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CHLORURES DE MERCURE

Sous-chlorure de mercure (calomel), Hg-Cl.

1541. Préparation. — On chauffe un mélange de sulfate d’oxyde de mercure avec autant de mercure qu’il en contient et du sel marin; il se forme du sulfate de soude, qui reste dans le vase, et du protochlorure de mercure, qui distille :

HgO, SO3 + Hg NaCl =NaO,S03 4- Hg2Cl.

Actuellement, on fait arriver la vapeur du protochlorure dans un vaste récipient, en même temps que de la vapeur d’eau. Le sous-chlorure se condense sous forme de poussière impalpable, et le protochlorure qui pourrait s’être formé est dissous dans l’eau. On le lave jusqu'au moment où l’eau de lavage ne précipite plus par l’hydrogène sulfuré.

154$. Propriétés. — Le calomel sublimé est une masse lourde (D=7, 1 7) , incolore, cristalline et transparente, qui donne une poudre jaune pâle. Il constitue parfois des cristaux isolés, qui sont des prismes carrés, doués d’un pouvoir réfringent considérable. Le calomel à la vapeur est une poudre blanche très-pesante ; sa densité de vapeur est de 8,26.

Le sous-chlorure de mercure est Lun des corps les plus insolubles dans l’eau que nous connaissions ; de l’eau contenant 1 gramme d’acide chlorhydrique par 50 litres de liquide donne un précipité appréciable dans les sels de sous-oxvde de mercure ; on peut néanmoins en dissoudre

de grandes quantités dans Eazotate d’oxyde de mercure, où il cristallise par refroidissement comme le chlorure d’argent (1D Debray). Il se décomdose en chlorure de mercure, HgCl, et en mercure métallique, quand on le fait bouillir avec l’acide chlorhydrique, ou quand on le fait chauffer avec des chlorures alcalins. Ce fait a une grande importance au point de vue médical : le calomel est un médicament employé à dose assez forte, il importe donc de ne pas le mettre en présence des chlorures dans l’économie, car le sublimé corrosif est un poison d’une extrême violence.

Le sous-chlorure de mercure noircit lorsqu’on le met au contact de l’ammoniaque liquide et des alcalis à chaud, c’est même de cette propriété que lui est venu son nom de Calomel. La lumière produit à la longue le même effet en le décomposant en chlorure de mercure HgCl, et mercure métallique divisé. Le chlore le transforme rapidement en bichlorure, les oxydants comme l’acide azotique en bichlorure et sel de bioxyde de mercure.

11 est employé en médecine comme vermifuge et purgatif.

Protochlorure de mercure (sublimé corrosif), HgCl.

1545. Préparation, — On chauffe dans une fiole à fond plat, et sur un bain de sable, un mélange intime de sulfate d’oxyde de mercure et de sel marin, auquel on ajoute d’ordinaire un peu de bioxyde de manganèse. Il se sublime du protochlorure, qui vient se condenser sur les parties supérieures et plus froides de la fiole ; il reste au fond du sulfate de soude :

Hg0,S05+NaCl=tIgCl-f- Na0,S05.

Le bioxyde de manganèse sert à transformer le sel d’oxydule en sel d’oxyde, dans le cas où fou aurait un mélange des deux sels ; on évite ainsi la production du calomel.

1544. Propriétés et usages. — Le chlorure sublimé est en masses blanches, transparentes et pesantes (D=6,5) ; il entre en fusion à 262° et bout à 295°. Sa densité de vapeur est 9,42.

Il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, qui ne dissolvent pas le sous-chlorure. Toutefois il est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude et par refroidissement, il se dépose en beaux cristaux anhydres (prismes .droits rhomboïdaux). L’alcool en dissout deux fois et demie son poids, l’éther le tiers. Celle dernière propriété permet,

LIY. III, CHAP. XXIY, CHLOROMERCURATES.

dans les expertises légales, de séparer le bichlorure de mercure des liquides contenant des matières organiques.

D’après M. Poggiale 100 parties dissolvent 6,57 de chlorure à 10°

C’est un poison extrêmement énergique ; son contre-poison est le blanc d’œuf (albumine). Il coagule, en effet, cette substance et forme avec elle un produit insoluble, qu’on élimine de l’estomac en faisant vomir le jnalade. Toutefois le remède n’est efficace que s’il est promptement administré.

Le produit résultant de l’action de l’albumine sur le sublimé corrosif est complètement imputrescible ; de là le principal usage du chlorure de mercure, qui sert à conserver les objets d’histoire naturelle et d’anatomie. On l’emploie aussi en médecine, à très-petite dose.

1545. Combinaisons du clslorurcde mercure. Oi!oroniercurates.

— Le chlorure de mercure se combine avec un grand nombre de chlorures métalliques, et même en diverses proportions avec un même chlorure. On obtient facilement tous ces composés en faisant évaporer la solution contenant le mélange à proportion convenable des deux chlorures. Nous n’indiquons ici que les formules des principaux chlorures doubles ou chlor orner curâtes.

KCl+HgCl+HO ) KCl+2HgCl+2HO KCl+4HgCl+4Ho) NaCl + 2HgCl+4HO AzH4Cl+HgCl+lIO ) AzH4Cl + 2HgCl -f- 2HO j BaCl+2HgCl+4HO SrC]+2HgCl+2HO CaCl+2HgCl+6HO ) CaCl+5HgCl-f-8HO \ MgCl+HgCl+6HO I MgCl + 3HgCl + IIO ( MnCl + HgCl + 4HO FeCl + HgCl+4HO ZnCl+IigCl+4HO

Ghloromercurates de potassium.

Chloromercurate de sodium,,

Chloromercurates d’ammonium.

Chloromercurate de barium.

Chloromercurate de strontium.

Chloromercurates de calcium.

Chloromercurates de magnésium.

Chloromercurate de manganèse.

Chloromercurate de fer.

Chloromercurate de zinc.

Ces 5 derniers sont isomorphes.

Il se combine aussi avec divers sels ; ainsi le mélange de dissolutions bouillantes de chlorure de mercure et de bichromate de potasse laisse

déposer, par refroidissement, des prismes droits rliomboïdaux de couleur rouge, qui, d’après Millon, ont pour formule :

K0,2Cr03+HgCl.

M. Wôhler a fait connaître une combinaison d’acétate de cuivre et de chlorure de mercure, en cristaux d’un bleu vif, peu soluble dans l’eau froide :

2Cu0,C4H305-f-2HgCl.

M. Baudrimont a obtenu une combinaison fusible et volatile vers 200°, en belles aiguilles nacrées, de perchlorure de phosphore et de bichlorure de mercure :

(3HgCl+PhCl3.)

1546. Ox y chior u res. — 11 existe aussi de nombreux oxychlorures, que l’on obtient : 1° en décomposant le chlorure de mercure par un alcali ou un carbonate alcalin en quantité insuffisante ; 2° en faisant digérer à chaud ou même à froid une solution de chlorure de mercure avec de l’oxyde jaune de mercure; 3° dans l’action du chlore, sur un excès d’oxyde. (Préparation de l’acide hypochloreux).

Ces oxychlorures 2HgO,HgCi — 3IIgO,HgCl — 4IIgO,llgCl — 6HgO,HgCl, ordinairement cristallisés, affectent des états isomériques différents; un meme oxychlorure (2HgO,HgCl par exemple) peut être rouge ou noir. L’action de la potasse sur la variété noire fournit de l’oxyde rouge et de l’oxyde jaune sur la variété rouge.

Bromures de mercure.

1547. Il existe deux bromures Hg*Br et HgBr qui correspondent en tous points aux deux chlorures; le bromure IlgBr, en se combinant aux bromures métalliques et à l’oxyde IlgO, donne des combinaisons correspondant à celles que nous venons d’indiquer.

Iodures de mercure.

1548. Sous-iodure. — On l’obtient en précipitant l’azotate mercureux en excès par l’iodure de potassium, ou bien encore en triturant ensemble 127 parties d’iode (1 équivalent) avec 200 de mercure (2 équivalents), et un peu d’alcool. On lave ensuite à l’alcool bouillant la pâte verte ainsi obtenue et on la sèche.

Poudre verte insoluble dans^l’eau, que la lumière, les iodures, les

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