VERRES, PORCELAINES, POTERIES
1817. On donne le nom de verres à des substances transparentes, dures et cassantes, douées d’un éclat particulier, Y éclat vitreux . Ils passent, quand on les chauffe, par tous les états de vicosité possibles, et peuvent alors s’étirer en fils ou se mouler comme de la cire ou de l’argile. Cette propriété de produire des verres n’appartient qu’à la silice, à l’acide borique et, jusqu’à un certain point, à l’acide phosphorique ; aussi donne-t-on souvent aux deux premiers corps le nom d’acides vitrifiables.
1818. Composition générale des verres ordinaires. — Les verres ordinairement employés sont des silicates doubles, résultant de l’union d’un silicate de potasse ou de soude avec du silicate de chaux ou de plomb; cependant, dans les verres communs (verres à bouteilles), il entre des silicates d’alumine et de fer. On donne au verre à base de plomb les noms de cristal, de strass, etc.; il est ordinairement incolore, mais on peut le colorer en ajoutant au verre fondu des oxydes métalliques, tels que les oxydes de cuivre, de cobalt, etc.
On ne peut songer à faire du verre avec les silicates simples; les silicates de potasse ou de soude, riches en alcali, sont solubles dans l’eau, et, lorsqu’ils en contiennent assez peu pour résister à son action, ils sont trop infusibles. Les silicates terreux sont trop peu fusibles, de plus ils ont une grande tendance à la cristallisation. Les silicates doubles sont plus fusibles et cristalisent en général avec difficulté. La soude donne des verres plus fusibles et plus durs que la potasse : ils sont aussi plus faciles à travailler, mais ils possèdent une teinte jaune-verdâtre facile à constater en regardant un verre à vitre sur sa tranche. L’oxyde de plomb donne des verres denses, fusibles et incolores. L’alumine et l’oxyde de fer, ajoutés à la chaux dans le verre à bouteilles, lui donnent une tendance à la cristallisation qu’on ne retrouve pas au même