CARACTÈRES DISTINCTIFS DES SELS DE MERCURE
Sels de sous-oxyde.
1590. Les sels neutres de sous-oxyde de mercure sont incolores ; la plupart sont décomposés par l’eau en un sel acide soluble et en sel basique jaune insoluble.
Ils donnent les réactions suivantes :
Potasse. — Précipité noir de sous-oxyde, insoluble dans un excès de réactif.
Ammoniaque. — Même réaction.
Carbonates alcalins. • — Précipité blanc sale qui devient bientôt noir, et qui, par l’ébullition, donne du mercure métallique avec de l’oxyde de mercure.
Phosphate de soude. — Précipité blanc de phosphate de sous-oxyde, insoluble dans un excès de sel de protoxyde.
Acide oxalique. — Précipité blanc d’oxalate de protoxyde, qui devient noirâtre par l’ébullition.
Acide sulfhydrique. — Précipité noir de sulfure, insoluble dans un excès de sulfhydrate d’ammoniaque.
Acide chlorhydrique et chlorures. — Précipité blanc de sous-chlorure de mercure, insoluble dans l’eau et l’acide chlorhydrique, soluble dans l’eau de chlore et l’acide azotique. L’ammoniaque le noircit. Ces caractères suffisent ordinairement pour reconnaître les sels mercureux.
Chromate de potasse. — Précipité d’un rouge vif.
Le zinc ne décompose pas le sous-chlorure et le sulfate d’oxydule de mercure en suspension dans l’eau.
Sels d’oxydj de mercure.
1591. Ils se reconnaissent aux caractères suivants :
Potasse. — Précipité jaune, insoluble dans un excès de réactif.
Ammoniaque. — Précipité blanc, soluble dans un excès de réactif.
Carbonate de potasse et de soude. — Précipité rouge brun d’un sel ba-
sique. Si la liqueur contient des sels ammoniacaux, le précipité est; blanc (1584).
Carbonate (V ammoniaque . — Précipité blanc de carbonate ammoniaco-mercurique (1584).
Phosphate de soude. — Précipité blanc de phosphate.
Acide oxalique. — Précipité blanc d’oxalate de mercure.
Acide sulfhydrique. — Si Ton verse peu à peu la dissolution d’acide sulfhydrique dans le sel de mercure, on a un précipité d’abord d’un blanc sale, puis d’un jaune rougeâtre, et enfin noir de sulfure de mercure quand l’acide sulfhydrique est en excès (1556). Sulfure insoluble dans le sulfhydrate d’ammoniaque.
Iodure de potassium. — Précipité rouge vif, soluble dans un excès d’iodure alcalin ou de sel de mercure.
Acide chlorhydrique et chlorures. — Pas de précipité.
1592. Remarques. — On a souvent à reconnaître des sels de mercure* contenant les deux oxydes; pour cela, on traite le sel par un excès d’acide chlorhydrique, qui donne du sous-chlorure insoluble facile à reconnaître. La liqueur filtrée, traitée par la potasse, donnera un précipité jaune, si elle contient de l’oxyde de mercure, et un précipité rouge par Piodure de potassium.
Il est facile de reconnaître les sels de mercure par voie sèche; chauffés dans un petit, tube avec du carbonate de soude ou de la chaux,, ils donnent du mercure qui se condense en petits globules faciles à reconnaître. On peut d’ailleurs se servir de la lame d’or ou du réactif de M. Merget (1550) pour constater le dégagement de vapeurs mercurielles.
1595. Reelierclie du mercure dans les empoisonnements. — C’est ordinairement par le bi-chlorure qu’ont lieu les empoisonnements par le mercure; une dose de 15 à 50 centigrammes suffit souvent pour donner la mort. Pour retrouver le mercure dans les matières vomies oui dans les organes des cadavres (particulièrement dans le foie, la rate et les reins), il faut d’abord détruire les matières organiques. On ne peut pas employer le procédé qui sert dans la recherche de l’arsenic, à cause de la volatilité trop grande du mercure; on suit alors la marche suivante : on délaie la matière dans l’acide sulfurique, et l’on ajoute au liquide de l’hypochlorite de chaux. Quand la liqueur est devenue transparente et à peu près incolore, on filtre et on lave le résidu solide avec de l’alcool pour enlever les dernières traces de sublimé corrosif (Flandin et Danger). On peut remplacer l’acide sulfurique et l’hypochlorile