LIV. II, ÇHAP. Y, GÉNÉRALITÉS SUR LES SELS
de soude éprouve la fusion aqueuse au-dessous de 100°, la fusion ignée au rouge; le chlorate de potasse n’éprouve que la fusion ignée; le sulfate de fer cristallisé, la fusion aqueuse.
La chaleur décompose un grand nombre de sels en donnant des produits qui ne peuvent être indiqués que dans Uhistoire particulière des genres principaux ; nous dirons seulement que les sels à acide volatil et à base fixe tendent à se décomposer en ces deux éléments (Exemple : carbonates). Il en est de même des sels à acide fixe et à base volatile. Tel est le phosphate d’ammoniaque du commerce, qui perd au rouge l’ammoniaque et l’eau basique qu’il contient.
641 . Action de la lainière. — La lumière agit sur quelques sels de métaux précieux pour Jes réduire. Nous avons déjà indiqué cette action au paragraphe 21 .
642. Action de l’électricité. — Le courant de la pile décompose tous les sels métalliques en dissolution. En général, l’acide et l’oxygène de l’oxyde se portent au pôle positif de la pile, le métal, au pôle négatif. On le démontre en plongeant deux lames de platine, mises en communication avec les pôles d’une pile, dans une dissolution de sulfate de zinc; on voit alors la lame négative de platine se recouvrir de zinc, tandis que l’oxygène et l’acide se portent sur l’autre lame.
Si l’on remplace la dissolution de sulfate de zinc par une dissolution de sulfate de soude, colorée avec du sirop de violette, il se dégage de l’hydrogène au pôle négatif et de l’oxygène au pôle positif; on voit en même temps le liquide verdir autour du pôle négatif et rougir autour du pôle positif, ce qui démontre la présence d’une base au pôle négat if et la présence d’un acide au pôle positif (fig. 155). Il semble donc que l’acide et la base du sel aient été séparés par le courant en même temps que les éléments de l’eau, mais ce n’est qu’une apparence; la soude existant au pôle négatif provient d’une action secondaire. Sous l’influence du courant électrique, le sulfate de soude s’est réellement décomposé en acide et oxygène, qui se sont portés au pôle positif, et en sodium; ce métal, rencontrant au pôle négatif l’eau de la dissolution, s’est transformé en soude avec dégagement d’hydrogène. Aussi, pour 1 équivalent de soude (NaO=±=51) formé au pôle négatif, obtient-on 1 équivalent (II — 1) d’hydrogène.
L’expérience suivante démontre la vérité de cette explication. On prend un verre dont le fond laisse passer un fd de platine recouvert par une couche de mercure (fig. 154); on met au-dessus du mercure une dissolution concentrée de sulfate de soude et on y fait plonger une lame
CO CHIMIE inorganique;
de platine attachée au pôle positif de la pile; le fil de platine communiquant, avec le pôle négatif, la décomposition a lieu, et le mercure se charge bientôt de sodium, qui se trouve ainsi soustrait, en grande partie
Fig. 135.
du moins, à l’action oxydante de l’eau. En distillant cet amalgame dans un gaz inerte, on obtient un globule de sodium fondu.
La galvanoplastie, la dorure et l’argenture électrique reposent exclusivement sur cette remarquable propriété du courant voltaïque.