LIV. III, CH AP. XXIX, COMPOSÉS AMMONI ACO-IRIDIQÜES
COMPOSÉS AMMONIACO IP.IDIQDES.
Ces composés rentrent dans quatre types bien distincts: le protochlorure d’iridium donne deux composés (IrCl,AzII3) et (IrCl,2AzII3) qui correspondent aux sels de Magnus et de Reiset ; l’action de l’acide azotique sur le premier donne un oxyde correspondant à celui de Gros (frCl,2AzH3)0. Enfin l’action de l’ammoniaque sur le sesquichlorure d’iridium donne un composé lr2Cl3,5AzII3, analogue à celui que le sesquichlorure de rhodium donne dans les mêmes circonstances. C’es! aussi le correspondant du chlorure roséocobaltique.
1777. Protoclilorure ammoniacal. Il*Cl,AzIl3. — Skoblikoff l'obtient en transformant d’abord par la chaleur le bichlorure d’iridium en protochlorure et dissolvant le résidu brun dans du carbonate d’ammoniaque. On sature la dissolution par un léger excès d’acide chlorhydrique, il se forme alors un précipité grenu jaune insoluble dans l’eau bouillante qui correspond au sel de Magnus.
On n’a pas isolé la base de ce chlorure, mais on l’a transformée en sulfate soluble.
1778. Protociiioa*Mre biammoniacai. — S’obtient comme son correspondant du platine en faisant bouillir le précédent avec un excès d’ammoniaque. On connaît le phosphate et l’azotate correspondants. (Skoblikoff).
1779. Sesqsaicliïorure ammoniacal. — Ir2Cl5,5AzH5. ClaUS a obtenu ce composé en mélangeant une solution du chlorure 3AzII4Cl,Ir2Cl5 avec un excès d’ammoniaque et abandonnant, pendant plusieurs semaines, le mélange contenu dans des flacons bien bouchés, dans un endroit chaud. On neutralise par l’acide chlorhydrique et on reprend par de l’eau froide pour dissoudre le sel ammoniacal; il reste une poudre couleur de chair, cristalline, soluble dans l’eau bouillante et qui cristallise par refroidissement.
Claus, en décomposant ce sel par l’oxvde d’argent, a obtenu la base correspondante qui donne avec l’acide carbonique, l’acide azotique et l’acide sulfurique des sels roses ou couleur de chair, qui sont solubles dans l’eau et cristallisables.
1780. Bichlorure ammoniacal. — lrCl?‘,2AzII3. Le protochlorure ammoniacal IrCl,AzH3 chauffé, avec de l’acide azotique concentré, donne une masse jaune cristalline d’azotate d’une base analogue à celle de Gros (IrCl,2AzII3)0.Az05. Ce sel traité par l’acide chlorhydrique
donne le chlorure correspondant (IrCl,2AzH5)Cl, sous forme de précipité violet peu soluble à froid. Ce sel ne cède que la moitié de son chlore à l’azotate d’argent en se transformant en azotate. (Skoblikoff) .
ALLIAGES D’iRIDIÜM.
1781 . L’iridium s’allie au zinc et à l’étain avec dégagement de chaleur. Si l’on fond ce métal avec un grand excès de ces métaux, et qu’on traite ensuite la masse fondue par l’acide chlorhydrique ; il reste dans le cas de l’étain, de gros cristaux cubiques d’un alliage IrSn2 inattaquable par l’eau régale. Avec le zinc, il reste des paillettes d’un alliage qui retient environ 13 p. 100 de zinc, et que l’eau régale attaque très-difficilement. Cet alliage devient incandescent quand on le chauffe, même dans un gaz inerte, et produit une légère déflagration (H. Sainte-Claire Deville et Debray).
On croyait autrefois que de petites quantités d’iridium suffisaient pour rendre le platine cassant, mais on peut au contraire obtenir des alliages malléables si on ne dépasse pas 30 p. 100 d'iridium (ou de rhodium). Les alliages qui contiennent de 10 à 15 p. 100 d’iridium, sont beaucoup plus durs que le platine pur, mais se travaillent à la forge et à la filière comme l’acier de meilleure qualité, dont ils ont d’ailleurs l’extrême élasticité. On peut donc facilement en façonner des vases qui résistent bien mieux que le platine pur à l’action de l’eau régale ou de l’acide sulfurique concentré. Le rhodium communique au platine des qualités analogues et peut être employé avec l’iridium h la confection d’alliages plus précieux que le platine pur.
RUTHÉNIUM Ru =52.
Il a été découvert par Claus en 1846, et c’est à ce savant que l’on doit l’étude détaillée de la plupart des composés de ce métal qu’on avait confondus jusqu’alors avec ceux de l’iridium.
1782. Préparation. — L’iridium extrait de l’osmiure par les procédés décrits plus haut contient du ruthénium, parce que les chlorures doubles que ce métal forme avec les chlorures de potassium ou d’ainmonium, sont peu solubles dans les solutions concentrées de ces chlorures. Pour séparer ces deux métaux, on chauffe, comme il a été dit plus haut, l’iridium impur avec trois fois son poids de potasse