LIY. III, CH AP. XXVIII, EXTRACTION DU RHODIUM
l’acide chlorhydrique, il reste des alliages cristallisés. Celui de zinc éprouve quand on le chauffe même dans le vide, une véritable déflagration, évidemment due à un changement isomérique. Les alliages d’iridium et de ruthénium, obtenus avec le zinc de la même manière, possèdent cette même propriété, mais on ne la retrouve pas dans l’alliage correspondant du platine. L’alliage de zinc et de rhodium se dissout assez facilement dans l’eau régale avant sa déflagration.
Le rhodium fondu au rouge avec 5 à 6 fois son poids de plomb, laisse, lorsqu’on traite l’alliage par l’acide azotique étendu, une poudre cristalline noire, qui retient toujours une certaine quantité d’acide azotique. Cette matière déflagre vivement quand on la chauffe, en dégageant des vapeurs nitreuses et de l’azote ; il reste alors un alliage de rhodium et de plomb, partiellement oxydé. Cette poudre cristalline, avant sa déflagration, est soluble dans l’eau régale, et surtout dans l’acide sulfurique concentré et chaud, avec dégagement abondant d’acide sulfureux. Cette dernière propriété peut être utilisée pour la préparation du sulfate de rhodium (1755) ou pour l’extraction du rhodium des résidus qui le contiennent. (H* Sainte-Claire Deville et Debray.)
Extraction dn rhodium.
1760. Les eaux mères du platine, d'où l’on a extrait ou non le palladium par le sulfate de fer, traitées par le fer donnent un précipité qui contient tous les métaux du platine et qui est particulièrement riche en rhodium. 11 contient aussi beaucoup de silice, d’alumine, de sulfate de chaux et de fer, qu’on élimine facilement en fondant ce résidu avec son poids de plomb et deux fois son poids de litharge, et l’on obtient un culot qui contient, alliés au plomb, tous les métaux moins oxydables que lui. On attaque ce culot par l’acide azotique étendu qui dissout le plomb et le palladium (avec un peu de cuivre non oxydé par la litharge) et il reste un alliage très-divisé de platine, de rhodium et de plomb* mélangés d’iridium et de ruthénium en poudre cristalline. En chauffant cette matière vers 500° avec 5 à 6 fois son poids d’acide sulfurique concentré, dans une capsule de platine, on dissout la plus grande partie du rhodium et du plomb. Quand le dégagement d’acide sulfureux a cessé, on laisse refroidir et l’on verse la dissolution acide de sulfate de rhodium dans une grande quantité d’eau. Le sulfate de plomb se précipite, on décante la liqueur que l’on évapore jusqu’à sic-, cité pour chasser la plus grande partie de l’acide; on reprend ensuite
par l’eau et l’on précipite l’oxyde de rhodium par un excès de soude ; on ajoute de l’alcool à la dissolution alcaline, et par une longue ébullition on obtient un précipité de rhodium métallique.
La partie insoluble dans l’acide sulfurique contient beaucoup de sulfate de rhodium insoluble, si l’on a trop fortement ou trop longtemps chauffé l’alliage avec l’acide sulfurique; il faut alors décomposer le sous-sulfate avec un excès de soude et reprendre par l’acide chlorhydrique comme il a été dit plus haut (1755). Ce qui reste, après le traitement par l’acide sulfurique et parla soude, peut être considéré surtout comme un mélange de platine et d’iridium avec une petite quantité de rhodium et de ruthénium. On le refondra avec du plomb et de la litharge, et le culot sera traité par l’acide azotique, qui dissoudra le plomb, puis par l’eau régale pour séparer le platine et le rhodium de l’iridium et du ruthénium cristallisés qui y sont insolubles l.
On peut encore, après avoir fondu le résidu avec du plomb et de la litharge, traiter la matière insoluble dans l’acide azotique comme un osmiure, soit par le bioxyde de barium soit par le chlore et le sel marin (1765). Ces dernières méthodes conviendraient surtout si le résidu précipité par le fer, contenait, comme il arrive quelquefois, de notables quantités d’osmiure d’iridium.
1 Lorsqu’on reprend immédiatement par l’eau régale le résidu de l’att3que par l’acide sulfurique, on dissout un peu d’iridium qui était sans doute allié à du rhodium. C’est pour cela qu’il est préférable de le fondre d’abord avec du plomb, pour séparer complètement l’iridium du platine.