PATE DE SCULPTURE
Ces dernières substances ont une grande dureté ; pour les réduire en poudre, on les fait rougir et on les refroidit subitement par une immersion dans l’eau froide; la matière ainsi étonnée est plus friable, on la broie à la meule et l’on sépare les parties légères des parties lourdes par décantation. Lorsqu’ils sont amenés à l’état de ténuité voulu, on opère le mélange de ces divers matériaux avec de l’eau, on leur donne un certain degré de consistance (ressuyage de la pâte) en les mettant dans des moules en plâtre qui absorbent l’eau; on malaxe ensuite cette pâte pendant longtemps, afin de la rendre homogène, soit en la piétinant (marchage), soit en la réduisant en boules que l’on bat fortement avec les mains.
1828. Façonnage des objets. — On façonne les objets par trois pro-
cédés différents : 1° le travail au tour; 2° le moulage par impression; 5° le coulage.
1° Travail ati tour . — Le tour se compose de deux disques en bois horizontaux, mobiles autour d’un axe vertical ; l’ouvrier, étant assis, peut faire mouvoir avec le pied le disque inférieur et lui imprimer un mouvement de rotation plus ou moins rapide. Il place la pâte sur le plateau supérieur, dans l’axe du tour, et la façonne d’abord avec les doigts pour lui donner à peu prés la forme qu’elle doit avoir ; puis, quand elle a pris de la consistance, il lui donne sa dernière forme et ses dimensions, en la tournant avec un outil tranchant (tournassage).
2° Moulage. — Nous prendrons comme exemple la fabrication d’une assiette. L’ouvrier comprime avec une éponge une plaque de pâte d’une épaisseur convenable, sur un moule en plâtre placé sur un tour, qui présente en relief la forme de l’intérieur de l’assiette, puis il place le moule concentriquement au tour et le fait tourner. En descendant un couteau en acier dont le tranchant présente le demi-profil de la surface extérieure de l’assiette, il enlève l’excédant de pâte et donne à l’assiette la forme voulue. Des arrêts placés sur le support du couteau l’empêchent de trop descendre et lui permettent d’obtenir des assiettes d’égale épaisseur.
3° Coulage. — On verse dans un moule en plâtre une bouillie liquide de pâte de porcelaine ( barbotine ), et on l’y laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long. Le moule absorbe l’eau et solidifie sur ses parois une couche de pâte plus ou moins épaisse. On renverse le moule pour faire couler l’excès de barbotine, et l’on retire l’objet du moule. Ce procédé s’applique, à Sèvres, à la confection des grands vases et d’objets de très-petite épaisseur, tels que les tasses à café, les tubes de porcelaine, etc.
1829. Cuisson de la porcelaine. — Les objets fabriqués par ces divers procédés sont soumis à une première cuisson, qu’on appelle le dégourdi , qui les dessèche et leur donne un certain degré de consistance ; on les recouvre alors de leur couverte ou glaçure. Cette couverte doit s’étendre facilement en couche mince vitrifiée sur toute la pièce, sans pénétrer dans l’intérieur de la pâte, ce qui suppose qu’elle n’est pas beaucoup plus fusible qu’elle ; il faut en outre qu’elle présente la même dilatabilité pour la chaleur que la pâte, afin qu’elle ne se fendille pas par le refroidissement, en produisant des tressaillures.
On se sert à Sèvres de pegmatite (mélange de quartz et de feldspath) réduite en poudre impalpable et délayée en bouillie claire dans l’eau ;