PRINCIPAUX SELS DE PALLADIUM
1728. Azotate de palladium PdO,Àz05 Àq. — 11 prend naissance quand on dissout à chaud le palladium dans l’acide azotique concentré. Gette dissolution évaporée dans le vide sur l’acide sulfurique laisse déposer de longs prismes rhomboïdaux d’un jaune brun, déliquescents à l'air.
On ne peut le dissoudre sans le décomposer, et comme tous les sels
de palladium, il se décompose partiellement quand on le dissout dans beaucoup d’eau.
1729. Sulfate de palladium Pd0,S03 -f- 2110. — On dissout du palladium dans de l’acide sulfurique mélangé d’acide azotique et on évapore jusqu’à consistance sirupeuse. Il est déliquescent dans l’air humide. Il ne forme pas de sels doubles.
1750. Azotitc double de palladium et «le potassium. — Lorsqu’on verse dans une dissolution de palladium une dissolution d’azotite de potasse, il se forme un azotite double soluble, qui cristallise tantôt anhydre, tantôt avec 2 équivalents d’eau. La solution de ce sel ajoutée à de l’azotate d’argent, donne un azotite double d’argent et de palladium, peu soluble à froid et plus soluble à chaud, que l’on obtient par refroidissement en larges prismes d’un jaune foncé.
BASES AMMONIACO— PALLADIQUES.
L’action de l’ammoniaque sur les sels de palladium donne naissance à des composés d’où l’on peut retirer deux bases, la palladamine (PdO,AzH5) et la palladiamine (PdO,2AzlIr,-+-HO), qui correspondent aux deux bases de lteiset (1695) et que l’on représente par les mômes formules. Ces composés ont été étudiés par Yauquelin, Fischer, Fchling, et surtout par M. Hugo-Muller.
PALLADAMINE ET COMPOSÉS.
1751. Paiiadaminc PdO,AzIl3. — On traite le chlorure de palladamine jaune , délayé dans de Peau par de l’oxyde d’argent, ou bien le sulfate par la baryte. On évapore la solution incolore et très-alcaline ainsi obtenue dans le vide, et Ton obtient un résidu solide mal cristallisé de palladamine. Cette base déplace les oxydes de cuivre et d’argent de leurs sels, elle chasse l’ammoniaque de son chlorhydrate et attire l’acide carbonique de l’air. On peut la chauffer à 100° sans la décomposer, elle se décompose avec production de lumière quand on la chauffe fortement.
1752. C'lil«»rur«‘ «le pallmlamine PdCl,AzllJ. — On le Connaît SOUS deux modifications : la jaune et la rouge. Yauquelin a obtenu le chlorure rouge en versant un léger excès d’ammoniaque dans une solution
LIV. 111, CIIAP. XX VXU, CHLORURE DE PALLAD1 AMINE. 641 moyennement concentrée de chlorure de palladium. Il se forme alors un précipité rouge couleur de chair, qu’on peut dessécher à l’air sans l’altérer. Bien sec, il supporte une température de 180° sans se modifier; mais s’il est humide, il jaunit à 100°, sans changer de composition. Cette modification jaune prend encore naissance quand on dissout le sel rouge dans l’ammoniaque, et que l’on sature ensuite par l’acide chlorhydrique. Ce sel jaune est très-peu soluble dans l’acide chlorhydrique; on peut utiliser cette propriété pour séparer le palladium d’autres métaux (1716).
1755. iodure de paiiadamine (PdI,AzH3). — On le connaît aussi sous les deux modifications : jaune et rouge; l’iodure de palladium se dissout dans l’ammoniaque avec dégagement de chaleur, et si l’on sature la dissolution par un acide, on obtient l’iodure de palladamine sous forme de poudre orange qui se transforme, quand on le chauffe encore humide, en une masse cristalline d’une belle couleur rouge.
1754. Autres sels de palladamine. — L’azotate, le sulfate et le carbonate de palladamine peuvent être obtenus en cristaux jaunes. On prépare l’azotate en faisant agir l’ammoniaque sur un excès d’azotate de palladium. Les deux autres se préparent en faisant réagir le sulfate ou le carbonate d’argent sur le chlorure de palladamine.
PALLADIAMINE ET COMPOSÉS.
1755. Palladiamine hydratée Pd0,2AzH3,II0. — On fait bouillir une dissolution de sulfate de palladium dans l’ammoniaque caustique en excès, il se forme du sulfate de palladiamine qu’on décompose exactement par l’eau de baryte. On chauffe ensuite la liqueur pour chasser l’excès d’ammoniaque et on évapore, il reste une masse cristalline fortement alcaline de palladiamine hydratée.
La dissolution de cette base est inodore et fortement alcaline, elle déplace de leurs combinaisons les oxydes de fer, de cuivre, de nickel, etc., mais non l’oxyde d’argent. Par une ébullition prolongée, elle se dédouble en ammoniaque et palladamine. Évaporée à siecité et chauffée au-dessus de 100°, elle jaunit, fond et se décompose avec une légère explosion.
4 756. Chlorure «le palladiamine PdGl,l2AzH’. — Le chlorure de palladium, en présence d'un excès d’ammoniaque, donne une dissolution d’où l’on peut retirer des cristaux incolores (prisme rhomboïdal obli-
que) de ce composé. Il est très-soluble dans l’eau. Chauffés à 200°, ces cristaux perdent 1 équivalent d’ammoniaque et se transforment en chlorure jaune de palladamine qui reprend cet équivalent d’ammoniaque quand on le maintient dans une atmosphère d’ammoniaque humide.
On obtient également le chlorure (PdCl,2AzH3) en dissolvant l’un ou l’autre des chlorures de palladamine dans l’ammoniaque, et nous avons dit que l’acide chlorhydrique précipitait de cette dissolution le chlorure de palladamine sous la modification jaune.
1757. Sel» de paiiadiamine. — On les obtient en dissolvant les sels de palladium ou ceux de palladamine dans un grand excès d’ammoniaque; on prépare ainsi l’azotate, le sulfate et le sulfite. Pour le carbonate on décompose le chlorure de palladiamine par le carbonate d’argent. Tous ces sels sont solubles et peuvent être facilement obtenus cristallisés.