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LL V. II, CH À P. V, GÉNÉRALITÉS SUR LES SELS

soute dans un même poids d’eau varie avec la température ; généralement, elle augmente quand la température s’élève ; mais quelques substances, comme le sel marin, ne sont pas plus solubles à chaud qu’à froid ; il en est même qui sont moins solubles dans l’eau chaude que dans l’eau froide. Il est très-utile de connaître le degré de solubilité des divers sels à diverses températures : on fonde en effet sur cette propriété divers moyens de les préparer ou de les purifier, pour les besoins des laboratoires ou de l’industrie. Voici les méthodes qu’on emploie pour cette détermination : elles s’appliquent d’ailleurs à toutes les substances solubles. On met de l’eau en contact avec un grand excès du sel et on maintient le tout pendant quelque temps (une heure au plus) à la température à laquelle on veut déterminer la solubilité. Le liquide se sature de sel, c’est-à-dire dissout tout ce qu’il peut contenir à cette température. On décante et on verse une certaine quantité de ce liquide dans une capsule de platine tarée, on l’évapore doucement, à siccité sur un bain de sable1. On pèse alors la capsule; soit P l’augmentation de son poids après l’introduction de la dissolution, ; soit;,» l’augmentation après la dessiccation ; P —p représentera le poids de l’eau évaporée. On sait donc qu’à cette température, un poids P —p dissout p de sel; on en déduit facilement la quantité que dissoudrait un litre. Cette quantité est le coefficient de solubilité de la substance.

Il arrive parfois que la substance dissoute dans l’eau ne peut être évaporée; tel est le chlorure de magnésium, qui se décompose partiellement, par l’évaporation, en acide chlorhydrique et magnésie ; on précipite alors le chlore par l’azotate d’argent, et du poids du chlorure d’argent formé on déduit facilement celui du chlorure de magnésium dissous. Ce procédé chimique est très-souvent employé, même dans le cas des sels indécomposables par l’eau, pour les sulfates, par exemple, qu’on précipite à l’état de sulfate de baryte absolument insoluble, dont le poids permet de calculer celui du sulfate dissous.

655. Courbes de solubilité. — Admettons que l’bn ait déterminé la solubilité d’un sel, à diverses températures, et qu’on ait trouvé les résultats suivants :

1 Pour éviter la perte de poids causée par les projections, on recouvre la capsule d’un entonnoir renversé qui arrête la matière projetée. On la fait retomber dans la capsule en versant un peu d’eau sur les parois de l’entonnoir.

Température.

Sel anyhdn par 100 par

-U 1 1.1 1 l-LL

On pourra, . au moyen de ces quelques observations, représenter la relation qui existe entre les températures et les quantités de matière dissoutes, par une courbe construite de la manière suivante. Sur une ligne OX, on prend des longueurs égales entre elles, et l’on convient que chacune d’elles représente un degré de température (fig. 151). Aux points 0, 10, 20, 50, 40, on élève des perpendiculaires respectivement

proportionnelles aux nombres 4, 7, 12, 19, 52, et l’on joint les extrémités de ces perpendiculaires par un trait continu qui donne la courbe cherchée. L’usage d’un papier quadrillé rend extrêmement facile la construction d’une pareille courbe. Si l’on voulait établir le coefficient de solubilité, à la température de 25°, par exemple, on voit qu’il suffirait d’élever une perpendiculaire au point 25 de la ligne OX, et le nombre, entier ou fractionnaire, de divisions comprises depuis l’origine de cette perpendiculaire jusqu’à sa rencontre avec la courbe, donnerait ce coefficient.

La solubilité d’un nombre assez considérable de sels augmente à peu près proportionnellement à la température; de sbrte que leur courbe de solubilité diffère peu d’une ligne droite. C’est le cas du chlorure de sodium, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, du chlorure de baryum. On voit, à l’inspection de ces courbes (pi. IV), que la solubilité du sel marin augmente peu avec la température; les autres sels sont notablement plus solubles à'chaud qu’à froid. Les courbes de solubilité de l’azotate de baryte, du chlorate de potasse et de l’azotate de

Fig. 131.

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