LIV, III, CHAP. XXIV, PROTOIODURE DE MERCURE
chlorures alcalins, ou l’acide chlorhydrique, décomposent bien plus facilement que le sous-chlorure en mercure métallique et iodure. On peut le fondre sans altération ; mais si on le distille, il se décompose partiellement et donne un peu de protoiodure.
Protoiodure de mercure Hgl.
1549. Préparation et propriétés. — On U obtient sous forme de poudre rouge, en précipitant une solution d’un sel de bioxyde de mercure par de l’iodure de potassium. Il faut employer un équivalent de sel de mercure (135sr,5 de chlorure p. exemple) pour un équivalent (164sr) d’iodure de potassium, parce que le précipité se redissout dans un excès de l’un ou de l’autre sel.
Mitscherlich a obtenu cet iodure en octaèdres à bases carrées d’une belle couleur rouge, en saturant à chaud une dissolution concentrée de sel marin, ou bien d’iodure de potassium, par de l’iodure de mercure, et en laissant refroidir lentement la liqueur. Dans le dernier cas, il reste dans la liqueur un composé KI,2HgI,5HO que l’on peut obtenir en cristaux jaunes brillants par évaporation.
L’iodure de mercure est lourd (D=6,7). Chauffé, il jaunit vers 159°, fond à 238° en un liquide jaune foncé qui se prend en une masse cristalline par refroidissement; à une température plus élevée, il se volatilise et se condense en cristaux jaunes (prismes rhomboïdaux droits) qui sont quelquefois mélangés d’octaèdres rouges. L’iodure de mercure est donc dimorphe, mais la modification jaune a peu de stabilité au-dessous de 150°; le frottement, la pression, un refroidissement rapide ou le contact d’un cristal rouge, suffisent pour transformer l’iodure jaune en iodure rouge. Cette transformation est accompagnée d’un dégagement sensible de chaleur.
La vapeur de l’iodure de mercure est sensiblement incolore et quand on la chauffe un peu fortement, elle offre un exemple bien net de dissociation. On voit, en effet, dans la partie fortement chauffée du tube qui contient la vapeur, apparaître la couleur violette de l’iode ; cette coloration disparaît quand on enlève la flamme, par suite de la recombinaison totale de l’iode et du mercure à une température moins élevée (H. Sainte- Claire Deville).
L’iodure de mercure est peu soluble dans l’eau froide (1/150 environ), il se dissout en beaucoup plus grande quantité dans les hydracides, les
sels ammoniacaux, les chlorures alcalins. Par refroidissement l’iodure se dépose parfois en cristaux jaunes de ces dissolutions.
L alcool chaud dissout l’iodure mercurique en donnant une solution incolore ; si on la refroidit rapidement, elle laisse déposer des cristaux jaunes ; lentement, des cristaux rouges. L’éther dissout peu d’iodure de mercure.
1550. lodomercurates. — L’iodure de mercure peut se combiner avec l’acide iodhydrique ou les iodures alcalins, en donnant des combinaisons solubles, souvent décomposables par Peau qui en précipite de Piodure rouge. Nous donnons seulement les [formules des principaux iodomercurates.
2HgI,HI 2HgI,KI,3HO 51IgI,NaI+Aq 2HgI,NaI + Aq 2HgI + AzH4I+H0 Hgl+AzHM 2HgI+MI Hgl+MI 2HgI+Hg2I
Acide iodo mercurique.
Iodomercurate de potassium.
; Iodomercurates de sodium.
Iodomercurates d’ammonium.
Iodomercurates de barium, de strontium, de calcium, et de magnésium.
(Iodure de mercure intermédiaire).
1551. Antres composés. — Il existe un iodobromure et des iodochlorures de mercure Hg2IBr, Hg2ICl ou (HgCl+Hgl) et Hg5ICl2 ou (2HgÇlH-HgI) ; un oxyiodure 3HgO,HgI. %
Fluorure de mercure.
1 552. L’oxyde de mercure récemment précipité se dissout dans l’acide fluorhydrique avec dégagement de chaleur ; à un certain moment, il cesse de se dissoudre, et se transforme en une poudre cristalline jaune d’oxyfluorure IIgO,HgFl-f-IIO. La solution fluorhydrique d’oxyde de mercure laisse déposer, quand on l’évapore, ce même oxyfluorure en cristaux jaunes que Peau décompose lentement en oxyde et acide fluorhydrique; la chaleur produit le même effet (IlgO,IIgFl-l-HO==2HgOH-HFl).
M. Frémy a cependant obtenu un fluorure hydraté en longues aiguilles incolores en évaporant une solution fortement fluorhydrique d’oxyde de mercure ; Peau et la lumière transforment ce fluorure en oxyfluorure jaune.
On connaît un fluorure double de mercure et de silicium HgFl,SiFl2 -F- 6110 et un oxyfluorure double Hg0,IIgF],SiFl2+3II0 qui se produisent en saturant plus ou moins complètement par de l’oxyde de mercure, une solution d’acide hydrofluosilicique.