosels.
On croyait également, à l’époque de Lavoisier, que le prototype du sel, le sel marin, contenait de l’acide chlorhydrique (qu’on supposait oxygéné) et de la soude, tandis qu’il n’est, formé que de chlore et de sodium. Le sel marin et tous les corps de composition analogue (chlorures, bromures, iodures) ne sont pas des sels, d’après la définition de Lavoisier, malgré les ressemblances nombreuses qu’ils présentent dans leurs réactions avec les sels proprement dits, lorsqu’ils sont en présence de l’eau.
Nous devons ajouter que la définition de Lavoisier n’est plus admise aujourd’hui par tous les chimistes; nous l’adopterons néanmoins dans cet ouvrage, à raison de sa simplicité.
629. Propriétés physiques. État et densité. — TOUS les sels SOllt solides et plus pesants que l’eau.
60O. Couleur. — Leur couleur est variable; un même sel peut avoii* uhe couleur différente, suivant qu’il est anhydre ou hydraté ; le sulfate de cuivre sec est incolore ; mis au contact de l’eau, il reprend sa couleur en s’hydratant. Ampère a fait remarquer que les métaux fusibles donnaient des sels incolores, tandis que les dissolutions des sels des métaux peu fusibles (l’or et le cuivre étant considérés comme les plus fusibles de cette classe) sont colorés. Il est bien entendu que l’on suppose l’acide du sel incolore, car on sait que les acides colorés (acide chromique, manganique, etc.) donnent des sels colorés avec tous les oxydes.
11 est important de connaître la couleur des sels d’un métal, parce que cette couleur, étant indépendante de la nature de l’acide, s’il est incolore, fournit un caractère distinctif des métaux.
ir.
Le tableau suivant indique les couleurs des principaux sels colorés.
Les sels de manganèse sont
— de protoxyde de fer. . . .
— de sesquioxyde de fer. . . .
— de sesquioxyde de chrome. .
— - de cobalt
— de cuivre
— de nickel
— d’or
— de platine
roses, .
vert bleuâtre,
jaune rougeâtre,
verts d’herbe,
roses ou bleu violacé,
bleus ou verts,
verts ou blanc verdâtre,
jaune d’or,
jaune orangé.
651. Saveur. — Les sels insolubles n’ont naturellement pas de saveur ; les sels solubles en ont une qui dépend de la nature de la base. Ainsi :
sucrés, astringents, amers,
| piquants,
salés,
| sucrés, puis âpres et styptiques.
Les autres sels ont une saveur Uès-désagréable, à laquelle on a donné le nom de saveur métallique.
Les sels de glucine sont
— d’alumine.. . .
— de magnésie. . .
— de chaux . . . ,
— de strontiane. ,
— de baryte. . . ,
— de soude
— de plomb. . . .
— de nickel. . .
ACTION DE l’ëAÜ SUR LES SELS
L’action exercée sur les sels par les agents impondérables ou pondérables est très-souvent liée à la manière dont ces corps se comportent vis-à-vis de l’eau ; il est donc convenable d’étudier tout d’abord cette action avec quelques détails.
652. De la dissolution des sels dans l’eau. — L’eau dissout un grand nombre de sels, mais elle est absolument sans action sur d’autres1. Lorsqu’un sel est soluble dans l’eau, la quantité d# matière dis-
1 Ampère a fait la remarque suivante sur la solubilité des sels à acides non métalliques. Les acides que l’on peut former directement donnent des sels insolubles; ceux qu’on produit indirectement donnent des sels solubles. Il faut remarquer toutefois que les sels de potasse, de soude et d’ammoniaque sont presque toujours solubles, quel que soit leur acide oxygéné. D’après cette règle, tous les carbonates, phosphates, sulliles, arsénites des bases autre que les alcalis; sont insolubles, tandis que les azotates, chlorates, sulfates sont solubles; cela est vrai, il n’y a d’exceptés que les sulfates de baryte et de plomb, qui sont insolubles. Notons encore que les arséniates ne sont pas plus solubles que les phosphates, quoique l’acide arsénique ne soit pas formé directement. Malgré ces quelques exceptions, faciles à retenir, l’importance mnémonique de cette règle est donc indiscutable.