LIY. 111, CHAP. XXXII, MÉTALLURGIE
L’argent qui reste sur les plateaux contient environ 28 pour 100 de cuivre et 5 pour 100 de plomb ; on le fond à l’air, pour oxyder le plomb et quelques autres matières oxydables, et on l’amène, par quelques fusions, à ne plus contenir que 25 pour 100 de cuivre; on le livre ordinairement au commerce au titre de 750 millièmes.
1841. Méthode américaine. — Au Mexique, au Pérou et au Chili, le combustible est rare, et les minerais, mélanges de sulfures simples ou doubles et de chlorures, sont encore plus pauvres qu’à Fr'eyberg ; on ne peut donc produire la chloruration du sulfure qu’ils contiennent par le sel marin à chaud.
On réduit le minerai en poudre fine et l’on étend de 500 à 600 quintaux sur une aire en pierre, où on le fait piétiner par des chevaux, après y avoir ajouté quelques centièmes de sel marin et de l’eau. Au bout de quelques jours, le mélange est devenu intime, on ajoute 4 centièmes de pyrite cuivreuse grillée (magistral), on fait piétiner de nouveau et l’on introduit une première portion de mercure dansle mélange. Après quinze jours environ, le mercure a dissous assez d’argent pour constituer une masse brillante ; on remet du mercure et, quelques jours plus tard, une troisième et dernière portion. L’opération terminée (elle dure plusieurs mois), on lave toutes les boues, pour séparerle mercure des parties terreuses ou solubles que l’eau enlève ; on en retire l’argent à peu près de la meme manière qu’à Freyberg.
Voici les principales réactions qui se produisent dans cette longue opération. Le magistral contient une certaine quantité de sulfate de cuivre (10 pour 100 environ), qui se transforme, au contact du sel marin, en chlorure de cuivre, CuGl, et en sulfate de soude; le chlorure de cuivre cède la moitié de son chlore à l’argent natif et réagit sur le sulfure pour produire du chlorure d’argent et du sulfure de cuivre; le chlorure d’argent se dissout dans le sel marin, d’où le mercure précipite l’argent qui se dissout dans l’excès de mercure.
1842. Comparaison des deux méthodes. — Les différences entre les deux procédés sont faciles à saisir .Le mode de chloruration du minerai est différent, la méthode américaine exigeant l’emploi du chlorurant à froid. À Freyberg, la dissolution de chlorure d’argent dans le sel marin est précipitée par le fer, et le mercure n’y intervient que comme dissolvant de l’argent ; en Amérique, le mercure sert à lafois à précipiter le métal et à le recueillir; par conséquent, il y a théoriquement 100 kilogrammes de mercure qui vont prendre la place de 108 kilogrammes d’argent, et qui sont nécessairement perdus. Toutefois l’expérience mon-
tre que la production de 1 00 kilogrammes d’argent nécessite une perte de 130 kilogrammes de mercure ; il y a donc une partie du mercure altéré par des réactions secondaires. C’est qu’en effet la chloruration du minerai ne se produit complètement qu’à la condition de mettre un excès de chlorure de cuivre ; mais ce corps, en présence du mercure, lui cède la moitié de son chlore et le transforme en sous-chlorure; aussi est-on obligé de surveiller avec le plus grand soin la marche de l’amalgamation; si le mercure est trop fluide, parce qu’il ne rencontre pas d’argent, on ajoutera du magistral, mais si on en ajoute trop, le mercure se divise et prend une couleur gris foncé, parce qu’une notable portion de ce métal passe à l’état de chlorure ; il fautalors détruire l’excès de magistral, en ajoutant de la chaux. Aucun inconvénient de ce genre ne se produit en Saxe, parce que toutes les opérations y sont nettement séparées, au lieu de s’effectuer toutes dans le même appareil et presque d’une manière continue, comme en Amérique.
1843. Production de l’argent. — En 1860, les diverses exploitations d’argent en Europe ont donné
Report. . . .
146,229 kilog.
Angleterre
21,355 kilog.
Espagne
France
Italie
Pruss ' . . . .
Hanovre et Brunswick.
Autriche. .......
Saxe
Russie
Nassau
Suède
Autr. États de l’Europe
A reporter . .
, 146.229 kilog.
Total ....
268,800 kilog,
représentant une valeur d’environ 50 millions de francs (220 fr. le kil.)
La production de l’argent en Amérique est plus considérable ; mais les renseignements sont moins certains. En 1830 le Mexique seul a fourni pour 140 millions de francs d’argent, mais la production abaissé depuis. En 1848 la Bolivie et le Pérou ont produit pour 45 millions de francs de ce métal.