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L1Y. III, C11AP. XXIX, OXYDE D’IRIDIUM

on n’y parvient dans le four en chaux, qu’à la condition d’employer de l’hydrogène et de l’oxygène bien purs et bien secs. C’est après le ruthénium et l’osmium le plus réfractaire de tous les métaux.

L’iridium fondu a pour densité 22,4 (Deville et Debray), c’est le plus dense des métaux du platine, il est extrêmement cassant, mais il est assez difficile à pulvériser parce qu’il est très-dur. L’eau régale est sans action sur lui, le bisulfate de potasse l’oxyde au rouge sans le dissoudre; il est également oxydé au contact de l’air à une température élevée; mais la meilleure manière de l’oxyder consiste à le fondre lorsqu’il est divisé avec du nitre et de la potasse; il donne alors une masse vert noirâtre qui se dissout en partie dans l’eau avec une couleur indigo lorsqu’il est pur; la majeure partie du métal reste à l’étal d’oxyde noir-indigo. S’il contient du ruthénium on n’obtient pas de liqueur bleue, mais une couleur jaune-brun due à la dissolution du ruthéniale de potasse.

lie chlore l'attaque lentement au rouge naissant en donnant du sesquichlorure insoluble, le métal divisé augmente considérablement de volume. Le métal mélangé aux chlorures s’attaque beaucoup mieux par le chlore (précédé de M. YVôhler), et donne un bichlorure soluble. On peut encore faire rentrer facilement ce métal en dissolution, en le chauffant après l’avoir réduit en poudre fine avec cinq à six fois son poids de bioxyde de barium dans un creuset d’argent, et reprenant le mélange par l’eau régale (1765).

Oxydes d'iridium.

1768. Bioxyde lr02,2110. — L’oxyde le plus stable et le plus facile à obtenir est le bioxyde. 11 se produit toujours quand on précipite à chaud et au contact de l’air les divers chlorures d’iridium par la potasse. Il se dépose sous forme de précipité indigo volumineux qui retient toujours 2 à 5 p. 100 d’alcali, même après un lavage prolongé à l’eau bouillante. 11 contient deux équivalents d’eau ; chauffé dans un courant d’acide carbonique, il éprouve un phénomène d’incandescence, devient noir et anhydre, insoluble dans les acides, excepté dans l’acide chlorhydrique oii il se dissout lentement en donnant une solution, d’abord indigo, puis verte et finalement rouge-brun de chlorure IrCI2. (Claus).

La coupellation à une température très-élevée donne un iridite de plomb cristallisé PbO,lrO*. (Deville et Debray.)

1769. Sesquioxyde d'iridium. — Il existe un hydrate de sesquioxyde d’iridium que l’on obtient lorsqu’on mélange une solution de l'un des sels doubles formés par le sesquioxyde d’iridium avec une petite quantité de potasse caustique et qu’on abandonne le mélange dans un vase bien bouché. Il se dépose un précipité jaunâtre tirant sur le vert olive. Il est extrêmement oxydable, et, en absorbant l’oxygène de l’air, il se transforme en oxyde bleu très-soluble dans un excès d’alcali.

En précipitant le sesquichlorure d’iridium par un grand excès de chaux, on obtient un dépôt jaune clair sale, qui devient bleuâtre à l’air et qui est une combinaison de sesquioxyde d’iridium et de chaux 5Ca0,Ir203. (Claus.)

La calcination de l’iridium avec le bioxyde de barium au rouge donne aussi une combinaison analogue du sesquioxyde, soluble dans l’acide chlorhydrique en donnant le chlorure vert d’iridium.

Chlorures d’iridium.

1770. Sesquichlorure. — On l’obtient en chauffant de l’iridium divisé dans le chlore; mais d’après Claus, cette réaction n’étant pas complète, il est plus simple d’opérer comme pour le rhodium, c’est-à-dire de chauffer un des sels doubles qu’il forme avec les chlorures alcalins avec de l’acide sulfurique concentré. En étendant d’eau la liqueur r efroidie, il se sépare du sesquichlorure d’iridium vert olive, insoluble dans l’eau et dans les acides étendus comme celui que l’on obtient par voie sèche.

On obtient le sesquichlorure hydraté Ir*Cl3 H— 8110, en faisant passer un courant d’acide sulfhydrique dans la solution chlorhydrique du bioxyde d’iridium, l’évaporation de la liqueur donne des cristaux de chlorure hydraté.

1771. Combinaison du sesquielilorure d'iridium. — En traitant par l’acide sulfureux, la dissolution du chlorure double ordinaire (KCl,IrCl2) et en saturant par le carbonate de potasse, Claus a obtenu le composé 3KCl,Ir2Cl3 -h 6110 en cristaux prismatiques éclatants d’un vert foncé.

On obtient de la même manière le sel de soude 3i\aCl,IrsCl3 -t-24H0 en cristaux vert olive efflorescents et solubles dans l’alcool. Ce sel de soude, mélangé à une solution de chlorhydrate d’ammoniaque, par évaporation, laisse déposer des prismes rhomboïdaux vert olive d’un sel 3Azll4Cl,Ir2Cl3-f- 3H0.

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