LIV. 111, Ci 11 A P. XXIX, PRÉPARATION DE L’IRIDIUM
d’employer l’osmiure divisé; en outre, comme l’osmiure d’iridium contient du rhodium, un peu de platine et du ruthénium, on retrouve nécessairement ces métaux dans l’iridium ainsi préparé.
1764. 2° Procédé de M. Frémij. — On grille d’abord l’osmiure pour en retirer le plus possible l’osmium à l’état d’acide osmique et même de ruthénium qui se volatilise dans cette opération à l’état d’oxyde de ruthénium *.
On chauffe ensuite le résidu du grillage dans des creusets de terre réfractaire, avec quatre parties de nitre. On reprend ensuite la masse par l’eau bouillante qui dissout l’osmiate de potasse, l’iridium reste à l’état d’iridiate insoluble. On le traite par l’eau régale, il se forme alors un chlorure double d’iridium et de potassium peu soluble qui se dépose par refroidissement en octaèdres réguliers d’un biun noirâtre. Le rhodium forme un sel correspondant soluble qui reste dans la liqueur (avec des chlorures de fer et de cuivre).
Si l’on chauffe le chlorure d’iridium et de potassium dans un courant d’hydrogène, on obtient de l’iridium qui contient le platine et le ruthénium de l’osmiure. Celui-ci n’est pas non plus intégralement attaqué dans ce procédé s’il n’est pas préalablement bien divisé.
1765. 5° Procédé de MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray. — On attaque l’osmiure divisé par cinq fois son poids de bioxyde de barium ou par trois fois son poids de bioxyde et une fois son poids d’azotate de baryte. Le mélange est chauffé dans un creuset de terre au rouge-cerise pendant une heure. On retire du creuset, après refroidissement, une matière noire friable, contenant de l’osmite de baryte et une combinaison de sesquioxyde d’iridium et de baryte qu’on réduit en poudre et que l’on distille dans une cornue avec de l’eau régale, pour en chasser tout l’osmium à l’état d’acide osmique. Celui-ci est recueilli dans un ballon refroidi où il se condense en même temps que l’eau et le mélange d’acides chlorhydrique et azotique qui distillent. Le liquide de la cornue est ensuite traité par un poids convenable d’acide sulfurique pour précipiter le poids de baryte employé, et on évapore la liqueur décantée; on reprend par un peu d’eau et- l’on ajoute une dissolution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque qui précipite l’iridium et le platine a l’état de chlorures doubles insolubles
1 La division de l’osmiure rend ce grillage bien plus facile, à ce point que certains osmiures contenant de 18 à 20 p. 100 d'osmium qui ne sont pas oxydables avant la division, perdent la presque totalité de leur osmium, s’ils sont bien divisés par le zine* (H. Sainte-Claire Deville et Debray).
«56 CHIMIE INORGAMQUE.
dans le sel ammoniac ; le rhodium, le cuivre et le fer restent dans l’eau mère à l’état de chlorures.
Le chlorure double d’iridium et d’ammoniaque, bien lavé avec dit sel ammoniac jusqu’à ce que la couleur du rhodium ait disparu, est réduit par l’hydrogène ou le gaz de l’éclairage au rouge naissant ; le chlorhydrate d’ammoniaque est chassé et il reste une mousse d’iridium impur qu’il faut purifier.
L’osmiure bien divisé est intégralement attaqué par le bioxyde de barium. Si la division est incomplète, de gros grains d’osmiure restent comme résidu insoluble dans l’attaque de l’osmiate de baryte par l’eau régale.
1766. Piirifieation de l'iridium. — L’iridium impur obtenu par ces diverses méthodes est allié à du platine et à des petites quantités de rhodium et de ruthénium entraînés dans la précipitation. Pour le purifier on fond la mousse métallique d’iridium avec cinq ou six fois son poids de plomb dans un creuset de charbon de cornue ; on reprend le culot de plomb par l’acide azotique, et le résidu par l’eau régale qui dissout le platine et le rhodium alliés au plomb ; et il laisse l’iridium et le ruthénium qui ont cristallisé dans le plomb, sous forme de poudre cristalline très-pesante.
Pour séparer le ruthénium de l’iridium on chauffe la poudre cristalline d’iridium impur avec trois fois son poids de potasse à la chaux et une fois son poids de nitre, dans un creuset ou une bassine d’argent, le mélange est maintenu à une température voisine du rouge pendant deux heures environ; le ruthénium s’oxyde et passe à l’état de rufhéniate de potasse (Claus).
On fait digérer le mélange avec de l'eau distillée, le ruthéniate de potasse se dissout en colorant l’eau en jaune-brun, l’oxyde d’iridium reste à l’état de poudre noire insoluble qu’on lave par décantation avec de l’eau distillée, et quand la liqueur est incolore, avec du chlorhydrate d’ammoniaque pour enlever la potasse retenue par l’oxyde. On peut alors le réduire par l’hydrogène. Pour l’avoir bien exempt de ruthénium, il est nécessaire de répéter plusieurs fois l’attaque au nitre et à la potasse, jusqu’à ce que la matière reprise par l’eau ne donne plus de coloration jaune sensible. On s’assurera qu’il ne contient plus de rhodium en le fondant avec du bisulfate de potasse.
1767. Propriétés. — L’iridium obtenu par la réduction de son chlorure ressemble au plaline divisé par son aspect et par la propriété de condenser les gaz. Mais il esl bien plus difficile à fondre que le plaline;