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CHLORURES DE PLATINE

Il en existe deux, le protochlorure PtCl et le bichlorure de platine PtCP.

Protochlorure PtCl.

1680. On l’obtient par l’action directe du chlore sur la mousse de platine à 250°, ou en chauffant le bichlorure vers 200° ; il reste une

poudre d’un gris verdâtre, insoluble dans l’eau. Ce protoclilorure se dissout dans le bichlorure de platine en donnant une coloration brune très-foncée. Il se dissout également dans l’acide chlorhydrique concentré et bouillant. Cette dissolution a la couleur rouge particulière des chloroplatinites de potassium, d’ammonium et de barium ; aussi Magnus y admettait-il l’existence d’un composé analogue HCl H-PtCl.

1681 . Chloroplatinites RC1 -+- PtCl. — Les chloroplatinites de potassium, d’ammonium1 et de barium sont solubles dans l’eau et cristallisables; celui de sodium est incristallisable, il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool qui ne dissout pas les autres. On les obtient en évaporant une solution chlorhydrique de protochlorure de platine avec un chlorure métallique.

1682. Combinaisons tin protoclilorure tle platine et de l’oxyde de carbone. — M Schutzenberger a fait connaître trois combinaisons du protochlorure de platine et de l’oxyde de carbone qui répondent aux formules PtCl,2C0, — 2PtCl,3C0 et PtCl.CO. On les obtient en faisant réagir un mélange de chlore et d’oxyde de carbone sur de la mousse de platine, ou bien encore en faisant agir d’abord du chlore à 250° sur la mousse de platine (ce qui donne du protochlorure), et ensuite de l’oxyde de carbone. Il est facile de passer du dernier corps aux deux premiers en les chauffant à une température convenable dans l’oxyde de carbone; inversement la dissociation plus ou moins complète du premier donne les deux derniers.

i° La combinaison PtCl,2CO se forme quand on chauffe à 150° dans un courant d’oxyde de carbone le produit brut de l’action du chlore et de l’oxyde de carbone sur le platine. Il se sublime à cette température en aiguilles incolores. Il fond à 142° et cristallise par refroidissement. L’eau le décompose comme le montre l’équation

PtCI,2CO + HO = HCl -f- CO2 + CO + Pt.

Chauffé dans un courant de chlore, il donne de l’acide chloroxycarbonique C0C1 et un produit probablement isomériquedu composé PtCl,CO. Chauffé à 210°, il se décompose en 2PtCl,3C0 et CO.

2° La combinaison 2PtCl,5CO est un corps solide jaune, fusible à 130°, que l’eau décompose aussi en platine, acide chlorhydrique, acide carbonique et oxyde de carbone.

2PtCl,3CO + 2110 = 2IIC1 + 2C02 + CO + Pt.

* Ce sel, qui est très-soluble dans l’eau, cristallise par une évaporation lente, en beaux prismes à base carrée, dont la longueur dépasse souvent un (jléçirïiètre.

LIY. III, CIIAP. XXVII, PROTOGIILORU RE DE PLATINE. <519

II ne se décompose qu’à 250° en oxyde de carbone etPtCl,CO.

5° La combinaison PtCl,GO est un corps solide jaune d’or, fusible à 195°, sublimable à 240°, en longues aiguilles jaune d’or, sans décomposition sensible dans un courant d’acide carbonique. Entre 300° ei 400°, il se décompose en platine et oxychlorure de carbone.

L’eau le décompose d’après l’équation

PtCRCO -f- HO = HCl 4- CO2 + Pt.

1683. Combinaisons des protoehlornres de platine et de phosphore.

— M. Baudrimont avait observé que le platine est attaqué vers .200° par le perchlorure de phosphore. M. Schutzenberger a démontré qu’il se forme dans cette circonstance une combinaison de chlorure de platine et de protochlorure de phosphore

2PtCl + PhCl3.

Cette combinaison peut elle-même s’unir directement au protochlorure de phosphore et à l’oxyde de carbone pour donner les composés

PtCl,PhCl3 et 2PtGl,PliCl3,CO ou (PtCl,C0 + PtCRPliCl5}.

Pour préparer le chlorure de phosphore et de platine on chauffe vers 200° dans un ballon à long col un mélange de deux équivalents de platine et d’un équivalent de perchlorure de phosphore. Le platine disparaît en presque totalité et l’on décante la masse fondue pour en séparer le petit excès de métal. Par le refroidissement on obtient une masse brun rouge, formée d’aiguilles enchevêtrées. On peut même isoler de beaux cristaux, en décantant comme on le fait pour le soufre, avant que la solidification soit complète. On peut aussi le purifier en le dissolvant dans le chloroforme et dans la benzine.

Il cristallise en belles aiguilles de couleur marron, fusibles à 170° et peut se décomposer, quand on le chauffe doucement, en protochlorure de platine et de phosphore. L’eau le dissout en le décomposant comme l’indique la formule.

Pt2Cl2,PhCl3 + 6HO =Pt2Cl2,Ph03,5H0 -j- 5HC1.

La liqueur évaporée dans le vide donne des cristaux prismatiques, jaune orangé, très-déliquescents de cette substance qui se comporte comme un acide, surtout avec les composés organiques; mais, on n’a jusqu’ici pu la saturer par les alcalis sans la décomposer.

Bichlorure de platine PtCl2.

1684. Préparation et propriétés. — On 1 obtient en dissolvant le platine dans l’eau régale et en évaporant la dissolution. Si l’eau régale contient de l’acide azotique en excès, l’évaporation donne une matière brune déliquescente que l’eau décompose en donnant un abondant dégagement de bioxyde d’azote. Il s’est formé alors une combinaison de chlorure de platine et de chlorure d’azotyle.

rtCl2,Az02Cl+H0.

Quand Uacide chlorhydrique est en grand excès, on peut, en évaporant la solution dans une cloche contenant de la chaux ou de l’acide sulfurique PtCl2, obtenir des cristaux prismatiques très-déliquescents d’une combinaison ayant pour formule PtGl2,HCl H— 6110 (R. Weber). La chaleur la décompose assez difficilement en chlorure de platine, acide chlorhydrique et eau.

Il est donc préférable d’employer une eau régale contenant un excès d’acide chlorhydrique (six parties d’acide chlorhydrique pour une d’acide azotique); on évaporera à sec pour chasser l’excès d’acide chlorhydrique.

1685. Propriétés. — On obtient ainsi une masse brune cristalline, déliquescente et très-soluble dans l’alcool, qui est du bichlorure hydraté. Sa dissolution a une couleur orange. La chaleur et les agents réducteurs, le transforment en protochlorure de platine ; l’hydrogène peut, surtout à 60 ou 80°, précipiter le platine à l’état métallique de sa dissolution; c’est ce que font d’ailleurs avec facilité le mercure et surtout les métaux communs (fer, zinc, etc.)

La dissolution de chlorure de platine, dans l’alcool absolu, donne quand on l’évapore, une masse cristalline jaune déliquescente, qui se décompose à 50° et qui renferme

PiCl2,C4II602.

La solution alcoolique de chlorure est réduite à la longue et donne naissance à une combinaison de protochlorure de platine et de bicarbure d’hydrogène (PtCl,C4H4) que l’on peut d'ailleurs obtenir directement par l’union des deux corps.

1686. Chioropiatinatcs. — La dissolittion de bichlorure de platine précipite par le chlorure de potassium, de cæsium, de rubidium et d’am-

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