‹ Eléments de chimieChapitre 317 sur 462 · ALLIAGES DARGENT · texte numérisé non relu

ALLIAGES DARGENT

1621. L’argent est rarement employé à l’état de pureté (555); ses principaux alliages sont ceux qu’il forme avec le cuivre; ils sont plus durs et moins altérables que l’argent lui-même ; aussi servent-ils à confectionner les monnaies et les objets d’orfèvrerie. Nous rappellerons la composition des principaux alliages.

Argent.

Cuivre.

Tolérance.

Monnaies

ÎOOO

Médailles

ÏOOfj

Vaisselle et argenterie

Bijouterie et vaisselle au deuxième titre.

La fabrication de ces divers alliages est soumise en France à un contrôle rigoureux. Le titre des monnaies est vérifié dans le laboratoire de l’administration des monnaies et ne doit pas s’éloigner, en dessus ou en dessous du titre légal, de la petite quantité désignée sous le nom de tolérance. 11 faut bien remarquer que cette tolérance est nécessaire, car les phénomènes de liquation sont un obstacle absolu à la confection

d’alliages d’argent homogènes d’un titre déterminé. La tolérance indique la limite de l’exactitude qu’on peut pratiquement atteindre.

La vaisselle et la bijouterie d’argent sont essayés dans les bureaux de garantie, institués dans les principaux centres de fabrication; on constate seulement que leur titre est égal ou supérieur à la limite de tolérance, 945 ou 795 millièmes.

1622. Amalgame d’argent. — Le mercure dissout l’argent même à froid ; quand le mercure est en excès, on a un amalgame liquide, que l’on peut dédoubler en le faisant passer à travers une peau de chamois, en mercure contenant peu d’argent et en amalgame solide et cristallisé.

On a trouvé dans la nature plusieurs amalgames d’argent cristallisés ; on peut aussi en reproduire artificiellement. Le plus anciennement connu de ces derniers est l'arbre de Diane Hg2Ag que l’on prépare de la manière suivante : on introduit dans un flacon, 5 parties d’une solution concentrée d’azotate d’argent et 2 parties d’une solution également concentrée d’azotate de mercure, on verse au fond du liquide un amalgame formé de 7 parties de mercure pour une d’argent ; au bout d’un jour ou deux, il s’est formé un abondant dépôt de petits cristaux brillants, accolés les uns aux autres, de manière à simuler un arbre dont les ramifications s’étendent jusqu’à la surface du liquide.

L’argent poli qui a touché le mercure perd son éclat et devient cassant; il faut, pour réparer l’objet, le chauffer au rouge naissant, afin d’expulser tout le mercure. L’alliage noircit alors superficiellement par suite de l’oxydation du cuivre, il faut le décaper et le polir de nouveau pour le ramener à son état primitif.

Page 1