‹ Eléments de chimieChapitre 34 sur 462 · ACTION DES AGENTS IMPONDÉRABLES · texte numérisé non relu

ACTION DES AGENTS IMPONDÉRABLES

640. Action de la chaleur. — La chaleur, en agissant sur les sels anhydres qui contiennent un peu d’eau d’interposition, détermine leur décrépitation. Cet effet est dû à la tension considérable que prend la vapeur d’eau, quand on la chauffe dans un espace fermé de toutes parts; à une température un peu élevée, elle devient capable de vaincre brusquement la cohésion des molécules du solide, qui se trouve brisé et dont les fragments sont lancés de tous côtés. On fait l’expérience en projetant du sel marin en cristaux, aussi gros que possible sur des charlions ardents ; le sel décrépite avec violence.

Si l’on chauffe un sel hydraté, déposé de sa dissolution à une température très-basse, à une température où ce sel cristallise avec une quantité d’eau moindre que celle qu’il possède, il y a déshydratation partielle; le sel ne conserve que la quantité d’eau qu’il eût prise dans son dissolvant à cette température. Ainsi, le sulfate de manganèse Mn0,S03 H- 7110, obtenu au-dessous de 6°, chauffé entre 20° et 50°, perd 5 équivalents d’eau, parce que le sulfate, déposé dans l’eau à cette température, a pour formule MnO, SOr> 4110.

Mais si l’on chauffe vivement un sel hydraté, on détermine sa fusion à une température peu élevée, parce que l’eau combinée qui se dégage devient alors capable de dissoudre la matière anhydre; on dit alors que le sel éprouve la fusion aqueuse. Si l’on continue à chauffer, l’eau s’évapore, le sel devient anhydre et peut fondre de nouveau, si la chaleur ne le décompose pas; celte fusion est appelée fusion ignée. Ainsi, le borate

Page 1